vendredi 7 juillet 2017

Τουρκία Κατάρ. ένα μάθημα. όχι προς αντιγραφή, αλλά προς σκέψη

ENTRETIEN AVEC JEAN MARCOU – LES RELATIONS TURQUIE / QATAR DANS LE CONTEXTE DE LA CRISE QATAR / CCG 
ARTICLE PUBLIÉ LE 03/07/2017

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Jean-Marcou-Les-relations-Turquie-Qatar-dans-le-contexte-de-la.html

Jean Marcou est actuellement Professeur des Universités à l’IEP de Grenoble (France) après avoir été pensionnaire scientifique à l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul où il a dirigé, de 2006 à 2010, l’Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT – http://ovipot.hypotheses.org/). Il a été aussi directeur de la Section francophone de la Faculté d’Économie et de Sciences Politiques de l’Université du Caire (Égypte), entre 2000 et 2006. 
A l’IEP de Grenoble, il est directeur des relations internationales et dirige également le Master « Intégration et Mutations en Méditerranée et au Moyen-Orient. » Ses principaux champs d’enseignement et de recherche concernent la vie politique turque (Constitutions, élections et partis politiques…), les transitions politiques dans le sud de l’Europe, l’Union européenne, et l’évolution des équilibres politiques au Moyen-Orient (vue notamment au travers de la politique étrangère turque).

A quel moment les relations Turquie/Qatar se sont-elles mises en place ?

Ces relations peuvent paraître anciennes, dans la mesure où le Qatar a été ottoman, même si c’est de façon inconstante, du 16ème siècle au début du 20ème siècle, avant de devenir un protectorat britannique pendant la Première Guerre mondiale. Toutefois, la solidarité entre Doha et Ankara, qui se manifeste actuellement dans le contexte de la crise qui oppose le Qatar à l’Arabie saoudite, est, elle, le produit de liens établis beaucoup plus récemment. Après l’accession du Qatar à l’indépendance en 1971, les deux pays établissent des relations diplomatiques, et dans la décennie qui suit, ils multiplient les accords bilatéraux. Mais, c’est surtout dans les années 2000 qu’une convergence régionale turco-qatarie commence à se manifester plus nettement sur le plan stratégique. Le Qatar appuie, en particulier, le rapprochement turco-syrien qui se dessine à partir de 2008, alors même que la Turquie accueille des négociations indirectes entre Tel-Aviv et Damas, dans la perspective de la signature d’une paix séparée. A l’époque, le Qatar, la Turquie et la France de Nicolas Sarkozy croient pouvoir sortir de l’isolement la Syrie de Bachar el-Assad, qui connaît une timide libéralisation intérieure.
Avec les printemps arabes, cette proximité de vue turco-qatarie se révèle pleinement. Les deux pays apportent un soutien rapide et déclaré aux rébellions contre les régimes autoritaires arabes en place, et par la suite, au grand dam de l’Arabie saoudite, en Egypte, en Tunisie, en Libye ou en Syrie, ils appuient des forces proches des Frères musulmans, qui incarnent l’idée d’un islam activement engagé dans l’action politique. Au cours de l’été 2013, lorsque Mohamed Morsi est renversé en Egypte, il n’est donc pas étonnant qu’Ankara et Doha se retrouvent pour qualifier l’événement de « coup d’Etat », dénoncer comme illégitime le régime d’Abdel Fattah al-Sissi et par la suite accueillir sur leurs territoires les partisans du président égyptien déchu. Les années qui suivent semblent devoir brouiller les cartes. Forcé en 2014 par ses voisins du Golfe de cesser de donner asile aux Frères musulmans égyptiens, le Qatar, isolé, voit pâlir sa diplomatie d’influence. Pour sa part, la Turquie, confrontée à l’aggravation de la crise syrienne, se rapproche de l’Arabie saoudite et apporte son soutien à celle-ci face à l’Iran dans la crise yéménite. Pourtant, en juin 2017, l’appui total que la Turquie procure au Qatar face à l’embargo que lui impose son voisin saoudien et ses alliés (Egypte, Emirats arabes unis, Bahreïn, Yémen…) montre que les évolutions stratégiques postérieures aux printemps arabes n’ont pas été fatales à la convergence régionale turco-qatarie. Il faut dire que dans le même temps les deux pays ont intensifié leurs relations économiques et militaires.

Justement, quels accords militaires lient les deux Etats ?

Le premier accord militaire entre les deux pays remonte en fait à juillet 2002, avant même l’arrivée au pouvoir de l’AKP. Il prévoit une coopération dans les domaines de la formation militaire et de l’industrie de la défense. Mais depuis, ce rapprochement militaire s’est non seulement confirmé mais intensifié, notamment après l’établissement en décembre 2014 d’un haut comité stratégique, chargé d’encadrer et d’intensifier les relations turco-qataries dans tous les domaines. Ainsi, en mars 2015, est signé un accord militaire permettant des déploiements de troupes conjoints dans les deux pays, et en décembre 2015, après l’organisation de premières manœuvres conjointes turco-qataries et lors d’une visite du président Recep Tayyip Erdoğan à Doha, est annoncée l’implantation d’une base militaire turque dans l’émirat. Ce positionnement militaire de la Turquie dans le Golfe apparaît comme la première pierre d’une nouvelle stratégie outre-mer d’Ankara, qui est suivie, en janvier 2016, par l’annonce de la création d’une base turque similaire en Somalie. Il s’agit également de l’élément-clé d’un accord secret turco-qatari en matière de défense, qui doit permettre aux deux alliés de faire face « aux menaces communes » auxquelles ils pensent être exposés dans la région. Cette base militaire au Qatar doit abriter près de 3000 soldats turcs ainsi que des unités navales et aériennes. Certains estiment également qu’elle pourrait servir de camp d’entrainement à des rebelles syriens alliés de la Turquie. L’annonce de sa création est diversement accueillie par ses voisins saoudiens, émiratis ou bahreïnis. Si certaines voix se réjouissent qu’une présence turque au Qatar vienne renforcer, face à l’Iran, les bases occidentales déjà existantes dans la région (américaine, au Qatar et au Bahreïn, française, dans les EAU, ou britannique, au Bahreïn), d’autres s’inquiètent de la convergence militaire accentuée de deux pays, connus pour soutenir, dans la région, des mouvements proches des Frères musulmans.
En tout état de cause, la crise entre le Qatar et l’Arabie saoudite, en juin 2017, a permis à la Turquie d’accélérer ce processus et d’accroître sa présence militaire au Qatar, puisque le parlement turc a adopté, dès le 7 juin, une loi autorisant le déploiement de troupes supplémentaires sur cette base militaire où se trouvaient déjà 150 hommes et que de nouvelles forces ont commencé à rallier.

