dimanche 5 mai 2019

Λιβύη. τα τελευταία χρόνια του Καντάφυ, μέρος δεύτερο και τρίτο. και η Γαλλία.


DE LA NORMALISATION DE LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE LIBYENNE À LA RÉVOLUTION ET L’INTERVENTION DE L’OTAN ; LES DERNIÈRES ANNÉES DE MOUAMMAR KADHAFI. PARTIE 2 : LES ENJEUX ÉCONOMIQUES INTERNATIONAUX DE LA RÉHABILITATION DE LA LIBYE : LE PÉTROLE ET LES DOLLARS, ÉTENDARDS DU « ROI DES ROIS D’AFRIQUE »
ARTICLE PUBLIÉ LE 29/04/2019
Par Nicolas Klingelschmitt
Καντάφυ-Σαρκοζύ 2007,
Après une décennie d’embargos internationaux, la reconnaissance des attentats auxquels le gouvernement libyen a participé, accompagnée du versement de compensations financières aux familles des victimes constituent au début des années 2000 des pas importants vers la levée des sanctions pour la Jamahiriya arabe libyenne. L’abandon complet de son programme nucléaire militaire, vérifié par plusieurs contrôles de l’Agence internationale de l’Energie atomique renforce cette dynamique. Le troisième élément de ce triptyque vertueux est la lutte contre l’islamisme et ses mouvances armées telles qu’Al Qaeda, cibles de la « war on terror » américaine.
En réalité, si ce retour en grâce est une aubaine pour la Libye, il fait également les affaires des Etats européens et des Etats-Unis, dont les acteurs économiques retrouvent accès à un généreux partenaire au sous-sol riche en hydrocarbures et avec qui des liens avaient parfois été solidement noués.
La réouverture des mannes pétrolières vers l’Europe et les Etats-Unis
Malgré les embargos et les tensions diplomatiques, les Etats européens entretiennent des relations économiques importantes avec la Libye, particulièrement dans le secteur des hydrocarbures, qui détient une importance stratégique. Celle-ci est telle qu’en mars 2002, avant même que le colonel Kadhafi ait annoncé renoncer à la poursuite d’un programme nucléaire militaire et que les accords de dédommagement des familles des victimes de Lockerbie et du vol UTA aient été signés, le chantier d’un gazoduc reliant la Libye à l’Europe est lancé.
Ce gazoduc long de 520 kilomètres, le « greenstream », est le plus long pipeline sous-marin en mer Méditerranée, reliant Wafa dans le désert saharien et près de la frontière algérienne à plus de 540 kilomètres au sud-ouest de Tripoli, à Gela, en Sicile. La construction du site de Wafa, qui dénombre 27 puits de gaz et de pétrole, débute en août 2003 et s’achève par son inauguration en présence de Silvio Berlusconi et Mouammar Kadhafi en février 2004, la production et le transport des hydrocarbures étant lancés en septembre de la même année. Depuis, le site produit chaque jour en moyenne 37 000 barils de pétrole brut et 22 500 barils de gaz (1) directement exportés vers l’Europe.
Il convient de ne pas oublier qu’historiquement, avant l’embargo de 1991 et depuis la période coloniale, la Libye avait notamment des liens économiques prononcés avec l’Italie, qui avait conquis Tripoli et les régions avoisinantes dès 1911, et des liens avec la France et le Royaume Uni, qui avaient administré le pays à la capitulation de l’Italie pendant la Deuxième Guerre mondiale, en 1943. L’administration militaire britannique gérait alors deux régions libyennes, la Cyrénaïque et la Tripolitaine, tandis que la France assurait l’administration du Fezzan, au sud. Les capitaux, les hommes et les marchandises ont dont très longtemps fortement transité entre ces riverains méditerranéens, et un nouveau souffle au commerce régional était plus que bienvenu pour la grande majorité des acteurs économiques de la zone.
En janvier 2005, les entreprises pétrolières américaines réinvestissent quant à elles officiellement en Libye en obtenant des licences d’exploitation de sources d’hydrocarbures et de gaz du gouvernement de Mouammar Kadhafi (2). L’année suivante, le gouvernement de George W. Bush déclare officiellement que les Etats-Unis entretiennent à nouveau des relations diplomatiques régulières et stables avec la Libye.
La fin d’un dilemme opposant opportunités économiques et considérations morales entre voisins méditerranéens
Les Etats européens ont toujours eu une grande dépendance énergétique vis-à-vis de leurs voisins, à l’image du Greenstream évoqué précédemment. A titre d’exemple, en 1990, les 28 Etats de l’actuelle Union européenne importaient de l’extérieur de l’Union un total de 442 millions de tonnes de pétrole brut ; il est à noter pour comprendre l’importance des liens économiques entre la Jamahiriya et les pays sur l’autre rive de la Méditerranée que la Libye était alors, avant même la création du pipeline reliant Wafa (Libye) et Gela (Italie) l’un de leurs plus gros fournisseurs, à raison de 50,5 millions de tonnes de pétrole brut exportées par l’industrie des hydrocarbures libyenne (3).