Quelles sont leurs relations commerciales ?

Ces accords militaires ont accompagné des relations économiques qui se densifient rapidement. De 38 millions de dollars en 2000, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est passé à plus de 700 millions de dollars en 2013 et à 1,2 milliard de dollars en 2015. L’obligation de visa a été levée de part et d’autre. Aujourd’hui, plus de 200 entreprises et près de 8000 expatriés turcs se trouvent au Qatar. On comprend aussi que la Turquie, qui est à la recherche de ressources énergétiques, pour nourrir une économie en pleine expansion, puisse s’intéresser à ce pays, qui est le 4e producteur de gaz du monde et le premier exportateur de gaz naturel liquéfié (GLN). En décembre 2015, parallèlement à l’accentuation des relations militaires évoquée précédemment, Ankara et Doha ont signé un important accord de livraison de GNL. Cet événement a été perçu comme une initiative visant à permettre à la Turquie de diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique, au moment même où ses liens avec la Russie (qui lui fournit plus de la moitié du gaz qu’elle consomme) étaient affectés par une brouille consécutive à la destruction d’un avion russe par ses forces aériennes, à la frontière syrienne.

Sur le plan de la diplomatie régionale, quelles sont leurs convergences de vue ?

Une caractéristique commune à ces deux pays est de se sentir isolé et par conséquent menacé. La Turquie a semblé pouvoir rompre son isolement, à l’époque d’Ahmet Davutoğlu, avec la fameuse politique du « zéro problème avec nos voisins ». Mais celle-ci a largement échoué depuis 2013. Désormais elle entretient des relations complexes avec ses alliés occidentaux, ses rapports avec les puissances régionales (Russie, Israël, Iran, Egypte, Arabie saoudite) sont inconstants, et peuvent rapidement devenir conflictuels, comme le prouvent un différend de plusieurs mois avec Moscou survenue en 2015-2016 après la destruction d’un avion russe sur la frontière syrienne, une rupture de plusieurs années avec Tel-Aviv consécutive à l’affaire du Mavi Marmara en 2010, des accrochages récurrents avec Téhéran, l’hiver diplomatique qui perdure depuis 2013 avec Le Caire ou l’actuelle crise avec Riyad. Pays ayant le plus fort PIB per capita au monde, le Qatar suscite de nombreuses convoitises, et ses relations avec ses voisins du Golfe sont, de longue date, marquées par une certaine défiance. L’une des préoccupations de ce petit émirat richissime est de ne pas tomber sous la dépendance de son grand voisin saoudien, à l’instar des Emirats ou du Bahreïn. Dès lors, le Qatar comme la Turquie, sont à la recherche de points d’appui dans la région et force est de constater que leurs convergences de vue, au cours des deux dernières décennies, ont créé les conditions d’une relation durable et confiante.
Sans doute, ce rapprochement est-il aussi favorisé par le fait que les deux pays génèrent une certaine hostilité, leur perception dans la région étant aujourd’hui, elle aussi, similaire. Après être apparus un temps comme des facteurs d’ouverture, ils sont considérés comme des perturbateurs potentiels. Tous deux ont en effet œuvré directement ou indirectement à la contestation des régimes autoritaires qui a généré la chute de nombre d’entre eux, au moment des printemps arabes, le Qatar en intensifiant et en généralisant la diffusion de sa chaine satellitaire al Jazeera, la Turquie en popularisant, par une diplomatie régionale active, les succès économiques et politiques du gouvernement de l’AKP, qui a été érigé en « modèle », au début des soulèvements arabes.
Par la suite, après le début de la guerre civile syrienne, la Turquie et le Qatar, qui souhaitent le départ de Bachar el-Assad, ont soutenu les mêmes groupes rebelles islamistes, et ont condamné, en septembre 2015, l’intervention militaire russe pour soutenir le régime de Damas. En Egypte, ils ont apporté une aide politique et économique substantielle à la présidence Morsi, et ont donc dénoncé son renversement, auquel ont œuvré l’Arabie saoudite et ses alliés. En Libye, dans une guerre civile qui n’en finit pas, alors que les Emiratis appuient, à l’est du pays, « le gouvernement de Tobrouk », lié au régime égyptien d’Abdel Fattah al-Sissi, Turcs et Qataris préfèrent apporter leur appui, à l’ouest, « au gouvernement de Tripoli », fortement influencé par les Frères musulmans. Ce positionnement libyen reflète bien la place à part que les deux pays ont peu à peu acquise au sein d’un monde sunnite, qui essaye de se structurer autour de l’axe central des régimes autoritaires arabes qui ont survécu ou ont réussi à se rétablir après les printemps arabes (Arabie saoudite, Emirats, Bahreïn, Egypte…). La Turquie et le Qatar ont certes apporté leur appui à l’Arabie saoudite face à l’Iran, dans le conflit yéménite, lors du déclenchement de l’opération « Tempête décisive », en 2015. Recep Tayyip Erdoğan n’a ainsi pas hésité à dénoncer les risques, que ferait courir à la région, un nouvel « impérialisme persan ». Mais les désaccords potentiels qui subsistent avec l’axe politique dominant du monde sunnite peut aussi amener les deux alliés à se retrouver paradoxalement sur des positions proches de celles de l’Iran, comme le montre la crise qui a éclaté en juin 2017, entre le Qatar et l’Arabie saoudite, et qui voit Ankara s’employer, à l’instar de Téhéran, à briser le blocus auquel Doha est soumise par ses voisins du Golfe.

Au regard de tous ces éléments, pouvez-vous rappeler le positionnement de la Turquie lors de la récente rupture des relations diplomatiques entre certains Etats du CCG et le Qatar ? Quelles sont les aides matérielles apportées par la Turquie au Qatar ?