Ainsi, lorsqu’un embargo international est décrété en 1991 par résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU, les pays Européens, en particulier ceux du sud ayant une proximité géographique avec la Libye, se retrouvent également pénalisés sur le plan énergétique et économique. Le dilemme est moral : d’un côté, la Libye est un pourvoyeur majeur d’hydrocarbures et de gaz aux réserves conséquentes, mais de l’autre, c’est, en 1991, le commanditaire désigné d’attentats parmi les plus meurtriers de l’époque (4).
Au début des années 2000, alors que la Libye a lancé son processus de réhabilitation diplomatique, a reconnu sa responsabilité dans les attentats et assuré le dédommagement des familles des victimes de ceux-ci, le dilemme ne se pose plus et les sanctions sont officiellement levées ; des relations économiques peuvent alors être publiquement relancées, en toute transparence. La Libye confortera même son changement d’attitude et sa position de soutien à la lutte contre le terrorisme en fournissant d’importantes informations sur l’IRA au gouvernement britannique, alors que quelques années plus tôt, les services de renseignements londoniens avaient intercepté des soutiens financiers à l’Irish Republican Army par la Jamahiriya.
Si l’attitude des Etats-Unis et de l’Italie a fondamentalement changé vis-à-vis de la Jamahiriya arabe libyenne, c’est également le cas de celle de la France, qui ne tarde pas à ouvrir en grand les portes du palais de l’Elysée au « roi des rois d’Afrique » (5).
Retour sur la visite diplomatique de la Libye de Mouammar Kadhafi à la France de Nicolas Sarkozy
En décembre 2007, et adaptant une tradition touareg à son protocole diplomatique, le chef de l’Etat libyen accompagné de sa délégation s’installe en visite officielle, sous tente, face à l’Elysée. Il poursuit quelques jours plus tard sa tournée diplomatique européenne en réitérant l’expérience à Madrid.
Cette visite diplomatique agitera la presse internationale, le New York Times titrant « Divided, France Welcomes and Condemns Qaddafi » (6) ("divisée, la France accueille et condamne Kadhafi") montrant le paradoxe qu’offre cette visite diplomatique loin de faire l’unanimité dans l’opinion publique aussi bien que dans les rangs de la majorité présidentielle à l’époque. Rama Yade, alors Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme n’excluait pas le dialogue avec la Libye, mais déclarait lors de la visite du dirigeant libyen être gênée par cette visite, en particulier du fait que celle-ci avait lieu le jour de la journée mondiale des droits de l’Homme : « le choix de cette date est un symbole fort, je dirais même scandaleusement fort (…) notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits » (7) confiait-elle à l’époque à la presse française.
La France était intervenue à peine 5 mois plus tôt comme médiateur en envoyant la première dame de France de l’époque, Cécilia Attias (alors Cécilia Sarkozy) au sein d’une délégation européenne visant à négocier la libération de 5 infirmières bulgares et d’un médecin palestinien détenus par les autorités libyennes depuis 1999 et victimes de tortures diverses, accusés d’avoir, sous couvert d’opération d’aide humanitaire, inoculé le virus du sida à plusieurs centaines d’enfants libyens. Le 24 juillet 2007 à Tripoli, Cécilia Attias et Claude Guéant prennent en charge dès leur montée dans l’avion affrété par la république française ces 6 détenus libérés et les accompagnent jusqu’à Sofia. A l’approche de la visite diplomatique libyenne du 10 décembre suivant, l’opinion publique est donc encore fortement marquée par l’histoire de ces anciens prisonniers et du traitement que leur avaient administré pendant près de 8 ans leurs geôliers libyens.
Des perspectives économiques finalement limitées pour les entreprises françaises
Les soutiens du président de la république française verront dans cette visite un symbole de réconciliation dans la lignée des rapprochements opérés par les Américains et les voisins européens de la France vis-à-vis du pouvoir libyen après les effortsde ce dernier. On soulignera d’ailleurs la realpolitik dont le président français fait preuve au vu des opportunités qu’offre le portefeuille libyen ; la signature de contrats d’un montant total se chiffrant en milliards d’euros qu’investirait le gouvernement libyen dans des commandes auprès de l’industrie française est évoquée à l’occasion de cette visite.
De ce point de vue, les promesses économiques ont été tenues ; Mouammar Kadhafi valide l’achat (8) par la Libye à l’entreprise Airbus de 21 appareils (9) qui équiperont la flotte des compagnies Libyan Airlines et Afriqiyah, pour un total de 3,2 milliards de dollars.
Sur le volet militaire, la fin des sanctions de la communauté internationale contre la Libye, qui inclut en outre la fin de l’embargo sur les ventes d’armes, ouvre de grandes perspectives de contrats pour le secteur industriel français de la défense. Le chef de l’Etat français annoncera donc avoir obtenu une déclaration d’intention signée de la part de son homologue libyen quant à l’achat de 14 Rafale, ce que confirme quelques jours plus tard Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, en précisant que des procédures ont été engagées (10). En outre, un compromis semble également être trouvé pour l’achat de plusieurs hélicoptères Tigre développé en coopération avec l’Allemagne et produit par Airbus Helicopters.