La Turquie a tout de suite apporté un soutien sans faille à son allié qatari. Cette réaction immédiate est venue rappeler que le Qatar avait été l’un des premiers pays de la région à dénoncer la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 en Turquie, et à assurer Recep Tayyip Erdoğan de sa fidélité totale. Toutefois, eu égard à de bonnes relations établies aussi avec Riyad depuis 2015, Ankara a tenté de se poser au départ en médiateur du conflit, annonçant même que ce dernier pourrait trouver une solution avant la fin du Ramadan 2017 (25 juin) et proposant la création d’une base militaire turque en territoire saoudien, comparable à celle établie au Qatar ; ce que le royaume saoudien s’est bien sûr empressé de refuser, en répondant sans ménagement que « l’on en avait pas besoin ». Le maintien de l’embargo contre le Qatar et l’envoi à Doha, par Riyad et ses alliés, d’une liste de 13 conditions (dont la fermeture de la base militaire turque dans l’Emirat) pour mettre fin à la crise, ont amené Ankara à durcir le ton. Après avoir condamné l’initiative des adversaires du Qatar comme « contraire aux intérêts du monde musulman » et l’avoir qualifiée « de condamnation à mort », la Turquie n’a pas mâché ses mots, en estimant que les pressions saoudiennes violaient le droit international et menaçaient la souveraineté du petit émirat. A bien des égards, il faut voir que le régime de Recep Tayyip Erdoğan réagit d’autant plus vivement aux accusations de soutien au terrorisme portés contre son allié, que lui-même, suite à ses positions ambiguës adoptées, pendant un temps, à l’égard de Daech dans la crise syrienne, a fait l’objet de reproches et de soupçons similaires.
Après le début de la crise, outre les soutiens politique et militaire précédemment évoqués, la Turquie a surtout apporté un appui matériel important à son allié du Golfe, en mettant en place un pont aérien, et en opérant l’acheminement de cette aide civile également par voie maritime et même terrestre. C’est ce qui explique que, pour le seul mois de juin 2017, les exportations vers le Qatar aient triplé !

dimanche 2 juillet 2017

EURAMES Info Service 26/2017

CONFERENCES
 
1. Exhibition and Symposium: "Imaging a ‘Middle East’", Institute for Cultural
Inquiry, Berlin, 6-7 July 2017 
 
2. Expert Workshop: “From Neoliberal to Socially-Just Reconstruction – The Role of
Civil Society in Shaping Post-Conflict Reconstruction Policies in Iraq, Syria,
Yemen, and Libya”, Friedrich-Ebert-Stiftung, Beirut, 19-20 September 2017
 
3. Conference: "Defending the Faith: Religious and Secularist: Apologetics in
Twentieth‐Century Politics", The British Academy, London, 21-22 September 2017
 
4. Workshop: “Dialogues in Late Medieval Mediterranean: Between East and West”,
ArtMedGis Project, Granada, 13-14 November 2017 
 
5. Conference:  “Pluralism in Emergenc(i)es: Movement, Space, and Religious
Difference“, Amman, 6-7 December 2017

6. Global Migrations Conference, University of Otago, Dunedin, New Zealand, 20-22
February 2018
 
7. Conference: "Interactions between Twelver Shiites and Christians: History,
Theology, Literature”, Institut Dominicain d’Études Orientales (IDEO), 11-13 April
2018
 
8. 5th Mediterranean Maritime History Network International Conference, University
of Constanta, 9-11 May 2018 
 
 
POSITIONS
 
9. Lecturer in Arabic, University of Exeter (UK)
 
10. PhD Fellowship, Faculty of Theology (Qur’anic Studies), University of Copenhagen
 
11. Chair in the Early Modern History of the Mediterranean (c. 1450-1700), European
University Institute, San Domenico di Fiesole, Italy
 
12. Lecturer in Arabic, Nanyang Technological University, Singapore 
 
13. Assistant Professor of Middle Eastern Politics, Claremont McKenna College, CA 
 
14. Assistant Professor in Political Theory in Areas of non-Western (Middle East)
Political and Legal Thought, University of California, Santa Cruz
 
 
OTHER INFORMATION
 
15. 2018/19 Civil Society Leaderships Awards, Durham University and Open Society
Foundation  
 
16. Articles « Images et imaginaires urbains : villes de la péninsule Arabique à
l’épreuve de leurs representations » pour dossier thématique d’Arabian Humanities
n°11
 
17. Articles on "Hospitality and Hostility towards Migrants: Global Perspectives"
for New Journal "Migration and Society"
 
18. Articles for Journal "Hamsa. Journal of Judaic and Islamic Studies"
 
If you want to distribute an announcement via DAVO-Info-Service (about 1500
recipients) and EURAMES Info Service (more than 6000 recipients, only English and
French announcements), please apply the usual format of the text with no more than
50 words and no attachment. Please send only the most important information to
 and refer to further details with a link to the respective
website or an email address.
 
Best regards,
 
Guenter Meyer, Centre for Research on the Arab World (CERAW), University of Mainz
 
 
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CONFERENCES
 
1. Exhibition and Symposium: "Imaging a ‘Middle East’", Institute for Cultural
Inquiry, Berlin, 6-7 July 2017 
 
This symposium examines the continued seductiveness that Orientalism seems to hold
over the production of images of the contemporary ‘Middle East’, both inside and
outside of the region.
 
Information: http://www.ici-berlin.org/events/imaging-a-middle-east/
 
 
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2. Expert Workshop: “From Neoliberal to Socially-Just Reconstruction – The Role of
Civil Society in Shaping Post-Conflict Reconstruction Policies in Iraq, Syria,
Yemen, and Libya”, Friedrich-Ebert-Stiftung, Beirut, 19-20 September 2017

Interested academics, researchers and civil society representatives from Iraq,
Syria, Yemen, and Libya (or with significant research/ professional experience on
these countries) are invited to submit abstracts. 

Deadline for abstracts: 2 July 2017. Information:
http://www.fes-syria.org/index.php?id=61
 
 
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3. Conference: "Defending the Faith: Religious and Secularist: Apologetics in
Twentieth‐Century Politics", The British Academy, London, 21-22 September 2017

This conference brings together scholars of Europe, North America and Asia for a
comparative exploration of the struggles between secularist ideologies and religious
faiths over the past century.

Information:
http://www.britac.ac.uk/sites/default/files/Defending%20the%20Faith%20PROGRAMME_10.pdf
 
 
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4. Workshop: “Dialogues in Late Medieval Mediterranean: Between East and West”,
ArtMedGis Project, Granada, 13-14 November 2017 
 
The aim of the International Workshop is to establish an exchange opportunity to
analyze the cultural legacy of Western Islamic societies and their interactions with
the Oriental, Christian and Jewish ones from different and complementary
perspectives.
 
Deadline for abstracts: 25 July 2017. Information:
http://mailchi.mp/mediterraneanseminar/dialogues-in-late-medieval-mediterranean-between-east-and-west-granada-13-14-november?e=82aeb6c61d

 
 
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5. Conference:  “Pluralism in Emergenc(i)es: Movement, Space, and Religious
Difference“, Amman, 6-7 December 2017

The conference is organized by the Institute for Religion, Culture and Public Life
(IRCPL) at Columbia University. It seeks to examine the historical, social, and
religious underpinnings of the so-called migrant and refugee crisis in the MENA
region in order to position this moment as a state of emergence, rather than a state
of emergency.

Deadline for abstracts: 16 July 2017. Information:
http://ircpl.org/call-for-papers-pluralism-in-emergencies-movement-space-and-religious-difference/
 
 
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6. Global Migrations Conference, University of Otago, Dunedin, New Zealand, 20-22
February 2018
 
For our inaugural major conference, we welcome proposals on these aspects from
academics, students, and other researchers. Both individual and panel proposals are
welcome.
 
Deadline for abstracts: 1 November 2017. Information:
http://www.otago.ac.nz/global-migrations/events/conferences/otago653111.html 
 
 
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7. Conference: "Interactions between Twelver Shiites and Christians: History,
Theology, Literature”, Institut Dominicain d’Études Orientales (IDEO), 11-13 April
2018
 
The purpose of the conference is to study the different representations of the
‘other’ and to identify mutual influences, possible ruptures, and the cultural
dynamics that appeared during these encounters between ‘East’ and ‘West’.
 
Deadline for abstracts: 1 November 2017.
Information: http://www.ideo-cairo.org/en/2017/06/interactions-between-twelver-shiites-and-christians-history-theology-literature/
 
 
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8. 5th Mediterranean Maritime History Network International Conference, University
of Constanta, 9-11 May 2018 
 
MMHN welcomes proposals from scholars working on Mediterranean and Black Sea
maritime history since the thirteenth century CE on the use of the sea as a
resource, for transport, power projection, scientific purposes, leisure activities,
and as an inspiration in culture and ideology.
 
Deadline for abstracts: 16 July 2017. Information:
http://mailchi.mp/mediterraneanseminar/cfp-mediterranean-maritime-history-constanta-9-11-may-2018?e=82aeb6c61d

 
 
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POSITIONS
 
9. Lecturer in Arabic, University of Exeter (UK)

This post is available from 1 September 2017 or 1 January 2018 and is a permanent
appointment. The successful applicant will possess sufficient breadth and depth of
specialist and core knowledge in Arabic pedagogy.

Deadline for application: 20 July 2017.
Information: https://jobs.exeter.ac.uk/hrpr_webrecruitment/wrd/run/ETREC107GF.open?VACANCY_ID=771924IwPT&WVID=3817591jNg&LANG=USA
 
 
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10. PhD Fellowship, Faculty of Theology (Qur’anic Studies), University of Copenhagen

 
A three-year PhD scholarship will be available from October 1st 2017. To be
considered, applicants must have a Master’s degree in Islamic studies or any other
relevant Master’s degree or similar qualifications. Experience in or knowledge about
digital humanities is considered an asset.
 
Deadline for application: 1 September 2017. Information:
http://jobportal.ku.dk/phd/?show=145413 
 
 
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11. Chair in the Early Modern History of the Mediterranean (c. 1450-1700), European
University Institute, San Domenico di Fiesole, Italy

Candidates should have a distinguished record of scholarly publications and
experience in postgraduate teaching and doctoral supervision.
 
Deadline for application: 28 July 2017. Information:
http://www.eui.eu/Documents/ServicesAdmin/AcademicService/JobOpportunities/2017/HEC2-2017.pdf
 
 
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12. Lecturer in Arabic, Nanyang Technological University, Singapore 
 
Selection Criteria: Postgraduate qualification in one or more of: Second Language
Acquisition, Arabic Linguistics, Teaching Arabic as a Second Language; Native
proficiency in written and spoken Arabic; Experience and demonstrated excellence in
teaching Arabic preferably at tertiary level; etc. 
 
Deadline for application: 31 July 2017. Information:
http://cml.soh.ntu.edu.sg/aboutUs/Pages/Job-Openings.aspx 
 
 
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13. Assistant Professor of Middle Eastern Politics, Claremont McKenna College, CA 
 
The Department of Government invites applications for a tenure-track position
beginning July 1, 2018. A qualified candidate, with PhD in hand or a nearly
completed doctoral dissertation, would have research experience on the domestic
politics or policy of one or more Middle Eastern countries, as well as expertise on
the international issues that these countries face. The candidate would have
sufficient mastery of one or more Middle Eastern languages to engage in the
research.
 
Deadline for application: 1 August 2017. Information:
https://webapps.cmc.edu/jobs/faculty/faculty_opening_detail.php?PostingID=16021
 
 
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14. Assistant Professor in Political Theory in Areas of non-Western (Middle East)
Political and Legal Thought, University of California, Santa Cruz

We seek scholarship that contributes both to political theory and to legal studies
through critical interpretive work with texts, archives, and/or ethnographic
sources, drawing out the origins, diverse interpretations, and manifestations of
legal thinking.

Deadline for application: 29 September 2017. Information:
https://recruit.ucsc.edu/apply/JPF00458
 
 
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OTHER INFORMATION
 
15. 2018/19 Civil Society Leaderships Awards, Durham University and Open Society
Foundation 

The awards provide fully funded Master’s level scholarships for individuals who
demonstrate both academic and professional excellence and have the potential to
become civil society leaders in their home communities.  Applicants from
Afghanistan, Egypt, Libya, South Sudan, Sudan, Syria, etc. are eligible to apply for
these awards.

Deadline for application: 15 July 2017. Information:
http://www.dur.ac.uk/postgraduate/finance/scholarships/csla/
  
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16. Articles « Images et imaginaires urbains : villes de la péninsule Arabique à
l’épreuve de leurs representations » pour dossier thématique d’Arabian Humanities
n°11

Les propositions d’article, en anglais ou en français, doivent être envoyées avant
le 15 juin 2017. Information: http://cy.revues.org/3345
 
 
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17. Articles on "Hospitality and Hostility towards Migrants: Global Perspectives"
for New Journal "Migration and Society"

We welcome articles that examine the applicability of the concepts of hospitality
and hostility in different settings; and that explore the relationship between these
and other concepts, including cosmopolitanism, welcome, conviviality,
neighbourliness, and solidarity, from the perspective of the global South as well as
the North.

Deadline for articles: 30 September 2017. Information:
http://journals.berghahnbooks.com/migration-and-society/
 
 
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18. Articles for Journal "Hamsa. Journal of Judaic and Islamic Studies"
 
For this volume, we particularly welcome proposals offering original analysis on the
broad subject of Judaic and Islamic studies.