Finalement, aucun de ces appareils ne sera livré à l’armée libyenne, et les seuls contrats honorés seront ceux des 21 Airbus moyen et long-courriers vendus à Libyen Airlines et Afriqiyah.
Outre l’aviation civile et l’équipement militaire, un troisième domaine, celui de l’énergie, fit également l’objet de négociations ce 10 décembre 2007 à l’occasion de la visite de Mouammar Kadhafi à Paris. En effet, suite au renoncement à la poursuite de tout programme nucléaire militaire avec contrôle de l’Agence internationale de l’Energie atomique, la Libye, ayant pu poursuivre un programme nucléaire civil, semblait avoir trouvé un accord avec la France pour une coopération inter-gouvernementale dans la réalisation de réacteurs nucléaires ayant pour fonction le dessalement d’eau de mer (11). Ce projet, qui intéressait les grands groupes industriels français du secteur de l’énergie avec en tête de file Veolia, représentait un budget de près de deux milliards d’euros, et celui-ci ne verra jamais le jour. La Libye n’y donnera en effet jamais suite, au grand dam des entreprises et du gouvernement Français de l’époque.
Toutefois, si Kadhafi est un partenaire qui ne tient pas toujours ses promesses pour le secteur économique, la Libye joue aussi, pour l’Europe, un autre rôle représentant un argument politique de poids.
Le « gardien des frontières de l’Europe », un argument de plus pour la diplomatie libyenne
A la fin des années 1990 puis dans les années 2000, apparait une intensification des vagues migratoires du Sud vers le Nord de la Méditerranée, un phénomène qui inquiète les Européens et face auquel la Libye constitue un acteur incontournable.
Ces vagues migratoires ont déjà à l’époque des causes multifactorielles parmi lesquelles peuvent alors être cités les conflits subsahariens récurrents ou nouveaux, notamment la guerre civile au Libéria, le coup d’Etat puis la crise politique ivoirienne majeure, les premières grandes insurrections islamistes au Sahel, ou encore la guerre du Kivu en République Démocratique du Congo, qui sont autant de causes qui poussent des familles entières à traverser le continent africain vers le Nord. La crise économique mondiale de 2007 est également un second facteur majeur favorisant une tendance migratoire, puisque si elle affecte fortement les pays développés, elle fait plonger plus dangereusement encore l’économie souvent déjà fragile de nombreux pays d’Afrique subsaharienne.
Les Etats européens ont alors la crainte (12), à l’époque, de voir apparaitre d’immenses vagues migratoires aux portes Sud de l’Europe, près desquelles se trouve la Jamahiriya arabe libyenne. En réalité, si de fortes migrations ont alors effectivement lieu, une grande part d’entre elles ne vont pas jusqu’en Europe et les migrants trouvent une certaine stabilité politique ainsi que des perspectives économiques en Afrique du Nord, et notamment, justement, en Libye, qui a toujours été un fort pourvoyeur d’emplois dans la région en plus d’être, avec le Maghreb, l’un des deux passages obligés de l’Afrique subsaharienne vers l’Europe. « Kadhafi mobilise la pression fantasmée d’une éventuelle présence subsaharienne aux frontières méditerranéennes de l’Europe pour se présenter en tant que partenaire incontournable de l’UE » (13) et ainsi, la Libye va jouer la carte du gardien des frontières de l’Europe pour renforcer ses alliances nouvelles avec l’Occident.
Finalement, malgré l’ampleur de son renouveau diplomatique sur la scène internationale et la reprise de forts liens économiques avec les puissances européennes et américaine, la stratégie libyenne ne permettra cependant pas au régime de survivre à la décennie 2010 et au printemps arabe. « Kadhafi fit très longtemps l’affaire de beaucoup de monde, en Europe, mais en 2011, trois ans après la grande crise économique mondiale, son rôle était en train de chuter » (14).
Lire la partie 1
Notes :
(1) Wafa Field Mellitah Complex, Mellitah Oil & Gaz B.V, Libyan Branch.
URL : https://mellitahog.ly/en/sites/wafa-field/
(2) “2005 January - Libya’s first auction of oil and gas exploration licences heralds the return of US energy companies for the first time in more than 20 years” Libya’s timeline, a chronology of key events” BBC news, 3 Septembre 2018.
URL : https://www.bbc.com/news/world-africa-13755445
(3) La Norvège étant à l’époque juste devant la Libye avec 52 millions de tonnes de pétrole brut exportées vers les Etats membres de l’UE. Il est également à relever qu’au fil des décennies, la Russie s’est rapidement imposée comme le plus gros fournisseur des Etats de l’Union européenne, passant d’une exportation vers l’UE de 34,6 millions de tonnes de pétrole brut en 1990 à 119,5 millions de tonnes en 2000 et environ 170 millions de tonnes chaque année depuis 2010. Le tout aux dépens de la Libye, qui fournit l’Europe de manière erratique depuis la révolution de 2011 ; 14,2 millions de tonnes en 2011, 42,8 en 2012, puis à nouveau une chute progressive des exportations depuis 2013 (28 millions de tonnes) Source : Base de données de la Commission Européenne, section statistiques de l’énergie. URL : https://ec.europa.eu/eurostat/web/energy/data/database
(4) CF les attentats de Berlin, Lockerbie et UTA, objets d’un autre article du même auteur.
(5) Ce titre, Mouammar Kadhafi le détient depuis sa tournée en Afrique de l’Ouest au début de l’année 2009, où les chefs traditionnels locaux du Libéria, réunis à Freetown, l’intronisent sous ce titre. Il en confirmera l’usage en réitérant la cérémonie, cette fois entouré de chefs traditionnels libyens quelques mois plus tard, et demandera officiellement à être appelé ainsi notamment au sein de l’Union africaine où il exerce une très forte influence jusqu’à sa chute. Source : GHARBI Samir, « Kadhafi, roi des rois d’Afrique », Jeune Afrique, 13 janvier 2009. URL : https://www.jeuneafrique.com/205827/politique/kadhafi-roi-des-rois-d-afrique/
(6) SCIOLINO Elaine, “Divided, France Welcomes and Condemns Qaddafi”, The New York Times, 11 Décembre 2007. URL : https://www.nytimes.com/2007/12/11/world/europe/11france.html
(7) Extrait de l’entretien de Rama Yade au Parisien et à Aujourd’hui en France à l’occasion de la visite de Mouammar Kadhafi, 10 décembre 2007.
(8) « L’Elysée dévoile les premiers contrats avec la Libye », article du 10 décembre 2007, Le Figaro.
URL : http://www.lefigaro.fr/societes-francaises/2007/12/10/04010-20071210ARTFIG00588-la-libye-achete-avions-airbus.php
(9) Plus précisément 4 A-350, 4 A-330, 7 A-320 pour Libyan Airlines et 6 A-350 pour Afrqiyah. (Source Op. Cit.)
(10) BLOCH Michaël, « Quand les responsables politiques croyaient avoir réussi à vendre le Rafale », 19 Décembre 2013, Le Journal Du Dimanche. URL : https://www.lejdd.fr/Politique/Quand-les-responsables-politiques-croyaient-avoir-reussi-a-vendre-le-Rafale-644726
(11) VERRON Michel, « Qu’a apporté la visite de Kadhafi à la France ? » 22 Février 2011, L’Express. URL : https://www.lexpress.fr/actualite/politique/qu-a-rapporte-la-visite-de-kadhafi-a-la-france_965242.html
(12) PERRIN Delphine, « Les migrations en Libye, un instrument de la diplomatie kadhafienne », Outre-Terre, 2009/3 (n° 23), p. 289-303. DOI : 10.3917/oute.023.0289. URL : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2009-3-page-289.htm
(13) Ibid.
(14) « Les intérêts de la France en Libye et au Moyen-Orient. Entretien avec Lorenzo Declich, Mattia Toaldo », Outre-Terre, 2017/2 (N° 51), p. 238-240. DOI : 10.3917/oute1.051.0238. URL : https://www.cairn.info/revue-outre-terre-2017-2-page-238.htm
Bibliographie
• BLOCH Michaël, « Quand les responsables politiques croyaient avoir réussi à vendre le Rafale », 19 Décembre 2013, Le Journal Du Dimanche. URL : https://www.lejdd.fr/Politique/Quand-les-responsables-politiques-croyaient-avoir-reussi-a-vendre-le-Rafale-644726
• GHARBI Samir, « Kadhafi, roi des rois d’Afrique », Jeune Afrique, 13 Janvier 2009. URL : https://www.jeuneafrique.com/205827/politique/kadhafi-roi-des-rois-d-afrique/
• PERRIN Delphine, « Les migrations en Libye, un instrument de la diplomatie kadhafienne », Outre-Terre, 2009/3 (n° 23), p. 289-303. DOI : 10.3917/oute.023.0289. URL : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2009-3-page-289.htm
• SCIOLINO Elaine, “Divided, France Welcomes and Condemns Qaddafi”, The New York Times, 11 Décembre 2007. URL : https://www.nytimes.com/2007/12/11/world/europe/11france.html
• VERRON Michel, « Qu’a apporté la visite de Kadhafi à la France ? » 22 Février 2011, L’Express. URL : https://www.lexpress.fr/actualite/politique/qu-a-rapporte-la-visite-de-kadhafi-a-la-france_965242.html
• Wafa Field Mellitah Complex, Mellitah Oil & Gaz B.V, Libyan Branch. https://mellitahog.ly/en/sites/wafa-field/
• “2005 January - Libya’s first auction of oil and gas exploration licences heralds the return of US energy companies for the first time in more than 20 years” Libya’s timeline, a chronology of key events” BBC news, 3 Septembre 2018. URL : https://www.bbc.com/news/world-africa-13755445 

• Base de données de la Commission Européenne, section statistiques de l’énergie. URL : https://ec.europa.eu/eurostat/web/energy/data/database
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μέρος τρίτο:

DE LA NORMALISATION DE LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE LIBYENNE À LA RÉVOLUTION ET L’INTERVENTION DE L’OTAN ; LES DERNIÈRES ANNÉES DE MOUAMMAR KADHAFI. PARTIE 3 : DE LA TRIBUNE DES NATIONS UNIES À LA TÉLÉVISION NATIONALE, LA CHUTE DE KADHAFI À TRAVERS SES DISCOURS
ARTICLE PUBLIÉ LE 14/05/2019

Par Nicolas Klingelschmitt
A la tête de l’Union Africaine dès Février 2009, et présidant la 64e session de l’Assemblée générale des Nations unies par le biais de son ancien ministre des Affaires étrangères, la Jamahiriya arabe libyenne semble enfin avoir pleinement réussi à investir la scène diplomatique mondiale. Elle s’y présente comme un allié de la communauté internationale, et en particulier des puissances occidentales, face au terrorisme. Mouammar Kadhafi se permet donc un discours tantôt provocateur, tantôt constructif, tantôt dénonciateur devant les leaders de cette communauté internationale tous réunis à New York auprès desquels il rappelle son utilité et vante ses idées. Deux ans plus tard, sur les ondes de la télévision nationale, c’est un Mouammar Kadhafi fébrile et vindicatif à l’encontre de son propre peuple qui s’exprime à travers un discours appelant à la lutte contre « des barbus », qu’il dénonce comme tentant, une fois de plus, de renverser son régime.