Deadline for proposals: 15 October 2017. Information:
http://www.hamsa.cidehus.uevora.pt/callforpapers.html

samedi 1 juillet 2017

για την ίδρυση της Βαγδάτης και για την αραβική αντίληψη των μνημείων


Accueil
 > Analyses historiques > La fondation de la ville de Bagdad

LA FONDATION DE LA VILLE DE BAGDAD 
ARTICLE PUBLIÉ LE 29/06/2015

http://www.lesclesdumoyenorient.com/local/cache-vignettes/L225xH292/arton1974-1b9db.jpg


http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-fondation-de-la-ville-de-Bagdad.html
Par Louise Plun

La ville de Bagdad voit le jour sous le califat des Abbassides, dynastie fondée par Abû al-Abbas As Saffah, descendant de l’oncle du prophète. La période allant de 750 à 861 est une période de grand essor, de progrès et de faste ; tandis que la période allant de 861 à 946 voit se multiplier les difficultés intérieures conduisant à l’effacement progressif des souverains et au morcellement de l’Empire en nombreuses principautés autonomes.
Pendant cette période prospère, marquée par un pouvoir politique fort, un commerce florissant, l’essor de la culture et des idées intellectuelles, naissent et se développent les villes, en particulier Bagdad.

Le contexte politique

Au milieu du VIIème siècle, une conjonction de facteurs aboutit à la chute de la dynastie omeyyade et à l’avènement de la dynastie abbasside. En effet, la lente assimilation de la propagande anti omeyyade dans les régions mécontentes du califat, la permanence d’une agitation chiite restée fidèle à Ali, les difficultés de successions ajoutées aux obstacles d’ordres politique et militaire des califes omeyyades de Damas, ainsi que l’émergence d’un mouvement clandestin révolutionnaire abbasside ayant pour berceau le Khorasan, débouchent en 749 sur le renversement des Omeyyades. Le premier calife de la dynastie abbasside est proclamé : al Saffâh, dit le Généreux. En 754 lui succède son frère désigné, Abu Ja’far, né d’une mère berbère, qui prend le nom d’al-Mansûr. Cependant, cette succession se voit contestée et engendre une révolte. Dans ce contexte insurrectionnel, le nouveau calife répond dans un premier temps par la force. Cependant, dans le but d’ancrer sa dynastie dans le paysage politique, al-Mansûr fait le choix d’affirmer son pouvoir en décidant en 762 de la création d’une nouvelle capitale abbasside : Bagdad. Ce choix résulte également de la volonté de rompre avec le modèle omeyyade en dotant le nouvel Empire d’un nouveau centre. En effet, là où les Omeyyades s’appuyaient sur les Arabes syriens de Damas, les Abbassides s’appuient sur des contingents composés d’Arabes d’Iran et de convertis, les mawalis, originaires en grande majorité du Khorasan, berceau de la révolution abbasside. La capitale de la nouvelle dynastie se rapproche donc de ses alliés sans s’éloigner de ses ennemis politiques afin de les garder sous contrôle. Son emplacement s’ancre désormais dans les terres originelles du pouvoir perse achéménide, non loin de l’ancienne capitale, Babylone.

Entre mythe et réalité

Selon al-Ya’qûbî, fonctionnaire de l’administration califale, historien et géographe, le calife al-Mansûr aurait déclaré en arrivant sur le site de la future ville de Bagdad « c’est bien la ville qu’aux dires de mon père je dois fonder […]. Cette « île » bordée à l’Est par le Tigre et à l’Ouest par l’Euphrate, se révélera être le carrefour de l’univers ». Dès lors, c’est entre le mythe et la véracité historique que l’histoire de la fondation de Bagdad se révèle.
Selon la légende, l’emplacement de la ville abbasside aurait été prédestiné par Muhammad qui en aurait eu la révélation, moyen à l’époque d’enraciner le pouvoir abbasside dans les pas du prophète. En effet, selon ce dernier, l’air y aurait été pur, la terre fertile, la température équilibrée et les ressources abondantes et variées. La renommée de l’emplacement transparait encore aujourd’hui à travers le nom de la ville elle-même, puisqu’en persan, « bâgh » signifie « jardin ». Le lieu primitif de la ville était « Baghdalth », signifiant « Dieu donné ». Ainsi, le caractère religieux et prophétique de la ville est un aspect important de la fondation de la ville, et pose les bases d’une cité à l’avenir prometteur puisque prédéterminé par la volonté de Dieu.
Pourtant en Orient, la puissance d’une ville se mesure à son temps de prospérité. L’astrologue Noubaht, « nouvelle fortune » en persan, prédit pour Bagdad une durée de vie similaire au nombre 309 de la Sourate XVIII du Coran, symbolique du temps d’attente pendant lequel les Alides, fils du prophète, attendirent avant de retrouver leurs droits méconnus depuis la mort de ce dernier. Puis Bagdad se voit donner le nom de la ville de « la paix », réunissant en effet tous les critères de prospérité que le poète d’Al-Andalous, Mansour an Namary décrit ainsi : « As-tu vu de tes yeux sur la longueur et la largeur de la terre une maison pareille à Bagdad ? Certes c’est le paradis terrestre. »
Pour les historiens cependant, la ville n’a rien d’extraordinaire. Elle serait en effet désertique, les pluies y seraient rares, le climat y atteindrait des extrêmes. Ainsi, pour comprendre l’emplacement de la ville, il faut regarder à l’échelle de la Mésopotamie. La région de Bagdad est une zone plate constituée d’immenses étendues de plaines. A l’Est se situent les montagnes de Zagros, à l’Ouest, le désert de Syrie. Mais la présence des deux fleuves que sont le Tigre et l’Euphrate en fait, avec la région de la vallée du Nil, la région la plus fertile du Moyen-Orient, d’où son nom de « Croissant fertile ». D’autres facteurs topographiques sont à prendre en compte pour expliquer l’emplacement de la ville, en particulier sa position de coeur des voies de circulation : l’une suit l’Euphrate, l’autre le Tigre, la troisième le Satt al-Garraf, et la dernière passe à la limite du Zagros. Dès lors, c’est de Bagdad que l’on peut rejoindre le plus rapidement Alep, la côte méditerranéenne, l’Egypte, ainsi que les lieux saints de l’islam. D’un point de vue stratégique, le lieu est avantageusement protégé par les deux fleuves qui constituent un rempart naturel.
Dès lors, la fondation de Bagdad ne résulte pas d’un facteur décisif comme ce fut le cas pour Jérusalem, construite sur les ruines de l’Acropole jébuséenne primitive. Bagdad est une ville construite de toute pièce, dont la fondation reste l’un des événements les plus importants de l’histoire du monde arabe et islamique.