Lire les parties 1 et 2

Le dernier mouvement du « Roi des rois d’Afrique » sur l’échiquier international

Le 23 septembre 2009 à la tribune de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, SEM Mouammar Kadhafi se lance dans un (très long) discours parfois sous forme de diatribe au sein duquel se mêlent des arguments souvent inattendus, tantôt mûris et réfléchis, tantôt provocateurs et excentriques. Les chefs d’Etats et de gouvernements membres de l’AGNU l’entendent ainsi énumérer des réflexions sur l’égalitarisme au sein de l’organisation, ou encore remettre en cause la légitimité du Conseil de sécurité et du privilège de droit de véto dont seuls disposent ses 5 membres permanents tandis que des continents entiers n’y ont pas voix au chapitre. Il dénonce pêle-mêle le caractère selon lui « sélectif » du Conseil de sécurité, de la Cour internationale de Justice (CIJ) dont les décisions seraient « uniquement rendues contre les petits pays et les nations du tiers-monde » (1), ou encore de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) puisqu’elle ne serait selon lui « pas en mesure de demander aux superpuissances de se laisser inspecter ».
Ces trois institutions ne sont pas mentionnées au hasard. En effet, le Conseil de Sécurité a prononcé en 1992 la résolution 748 imposant un embargo contre la Libye qui ne fut révoqué qu’en 2003 et la CIJ rend quant à elle en 1994 un arrêt (2) contre les prétentions libyennes sur la bande d’Aouzou qu’elle avait annexée lors du conflit entre la Libye et le Tchad. L’AIEA, enfin, avait procédé à une batterie de contrôles de l’ensemble des installations nucléaires libyennes quelques années avant ce discours (3).
Il défend également à cette occasion la cause de l’Union africaine et de ses membres, particulièrement sa propre vision panafricaine évoquant un « droit à 777 000 milliards de dollars de réparations » (4) pour l’Afrique de la part « des pays qui l’ont colonisée » (5) reprenant alors l’exemple de l’Italie qui, à travers son dirigeant de l’époque Silvio Berlusconi, s’était un an plus tôt officiellement excusée pour la colonisation de la Libye.
Le chef du gouvernement italien d’alors, en visite officielle à Benghazi le 30 août 2008, avait en effet déclaré « Le peuple libyen a subi une injustice et a été agressé chez lui et il mérite excuses et compensations (…) L’accord doit mettre fin à 40 ans de désaccord. C’est une reconnaissance concrète et morale des dommages infligés à la Libye par l’Italie pendant la période coloniale. (…) L’accord portera sur un montant de 200 millions de dollars par an durant les 25 prochaines années sous forme d’investissements dans des projets d’infrastructure en Libye » (6) ; une première dans l’histoire des relations entre les anciens colonisateurs et colonisés, résultant en la signature d’un traité d’amitié et de coopération italo-libyen (7).
Au-delà de propositions constructives ou en tout cas légitimes et de dénonciations ciblées, le chef de l’Etat libyen s’adonne aussi à des envolées plus surprenantes ou pour le moins originales comme une proposition de relocaliser le siège de l’ONU à Syrte, pour soulager les Américains de leur obligation permanente d’empêcher une attaque terroriste à l’encontre du siège, rappelant crûment les attentats du 11 septembre 2001, et développe un argumentaire selon lequel le siège des Nations unies devrait d’ailleurs déménager tous les 50 ans, et que l’installer dans « un lieu intermédiaire et confortable » (8) permettrait d’éviter un trop important décalage horaire que subissent les chefs d’Etats les plus éloignés de New York lorsqu’ils viennent adresser un discours à la tribune de l’ONU. Il précise par ailleurs qu’« un terroriste peut aussi venir faire sauter ce bâtiment qui, d’ailleurs, est la cible d’Al Qaida (…) les opérations [du 11 Septembre 2001] étaient peut être dirigées contre ce lieu, qui est la prochaine cible visée » ; il se justifie en précisant le fondement de ses propos : « des dizaines de membres d’Al Qaida sont en effet détenus dans nos prisons et leurs aveux sont très troublants. L’Amérique vit ainsi sous très haute tension car le bâtiment de l’ONU peut être la cible d’un détournement d’avion ou d’un missile pouvant entrainer la mort de dizaines de chefs d’Etat. Nous voulons soulager l’Amérique de ce poids ».
Outre l’originalité et la pertinence inégale de ses arguments, sa référence au terrorisme rappelle le rôle d’allié que tient la Libye dans la « war on terror » américaine depuis sa réhabilitation, tout comme celle des vagues migratoires qu’il glissera dans son long discours (9) comme une des conséquences de la colonisation, souligne la position stratégique de la Jamahiriya sur les routes migratoires de l’Afrique subsaharienne vers l’Europe.
Si le leader libyen se permet une sortie par instants si provocante bien que mesurée puisqu’il prend soin de ne prononcer aucun argument ad hominem ou à l’encontre d’un Etat-membre en particulier, c’est sans doute qu’il se sait, ou tout le moins se pense, à l’abri de toute ire de par sa nouvelle position d’allié économique et diplomatique des puissances occidentales.
La Libye est à cette période au paroxysme de son influence auprès des instances de coopération multilatérale :
 un ex ministre libyen chargé des affaires africaines, Ali Triki, auquel Mouammar Kadhafi fait plusieurs fois référence dans son discours, préside alors l’Assemblée générale des Nations unies depuis quelques jours, coopté par le groupe des Etats africains et des Etats arabes puis élu à la majorité par les délégations d’Etats membres.
 depuis le 2 février 2009, Mouammar Kadhafi est élu à la tête de l’Union Africaine pour un an (10), lui permettant de s’exprimer légitimement au nom de tout le continent dont il s’est toujours réclamé être le héraut de par sa vision politique panafricaniste.
 un an plus tard, le 13 mai 2010, la Libye est élue au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour trois ans. Elle sera toutefois suspendue par une résolution votée à l’unanimité par les Etats membres de l’Assemblée générale le 1er mars 2011, une « condamnation unanime par la communauté internationale des exactions commises par le régime libyen » (11).
Ces « exactions » sont liées aux troubles internes puis à la guerre qui secoue le pays à partir de février 2011, en conséquence desquels, deux ans après avoir prononcé son discours (analysé précédemment), Mouammar Kadhafi meurt le 20 octobre 2011 à Syrte, là même où il avait proposé d’installer le siège de l’Assemblée générale des Nations unies.

Des troubles populaires et identitaires secouent le régime jusqu’à sa chute

Il est de notoriété publique que Mouammar Kadhafi mettait ouvertement l’Islam en avant lors de ses visites diplomatiques, notamment en Afrique de l’Ouest, y compris dans des Etats où les musulmans ne représentaient qu’une modeste partie de la population, comme ce fut le cas à titre d’exemple lors de sa visite au Togo (12). A Sokodé, au centre du pays, le leader libyen dirige, le 18 juin 2008, une prière musulmane dans un stade occupé par 8 000 fidèles, en présence du Président et du Premier ministre Togolais, tous deux chrétiens. Le guide de la révolution, théâtral, évoquant le président Faure Gnassimbé comme son « fils » (13) déclarera d’ailleurs à cette occasion que « ceux qui campent sur une religion autre que l’islam sont dans l’erreur » (14). Toutefois, sa vision de l’Islam n’est ni fondamentaliste ni rigoriste, la mise en place de politiques publiques favorisant notamment l’éducation et l’engagement dans l’armée (15) pour les Libyennes pouvant s’apparenter à une vision progressiste ou en tout cas avant-gardiste de la religion du prophète.
Dans son discours à l’AGNU de 2009, il mentionne « des dizaines de membres d’Al Qaeda » retenus dans ses prisons, autant d’individus radicaux qui constituaient une menace pour l’Occident mais également pour la survie de son propre régime qui, s’il a longtemps financé diverses mouvances du terrorisme international, a réprimé et emprisonné de nombreux membres d’organisations radicales présentes sur son territoire qui auraient pu déstabiliser son régime. La société libyenne qu’a façonnée Mouammar Kadhafi peut être qualifiée de relativement conservatrice, au sein de laquelle l’Islam joue néanmoins un rôle important (16), et des cellules de salafistes ainsi que de djihadistes ont pu se maintenir actives en passant sous les radars des autorités libyennes ou en s’installant dans des zones relativement reculées du pays.
Si leur nombre et leur influence se sont multipliés à la chute du régime, on dénombrait déjà plusieurs organisations salafistes et/ou djihadistes sous l’ère Kadhafi sur le territoire de la Jamahiriya arabe libyenne.