Bagdad : reflet d’une nouvelle conception du pouvoir

Pour déterminer l’emplacement exact de sa capitale, al-Mansûr fait appel à des spécialistes, des astronomes, des géomètres « habiles, des experts dans l’art de construire » [1], des physiciens, des ingénieurs, afin de déterminer la qualité des sols, de l’air, du climat. Al-Yaqûbî cite deux spécialistes : al-Fazâri, le premier à fabriquer des astrolabes (outils permettant de mesurer la hauteur des astres), Mâshallâh, astrologue personnel du calife et savant juif. Ainsi, les plans de la ville auraient été dressés en 758-759 au « mois de rabi’ I de l’an 141 » I [2], c’est-à-dire en juillet 758. Ainsi, la construction de la ville débute sous les auspices de la science. Al-Mansûr ne fait débuter les travaux que lorsqu’il « eut à sa disposition cent mille ouvriers et manoeuvres » [3]. La « ville ronde » nait. Cette forme géométrique reflète la volonté d’affirmation des Abbassides, forme nouvelle, géométrique parfaite et rigoureuse, à l’image de leur pouvoir. Effectivement, la figure géométrique ronde est le symbole de la perfection et du cycle permanent, un signe parfait déjà en vigueur chez les Grecs. La ville a donc cette particularité de s’inscrire à l’intérieur d’un rempart circulaire, alors que les villes du monde méditerranéen ont été plutôt carrées ou rectangulaires.
D’un périmètre d’environ dix kilomètres, la ville donne une vision solaire du pouvoir, reflétant la puissance du calife. Sur l’esplanade centrale se dresse le palais du calife et sa porte d’Or. Ce somptueux palais est le symbole d’une cité sensée se suffire à elle-même. Le palais possède une coupole verte d’une extrême magnificence, dans le but d’effacer le souvenir des coupoles vertes omeyyades de Damas ou de Wasit. Le calife reçoit, dans la plus grande solennité, au centre du palais, c’est-à-dire au centre des centres. A proximité du palais se situe la Grande Mosquée. Autour du palais, les bâtiments administratifs sont voisins des demeures princières, constituant ainsi le cercle le plus proche du calife. L’enceinte extérieure est aménagée de quatre portes se faisant face deux par deux : la porte de Kufa, la porte de Basra, la porte du Khurasan et la porte de Syrie. Ces quatre portes correspondent aux quatre avenues rejoignant le centre de la circonférence et débouchant parallèlement sur les principales régions composant l’Empire abbasside. Ainsi, le calife est, symboliquement, au centre de son Empire. Toujours à l’image du calife, une extrême richesse s’y déploie, quantité de bois précieux compose la ville. Al-Mansûr a ainsi une vision claire de sa politique, celle-ci passant dans un premier temps par l’image du lieu de son pouvoir, Bagdad étant en effet à la fois la vitrine et l’outils de celui-ci : un pouvoir centralisé et fort.
La ville de Bagdad ne se limite cependant pas à l’enceinte royale. Dans les alentours de la ville se situent les espaces commerçants nécessaires à la vie quotidienne. Les faubourgs sont également organisés selon un plan d’ensemble, divisés à leur tour en quatre quartiers, selon al-Yaqûbî. Ces quartiers accueillent chacun un corps de métiers, ce qui facilite non seulement leur gestion, mais également le juste et correct prélèvement des impôts et des taxes. Ainsi, autour de la ville ronde de trouvent les sûqs des librairies près de la porte de Basra, ceux des chevaux sur la route du Khorasan, ceux des tanneurs, bouchers, tisserands, métiers ayant des besoins d’approvisionnement en eau, marchands de produits de luxe, (épices, pierres…), bains mais également mosquées.
La situation géographique de Bagdad prédispose la ville à jouer un rôle de centre économique important, se trouvant au centre d’un califat s’étendant de l’Atlantique à l’Inde. « Le centre de ce bas monde, le nombril de la terre » [4] est également une ville cosmopolite dans laquelle se sont établis des marchands arabes ou étrangers. Les historiens estiment le nombre d’habitant de Bagdad à environ 1,5 million. A la mort de son fondateur, en 774, la ville est une métropole s’étendant sur les deux rives du Tigre.
A partir de 814, le calife ne réside plus dans la ville ronde et s’installe sur la rive orientale du Tigre. La capitale abbasside se déplace à Samarra, sous le règne du calife al Mu’tasim, qui prend en 833 la tête de la dynastie. En 865 cependant, le pouvoir retourne à Bagdad. La ville subit de terribles dommages au cours des siècles.
Aujourd’hui, seuls des plans théoriques de la ville nous sont parvenus, les fouilles étant impossibles, le site se trouvant sous les habitations d’aujourd’hui et du fait de la situation politique et militaire du pays qui freine les recherches archéologiques. Cependant, Bagdad, ville de pouvoir, ville cosmopolite, ville de savoir, a participé pendant des siècles à l’essor du monde musulman, d’un point de vue économique, intellectuel, scientifique, politique ce qui lui vaut sa renommée encore aujourd’hui.
Bibliographie :
- Encyclopédie islamique.
- Dominique Sourdel, L’Etat impérial des califes abbassides, Editions puf, 1999.
- Roger Arnaldez, Les grands siècles de Bagdad, Volume I, De la fondation de Bagdad au début du IVème au Xème siècle, SNED, 1985.
- Bagdad, volume spécial publié à l’occasion du mille deux centième anniversaire de la fondation, Leiden, Brill, 1962.
- Georges Salmon, Islamic Geography, Volume 86, Introduction topographique à l’histoire de Bagdad, 1904.
Notes :
[1] Al-Ya’qûbî, Le Livre des Pays, édité et traduit par G. Wiet, Le Caire, 1937.
[2] dem.
[3] Idem.
[4] Idem.

μουσικοί και ξένοι, ξένη μουσική, ... ποια ξένη μουσική;

La musique des migrants dans les camps

Migrantinnen-musik in den migrantenlagern

Faire de l’art en situation d’urgence
Musik machen in ausnahmesituationen
*  *  *
Publié le mardi 20 juin 2017 par Céline Guilleux
RÉSUMÉ
Cette université d’été a deux objectifs. le premier est d'explorer un secteur mal étudié de l’ethnologie comme la musique dans les camps de transit. S’il existe une abondante littérature historienne et musicologique sur la musique dans les camps de concentration et dans les camps d’extermination, rares sont les études qui portent sur les pratiques musiciennes. Le second objectif est de construire une démarche comparative afin de mesurer la singularité d’une observation ponctuelle sur ce que l’on appelle la crise des migrants en Europe : Paris, Baigorri, Calais, Dunkerque (France), Friedland (Göttingen, Allemagne), M’Bera (Mauritanie), Mentao (Burkina Faso), Zaatari (Jordanie).  
ANNONCE

But 

Cette université d’été a pour titre « La musique des migrants dans les camps. Faire de l’art en situation d’urgence ». Elle a deux objectifs : 
  • explorer un secteur mal étudié de l’ethnologie : la musique dans les camps de transit. S’il existe une abondante littérature historienne et musicologique sur la musique dans les camps de concentration et dans les camps d’extermination (Dick Walda, Charles Van West, Shmuel Gogol, Emilio Jani, Gabriele Knapp, Annette Wieviorka, Philip Bohlman, Pierre-Emmanuel Dauzat & Hélios Azoulay) rares sont les études qui portent sur les pratiques musiciennes ;  
  • construire une démarche comparative afin de mesurer la singularité d’une observation ponctuelle sur ce que l’on appelle la crise des migrants en Europe : Paris, Baigorri, Calais, Dunkerque (France), Friedland (Göttingen, Allemagne), M’Bera (Mauritanie), Mentao (Burkina Faso), Zaatari (Jordanie). 

Argument

 Au mois de mai 2013, Awet Andemicael, étudiante en théologie de l’université de Yale publie sur le site de l’UNHCR un article marquant : The arts in refugee camps: ten good reasons. De la prise en charge de soi aux techniques d’apprentissage et à l’agency, ces raisons visent à légitimer l’action des ONG pour la musique. Pourtant, ces raisons sont insatisfaisantes. Car le raisonnement est élaboré à partir des catégories de l’action humanitaire et non à partir du vécu des populations.  
  1. Cette université d’été renverse la perspective. Et plutôt que de partir des catégories instituées pour examiner de quelle façon elles s’incarnent dans la réalité, nous partons de l’engagement ethnographique pour examiner les processus d’institution des catégories, ce qui permet d’organiser ensuite, mais ensuite seulement, une montée en généralité à partir de la collection des cas.  
  2. Par ailleurs, nous prenons nos distances avec les clichés sur les bienfaits prêtés à la musique et à l’art thérapie. Nous examinons, au prix d’observations ethnographiques, situées et contextualisées, la façon dont la musique modifie la vie de chacun et celle des collectifs impliqués.  
  3. Enfin, nous questionnons l’ontologie de la musique. Des travaux antérieurs nous ont permis d’entériner le fait que la musique est subjective du point de vue ontologique et objective du point de vue épistémique. Cette fois, nous soumettons la question « qu’est-ce que la musque pour qui la pratique et l’écoute ? » à l’enquête ethnographique.  

Ancrages situationnels  

Bien des chercheurs qui ont mené ces analyses sur les pratiques artistiques dans des camps se sont d’abord confrontés à ces situations au prix d’un engagement citoyen. Dans ces situations d’anomie, ils ont rencontré « la musique », et ceux qui la faisaient être. Dès lors, ces migrants qu’un élan compassionnel faisait prendre pour « de pauvres malheureux » devenaient dans le regard de l’ethnographe attentif, par la force de la performance musicienne, par les habiletés incorporées et les références culturelles actualisées, des artistes virtuoses.   
Dans des contextes qui rendent toute communication verbale difficile en raison de l’étanchéité des langues, la musique et la danse rendent possible le partage, restaurent une forme de symétrie de l’échange. La profession de foi de Natacha Bouchart, maire de Calais, résonne : « Accueillir des migrants, ça peut être une richesse culturelle exceptionnelle » (Libération, 20 octobre 2015). Pourquoi donc la musique, alors que chacun se trouve « maintenu là, dans l’inachèvement d’un parcours de mobilité, ni immigré ni émigré mais suspendu en migration » (M. Agier, 2014) ?  
Cette rencontre de jeunes chercheurs propose de travailler à partir d’études de cas.

Études de cas 

Paris, Foyer de Travailleurs Migrants du 19e arrondissement  

Un foyer de travailleurs migrants (FTM) est une structure d’hébergement qui accueille aujourd’hui des « hommes célibataires » de Mauritanie, du Mali et du Sénégal. On peut y cuisiner, se laver, dormir (et repartir travailler). Or, malgré les conditions de promiscuité, on y fait aussi de la musique. Car l’invité invite. « Invitation » est le terme par lequel les habitants de foyer désignent le fait d’accueillir dans leur chambre un griot qui vienne chanter leur nom avec son luth ngoni. « L’invitation » est une occasion musicale de rencontre. Ce n’est pas la seule. Car à une autre échelle, des moments de retrouvailles et de partage culturel sont organisés dans des salles des fêtes louées par des associations proches des habitants de foyers. Ces espaces se convertissent en lieux d’échanges, d’assemblées générales, de projets et en studio d’enregistrement. Il en est ainsi de centres sociaux et culturels où sont organisés ces journées culturelles, ces repas et ces occasions de musique. 

M’Bera, Mauritanie  

Février 2012. Les habitants du Nord Mali fuient le conflit armé. L’UNHCR installe 400.000 réfugiés Touaregs et Arabes dans des camps aux frontières de la Mauritanie, de l’Algérie, du Burkina Faso et du Niger. M’Berra est le plus important : 80.000 personnes. Ici, le quotidien s’organise. Au- delà des questions sanitaires et nutritionnelles, il y a le désir partagé de célébrer des événements en commun. Il n’y a pas de tabaski sans musique, ni de fin de ramadan. Le tinde et l’imzad sont fabriqués sur place. Il y a aussi des « soirées guitare ». Tout le monde danse et frappe des mains. Mohamed Issa ag Oumar est là. C’est LE guitariste du groupe Tartit, fer de lance avec Tinariwen de la musique touareg sur la scène de la World Music. Il a apporté sa guitare. On branche des amplis sur les batteries des voitures. Ici s’émancipe une économie de la World Music à visée interne, au sein du camp.  