L’un des plus actifs d’entre eux est le Groupe islamique libyen armé (GILA), créé en 1995 et principalement actif à l’est du pays, près de Dema et Benghazi et dont certains ex-leaders sont aujourd’hui basés à Tripoli même si le groupe est dissout depuis 2010. Ce groupe de quelques centaines de membres était principalement composé de combattants formés en Afghanistan et au Soudan dans les années 1990-2000 parmi les rangs des talibans et d’Al Qaeda dont ils se scindèrent, ne partageant pas entièrement l’idéologie. Ils revendiquent plusieurs tentatives d’assassinat sur Mouammar Kadhafi avant un coup de filet du gouvernement qui envoie une majorité des membres du groupe dans les prisons libyennes à la fin des années 1990 (17).
Certains chefs du groupe se sont écartés du djihadisme depuis 2007 notamment dans le cadre d’un programme de dialogue initié par l’un des fils de Mouammar, Saif al Islam Kadhafi. 250 d’entre eux ont ainsi été libérés peu avant 2010 après s’être officiellement excusés auprès du régime et avoir renoncé au djihad. On retrouve d’ailleurs d’anciens membres parmi les actuels parlementaires et membres du Congrès général national libyen.
Malgré cette politique de réintégration opérée par le régime, d’autres ex-membres du GILA sont restés proches des mouvances salafistes et djihadistes, en intégrant ensuite des groupes comme Ansar al-Charia (les défenseurs de la charia), créé à la chute du régime en 2011 et actif dans la même région que l’ex GILA, qui revendiquera notamment l’assassinat de l’ambassadeur américain J.C Stevens le 11 septembre 2012 à Benghazi.
Dès les années 1990, alors que le pays est confronté à de lourdes sanctions économiques internationales qui font monter la contestation populaire contre le pouvoir en place, Mouammar Kadhafi fait face, sur son territoire, à de plus en plus d’islamistes radicaux (18) qui cherchent à déstabiliser le régime et le renverser. Les mouvances se réclamant d’un islam politique trouvent quant à elles un certain écho au sein de la société libyenne, conservatrice, dès la décennie 1980, et le gouvernement accuse tout opposant, islamiste ou non, de faire partie de l’organisation des Frères musulmans (19) pour museler toute contestation.
Ainsi le 22 février 2011, une semaine après les premières manifestations populaires à Benghazi qui s’étendent dans différentes villes du pays, principalement composées de jeunes, Mouammar Kadhafi et son gouvernement annoncent avoir à faire à « des jeunes qui ont entre 16 et 18 ans (…) en train d’imiter ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte » et ils accusent du même coup des mouvances s’apparentant clairement aux Frères musulmans ; « une minorité malade se cache dans les villes et donne de l’argent à ces jeunes pour les pousser à commettre de tels actes », des « barbus », « une minorité terroriste qui veut transformer la Libye en émirat » (20).
Face à cette situation, le guide appelle alors à la contre-révolution dans un long discours à la télévision libyenne : « Je vous demande de vous attaquer à ces personnes pour restaurer l’autorité populaire. Des officiers libres dirigeront ces opérations. (…) Tous les jeunes doivent créer demain les comités de défense de la révolution : ils protègeront les routes, les ponts, les aéroports. Tout le monde doit prendre le contrôle de la rue, le peuple libyen doit prendre le contrôle de la Libye, nous allons leur montrer ce qu’est une révolution populaire ».
A l’époque, la grande majorité des experts internationaux (21) s’accorde à réfuter le discours tenu par le clan Kadhafi selon lequel des mouvances telles que les Frères musulmans ou même Al Qaeda seraient à l’origine des soulèvements contre son exercice du pouvoir. A l’image des vagues de contestation qui ont émergé en Tunisie, en Egypte, à Bahreïn ou encore en Syrie et que la postérité retiendra comme le Printemps arabe, la communauté internationale estime que la Libye vit une authentique insurrection populaire. Des centaines de milliers de personnes prennent part à ces manifestations à travers les différentes villes de la Jamahiriya arabe libyenne.
Dans l’ensemble des Etats où ces manifestations se déroulent, celles-ci sont menées par une jeunesse aux aspirations communes : plus de démocratie, de libertés individuelles et collectives, et une dénonciation de la crise économique qui touche la plupart des pays arabes à l’époque provoquant une forte inflation et augmentant le nombre de chômeurs déjà important chez les jeunes. Le cas de la Libye, par la guerre civile et les interventions internationales qui s’en sont suivies ainsi que le chaos qui perdure encore aujourd’hui, en fait un cas spécifique et particulièrement complexe parmi les printemps arabes qui mérite d’être analysé en profondeur. S’il a bien mené à la chute du pouvoir autoritaire en place, il n’a toujours pas fait éclore les aspirations populaires d’alors et affiche encore un avenir incertain.
Notes :
(1) Extrait du discours de SEM Mouammar Kadhafi à l’Assemblée Générale de l’ONU à New York le 23 septembre 2009.
(2) Cour Internationale de Justice, Recueil des arrêts, avis consultatifs et ordonnances, « Affaire du différend territorial (Jamahiriya Arabe Libyenne / Tchad) », Arrêt du 3 Février 1994, ISBN 92-1 -070707-9
(3) Le développement de ces trois thématiques est à retrouver dans les articles précédents du même auteur sur les Clés du Moyen-Orient : 
https://www.lesclesdumoyenorient.com/Du-panarabisme-decevant-au-panafricanisme-deferent-l-evolution-de-la-politique-2800.html .