Mentao, Burkina Faso  

Nous sommes à 20 kilomètres de Ouagadougou. En octobre 2014, Marta Amico visite le camp en compagnie d’une musicienne du groupe Tartit, qui dirige l’organisation des femmes du camp. Un musicien armé de sa guitare entonne un chant de bienvenue. Des femmes se joignent à lui. M. Amico interroge : Pourquoi la musique ? Parce que c’est la vie. Ici, « la musique » n’est pas quelque chose « à part », une activité en soi : c’est l’instrument de la vie sociale, c’est le fait de pouvoir continuer à se réunir autour des célébrations d’avant qui fait toute l’importance des moments de jeu. Et c’est la raison pour laquelle on retrouve ici tellement de musiciens : ils ont fui les groupes islamistes qui interdisent la musique dans le Nord Mali. Ici, ils organisent des dj set improvisés. Et ils se connectent au monde. Dans ces moments où tout cède, la musique fabrique du lien social.  

Zaatari, Jordanie  

Construit en juillet 2012, le camp de Zaatari est situé à la frontière syrienne. 80.000 réfugiés syriens y vivent dans des conditions précaires, près du pays qu’ils ont fui. Zaatari dépend entièrement de l’aide humanitaire. Plusieurs ONG travaillent autour d’activités musicales, c’est le cas d’OXFAM International. Comment la musique est-elle appréhendée dans le règlement du camp ? Comment est- elle mobilisée par les musiciens euxmêmes ? Quel rapport chacun entretient-il à l’écoute ? Et quels sont les répertoires qui entrent dans l’espace public ? Engagée par OXFAM International, Gaétane Lefebvre a travaillé au plus près des interactions musiciennes. Elle a établi des liens avec Nicolas Puig, anthropologue spécialiste des camps de réfugiés au Liban et Richard Wolf, réalisateur de A requiem for Syrian refugees” (2014). L’université d’été permettra de visionner ce film, en présence de N. Puig et du réalisateur. 

Baigorri, France (64)  

Le 20 novembre 2015, à l’initiative de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), une cinquantaine de migrants s’installent à Baigorri, dans les montagnes basques. Ils ont quitté le Soudan, l’Erythrée, le Tadjikistan, l’Afghanistan et tous les Kurdistan. Ils ne savent pas où ils sont, ne parlent ni français, ni anglais, ni basque, mais ils ont dit oui, et l’OFII les a conduits ici. La mairie réquisitionne le VVF, la préfecture finance, les bénévoles aident les migrants dans leurs démarches administratives. Des ateliers sont en place. Une osmose s’opère. Des ateliers de danse basque sont créés, des ateliers de musique aussi. L’un d’eux réclame un violon. Un violon est trouvé. Il joue sans vibrato, sur des échelles improbables : nous offre un makâm syrien. Pourquoi donc la musique ici ? 
Ces études de cas seront complétées par d’autres cas présentés par les étudiants qui participeront à l’Université d’été, et par les exposés de Philip Bohlman (University of Chicago) sur la musique dans les camps et de Raimund Vogels (Hildesheim) sur l’institutionnalisation des expériences menées en Niedersachsen pour valoriser le talent d’artistes réfugiés et leur procurer une formation diplomantes qui leur ouvre les portes du marché du travail artistique en Allemagne.

Production scientifique

(en partenariat avec Les Cahiers d’Ethnomusicologie)  

Les candidats sont invités à présenter, à partir de leurs travaux personnels, un projet de texte (2 pages) abordant l’une des thématiques de cette Ecole d’été. Huit projets (Groupe A) seront choisis et seront développés par leurs auteurs pour donner lieu à des textes d’une dizaine de pages qui seront mis en ligne dans l’espace collaboratif. Lors de l’université d’été, les textes seront présentés et commentés par 8 autres participants (Groupe B). Nous constituerons ainsi des binômes auteur / exégète. 
L’originalité de ce travail en commun permet à plusieurs étudiants de travailler en groupes et d’écrire ensemble un article co-signé qui sera soumis pour publication aux Cahiers d’Ethnomusicologie (Laurent Aubert, Genève). Langues de l’article : français, allemand ou anglais.

Candidature

Le dossier de candidature doit comprendre : 
  • un CV ; 
  • une présentation du projet de doctorat, de master ou de post-doc ;  - une proposition d’intervention (2 pages) en lien avec l’Université d’été. 
Le dossier de candidature doit parvenir à l’adresse : dlaborde@msh-paris.fr La sélection sera faite en fonction de l’adéquation thématique entre les propositions d’intervention et l’Université d’été. 

Date limite de renvoi des dossier: 29 juin 2017

Séléction des candidatures

  • Prof. Dr. Denis Laborde (CNRS – EHESS, Centre Georg Simmel, Paris - Bayonne)
  • Prof. Dr. Raimund Vogels (Center for World Music, Hildesheim)
Sélection des candidats : 30 juin 2017  

Informations pratiques

Rendez-vous : L’université d’été se déroule du 10 au 16 septembre 2017. Arrivée des participants le dimanche 10 septembre. Départ le samedi 16 septembre. Vous pouvez rester au-delà à vos frais. 
Participants : L’Université d’été compte 16 étudiants et jeunes chercheurs (master, doctorat ou post-doctorat) de toute nationalité. Toutes les disciplines sont concernées. 
Langues de travail : français, allemand ou anglais. La langue basque sera valorisée. Chacun doit parler couramment une de ces langues et en comprendre une autre. 
Lieu : Cité des Arts, 3 avenue Jean Darrigrand, F-64100 Bayonne, Pays Basque, France
Inscription : par courrier électronique adressé à dlaborde@msh-paris.fr
Réservation des billets de train / avion : dans la semaine du 1er juillet 2017 
Frais : Les frais de transport (train 2e classe ou avion) et de séjour (nuitées et repas) sont couverts par l’Université d’été. Les billets de transport seront pris par le Centre Georg Simmel.  
Gare SNCF : Bayonne / Aéroport : Biarritz 
Contact/informations : dlaborde@msh-paris.fr & raimund.vogels@hmt-hannover.
LIEUX
  • Cité des Arts - 3 avenue Jean Darrigrand
    Bayonne, France (64)
DATES
  • jeudi 29 juin 2017
MOTS-CLÉS
  • musique, camp, migrant, accueil, musicien, crise, Afrique, Europe
CONTACTS
  • Denis Laborde
    courriel : dlaborde [at] msh-paris [dot] fr
  • Vogels Raimund
    courriel : raimund [dot] vogels [at] hmt-hannover [dot] de
SOURCE DE L'INFORMATION
  • Luigia Parlati
    courriel : luigia [dot] parlati [at] ehess [dot] fr
POUR CITER CETTE ANNONCE
« La musique des migrants dans les camps », École d'été, Calenda, Publié le mardi 20 juin 2017, http://calenda.org/409672