(4) Extrait du discours de SEM Mouammar Kadhafi à l’Assemblée Générale de l’ONU à New York le 23 Septembre 2009.
(5) Ibid.
(6) France 24, « L’Italie présente ses excuses à la Libye pour la colonisation ».
(7) TERRANOVA Giuseppe, « Le contre-exemple italo-libyen », Outre-Terre, 2009/3 (n° 23), p. 363-369. DOI : 10.3917/oute.023.0363. URL : 
https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2009-3-page-363.htm
(8) Extrait du discours de SEM Mouammar Kadhafi à l’Assemblée Générale de l’ONU à New York le 23 Septembre 2009.
(9) L’intégralité du discours, analysé par 4 commentateurs aux profils variés (universitaires, diplomates et hommes d’affaires) est disponible dans l’ouvrage « Afriques, panafrique, des racines à l’arbre, 55 discours marquants commentés par 127 personnalités », PP. 580-623, un ouvrage dirigé par Christophe BASTID et Patrick BEY, publié en Janvier 2018 aux éditions Fabert, 1040 pages.
(10) Rappelons qu’il demandera d’ailleurs à cette occasion à ses pairs d’être « officiellement appelé roi des rois traditionnels d’Afrique » suite aux différentes cérémonies organisées la même année lors de son voyage officiel en Afrique de l’Ouest puis à son retour en Libye.
(11) Représentation permanente de la France auprès des Nations unies à Genève et des organisations internationales en Suisse ; « Suspension de la Libye du Conseil des Droits de l’Homme », archive publiée le 3 mars 2011. URL : 
https://onu-geneve.delegfrance.org/Suspension-de-la-Libye-du-Conseil
(12) Au Togo, d’après les chiffres les plus récents, 14% de la population pratique l’Islam, pour 44% de chrétiens et 35% de pratiquants des religions traditionnelles 
https://africa.la-croix.com/statistiques/togo/
(13) Agence internationale de presse coranique, « Mouammar Kadhafi salue la propagation pacifique de la foi islamique au Togo », article du 16 Juin 2008.
(14) VAÏSSE Maurice, « Les relations internationales depuis 1945 », 15e édition.
(15) Au vu de multiples témoignages postérieurs à sa chute, l’usage avéré des contingents militaires féminins, les « amazones » de Mouammar Kadhafi, comme concubines ou esclaves sexuelles relativise toutefois sérieusement les intentions en faveur des droits des femmes du leader libyen.
(16) SIZER Lydia, « Libya’s Terrorism Challenge, Assessing the Salafi-Jihadi Threat », Middle East Institute, Counterterrorism Series, October 2017.
(17) Ibid.
(18) ZOUBIR Yahia H., « Contestation islamiste et lutte antiterroriste en Libye (1990-2007) », L’Année du Maghreb [En ligne], IV | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2011, consulté le 03 avril 2019.
URL : http://journals.openedition.org/anneemaghreb/452
DOI : 10.4000/anneemaghreb.452
(19) BURGAT François, DOWELL William, « The Islamic Movement in North Africa », University of Texas at Austin Press, 1993.
(20) Le Monde & Reuters, « Khadafi : « je me battrai jusqu’à la dernière goutte de mon sang ».
(21) RANSTORP Magnus, directeur de recherches du Centre d’étude des menaces asymétriques du Collège de défense suédois, interview du 25 février 2011 pour le Figaro : « Ce qui se passe en Libye dépasse de loin Al Qaïda. (…) C’est un vrai mouvement populaire. Je ne crois pas que nous devrions être trop inquiets d’une implication de ben Laden dans tout cela. (…) Al Qaïda n’est plus en Libye depuis des années. Le régime a réussi à les réprimer, les emprisonner ou les forcer à l’exil. Ils n’ont plus de base dans le pays. Ils ont été pris au dépourvu par ce qui se passe ». URL :
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/25/97001-20110225FILWWW00523-al-qaida-en-libye-mensonge-de-kadhafi.php
Bibliographie :
 BASTID Christophe, BEY Patrick, « Afriques, Panafrique, Des Racines à l’arbre, 55 discours marquants commentés par 127 personnalités », Editions Fabert, 17 Janvier 2018, 1039 pages.
 BURGAT François, DOWELL William, « The Islamic Movement in North Africa », University of Texas at Austin Press, 1993.
 SIZER Lydia, « Libya’s Terrorism Challenge, Assessing the Salafi-Jihadi Threat », Middle East Institute, Counterterrorism Series, October 2017

 TERRANOVA Giuseppe, « Le contre-exemple italo-libyen », 
Outre-Terre, 2009/3 (n° 23), p. 363-369. DOI : 10.3917/oute.023.0363. URL : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2009-3-page-363.htm
 VAÏSSE Maurice, « Les relations internationales depuis 1945 », 15e édition, Editions Armand Collin, 2013
 ZOUBIR Yahia H., « Contestation islamiste et lutte antiterroriste en Libye (1990-2007) », L’Année du Maghreb [En ligne], IV | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2011. URL : http://journals.openedition.org/anneemaghreb/452 


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