vendredi 28 décembre 2018

ντιβάνι, αρχείο, συλλογή.


DE LA TABLETTE AU SOFA. ITINÉRAIRE D’UN MOT ORIENTAL : LE « DIVAN » 
https://www.lesclesdumoyenorient.com/De-la-tablette-au-sofa-Itineraire-d-un-mot-oriental-le-divan.html

Picture by Manuel Cohen / AFP

ARTICLE PUBLIÉ LE 26/12/2018

Par Florence Somer Gavage
Les mots sont des vecteurs de sens mais aussi d’histoire. Il sont les témoins privilégiés des liens qui se sont tissés entre des représentations du monde, des structurations du réel qui se sont rencontrés ; et ce, grâce à la différence de l’autre à soi et au goût de la connaissance et de la découverte qui agitent les esprits. Cette agitation qui fait migrer les êtres et leurs mots, nourrit les vocables et la langue. Les écrits en anglais, français, italien, bulgare, polonais ou espagnol relatant une continuité d’écho avec la pensée orientale sont anciens et marquent un tournant dans l’histoire de la littérature savante du Moyen Âge en Europe. Mathématiciens, astronomes, médecins, historiens, écrivains et poètes ont trouvé dans les écrits accessibles en traduction latine mais également dans leurs versions originales en arabe, en persan, en turc ou en hindi un épanouissement de leurs connaissances et un savant mélange entre la pensée et l’imaginaire qui souffla d’est en ouest.
Les écrivains ont puisé dans les dīvān orientaux, ces recueils de poésie et (rarement) de prose attribués aux poètes iraniens, arabes, turcs ou indiens. Étonnement, il existe un lien de parenté entre le recueil de poésie et le nom donné, dans la langue de Molière, au meuble de repos : le divan. L’histoire de ce mot illustre à elle seule le cheminement, tantôt circulaire, tantôt ondulatoire, que peut emprunter un terme d’une langue à l’autre, d’une écriture à l’autre, à travers l’espace et le temps.
Des archives royales…
L’histoire du terme qualifiant ce meuble large et moelleux, ce divan dans lequel nous nous plaisons à lire, rêver ou laisser notre esprit divaguer commence à la cour des Perses sassanides (224-651). Le mot est clairement attesté en moyen-perse où il désigne alors les archives (royales) ou les collections d’écrits. Néanmoins, son histoire débute bien avant et on présume qu’il dérive du vieux-perse dipi- qui signifie inscription ou document. Ce terme est lui-même emprunté, via l’élamite, de l’akkadien tuppu et du sumérien dub désignant une tablette d’argile. A la cour sassanide, le dēwān est intimement lié à celui qui en a la garde et le nourrit : le dibīr, le scribe et en Arménien, le scribe se dit dīvān.
…au bureau du gouvernement
A la chute de Yazdegerd III, le califat arabe omeyyade (661-750) établi à Damas reprend le système administratif sassanide tout en s’inspirant de pratiques byzantines et instaure, selon l’historien Tabarī, un registre qu’il nomme dīvān dans lequel sont enregistrés les paiements des taxes ainsi que les noms des combattants arabes et leur rémunération (1). Rapidement, cette seule institution administrative s’est fractionnée entre le dīwān al-rasāʾel, chargé de la correspondance officielle, le dīwān al-ḵātam, chargé du sceau de ces documents et de la traque des faux, le dīwān al-djound, responsable des affaires militaires et une série de dīwān spécifiques chargés de la collecte des taxes, du service postal, etc. Le mot dīwān a pris un sens plus large et a qualifié l’administration centrale de Bagdad dès le xe ou le xie siècle durant le califat abbāside (750-1258). A partir du IXème siècle de notre ère, en Iran, les anciennes satrapies se dotent également de dīwān permettant d’assurer leurs fonctionnements locaux. Les capitales provinciales de Shiraz, Marāgha, Merv, Nīšāpūr, Zarang et Sīrjān assurent les collectes d’impôts nécessaires à leur fonctionnement via des dīwān régionaux également appelés ʿāmel ou bondār. Les Buyides, les Samanides, les Ghaznavides, les Seljoukides, les Ilkhanides, les Safavides ont également repris cette institution commode avec des innovations propres (2).
Le dīwān poétique
Le mot passe du vocable administratif à celui de la littérature et désigne, tant en arabe qu’en persan, une collection de poèmes émanant d’un auteur particulier. L’utilisation du terme au sens poétique serait attribuée à Rudaki (858-941). Les maṯnawīs, les longs poèmes dont le plus connu est celui du poète mystique Rumi (1207-1273) en sont généralement exclus (bien que Rumi soit l’auteur du dīwān-e Shams-e Tabrizi).
Ces archives deviendront des documents essentiels pour la diffusion de la culture d’Orient auprès d’érudits comme Johann Gottfried von Herder (1744-1803) ou Goethe qui, inspiré par Hafez, écrira, entre 1814 et 1819, son West-östlicher Divan. Effet de synthèse ou d’assimilation, les dīwān se rapprochent à nouveau de leur sens initial d’archives, pour devenir d’incontournables sujets d’études philologiques liés à la renommée d’écrivains et de prophètes qui acquièrent une postérité singulière sous la plume de traducteurs et d’auteurs occidentaux.
Sous l’Empire ottoman, le mot, sans sortir du vocable littéraire, migre vers les sphères politiques et juridiques. A côté de l’entreprise poétique, on parle de dīwān-i humayūn pour qualifier la réunion du gouvernement central en présence du sultan puis du grand vizir ou pour désigner le gouvernement de la Sublime Porte. Le mot dīwān qualifie graduellement le conseil puis la salle de conseil, le tribunal ou la salle garnie de coussins. Vers le début du XVIème siècle, par emprunt au turc, on trouve le terme divano pour qualifier les conseils tenus dans la Sérénissime. Vers le XVIIIème siècle, le divan qualifie alors le siège sans dossier ni bras qui se trouve dans une salle d’archive puis dans un salon.
La dernière étape du voyage du divan va le remmener vers l’Orient et avec lui, les turpitudes de l’âme trouveront un endroit où s’apaiser. Quand Sigmund Freud découvre les bienfaits de l’association libre pour éclairer la médecine de l’âme, il utilise le divan pour faire voyager les patients au fond de leur inconscient. Le divan et, posé dessus, des tapis persans.
Notes :
(1) Ṭabarī, I, p. 2412.
(2) Voir 
http://www.iranicaonline.org/articles/divan
Références :
- Mac Kenzie, D.N., 1971, A concise Pahlavi dictionary, Oxford University Press, London.
- Nāṣer-e Ḵosrow 1353 Š./1974, Dīvān, ed. M. Mīnovī and M. Moḥaqqeq, Tehran.
- Roth, M. L. 1975, Die Frage nach dem rechten Leben in Goethes West-östlichem Divan, In Colloquia Germanica (Vol. 9, pp. 246-268).
- Storey/de Blois, 1337 Š./1959, Dīvān, ed. T. Bīneš, Mašhad.
- https://archive.org/details/DivanERudakiSamarqandiFarsi
- http://www.cnrtl.fr/etymologie/divan
- http://www.iranicaonline.org/articles/divan
- http://www.iranicaonline.org/articles/goethe
Diwan-e-Khas at Agra Fort
Français : Dīvān-i-Khās (la salle des audiences privées) dans le Fort Rouge d'Agra, Sanyam BahgaIf you wish to reuse the image, please credit it with : Photo : Sanyam Bahga in the immediate vicinity of the image:

Η λέξη μπορεί να προέρχεται από την περσική, καθώς στη μεσοπερσική
recueil de poésie ou de prose [voir ʿArabiyya, Īrān (litt.), Turk (litt.), Urdū (litt.), S̲h̲iʿr], registre ou bureau.


 Les sources ne sont pas d’accord sur l’étymologie du terme: les unes lui attribuent une origine persane, dēv «fou» ou «diable» appliqué aux secrétaires, d’autres le font ¶ venir de l’arabe dawwana «recueillir» ou «enregistrer», de là «collection de pièces ou de feuilles» (voir al-al-as̲h̲andīub, I, 90; LA, XVII, 23-4; al-ūlī, Kut…
Duri, A. A., Gottschalk, H. L., Colin, G. S., Lambton, A. K. S. and Bazmee Ansari, A. S., “Dīwān”, in: Encyclopédie de l’Islam. Consulted online on 28 December 2018 <http://dx.doi.org/10.1163/9789004206106_eifo_COM_0170>
First published online: 2010

Dans l'hypothèse d'une étymologie persane, divan tirerait son origine soit du mot div (en persan : دیو), « fou » ou « diable » appliqué aux secrétaires de chancellerie4, soit du mot dibir, signifiant « écrivain » ou « scribe »5. Passé dans la langue arabe, la racine du mot serait [ D (dâl) - Y (ye) - W (vâv) ].
Dans l'hypothèse d'une étymologie arabe, la racine du mot serait [ D (dâl) - W (wâw) - W (wâw)] et viendrait du verbe dawwana, « collecter, former un recueil, tenir un registre, un livre de dépenses6 ». C'est notamment l'opinion du Lisân al-'Arab, qui s'appuie sur le fait que dîwân donne dawâwîn au pluriel : on retrouve donc au pluriel les deux W (wâw) de la racine arabe, qui n'apparaissent pas au singulier.
Pour expliquer la polysémie du mot diwan (ou divan), qui signifie à la fois « recueil poétique », « registre », « livre de comptes », « bureau », « conseil d'un prince », on avance l'explication selon laquelle, lorsque les philologues arabes du viiie siècle entreprirent la collecte et la recension des œuvres des poètes préislamiques transmises par la tradition orale, ils nommèrent ces recueils dîwâns, par analogie aux registres et archives des divansN 1. Ces recueils furent souvent constitués après la mort du poète, par un philologue ou un transmetteur de poésie (râwî), mais certains poètes, tels Mutanabbi, se préoccupèrent eux-mêmes de la collecte de leur œuvre et de sa mise par écrit, surtout dans le but de l'enseigner à leurs disciples et transmetteurs personnels2https://fr.wikipedia.org/wiki/Diwan_(po%C3%A9sie) 
Η γραφή ήταν πάντα, και κυρίως όταν δεν ήταν διαδεδομένη, συνδεδεμένη με την 'πνευματική ολιγαρχία', η οποία επέτρεπε τη χρήση του παρελθόντος και του μέλλοντος με την τάξη του άρχοντα:
στην υπηρεσία του άρχοντα ο γραμματέας αρχειοθετεί αυτά που θα μοιραστούν στους στρατιώτες του, αυτά που θα μείνουν ως θησαυρός του κράτους, τι θα δώσει και τι θα πάρει ο άρχοντας. 
ας πούμε δλδ ότι το ντιουάν ήταν στην αρχή ένα αρχείο, που το έγραφαν οι γραμματείς του άρχοντα, συνήθως καθιστοί.
πιστεύω πως δεν πρέπει να αναζητήσουμε αν η λέξη είναι περσική ή αραβική.
DĪVĀN, archive, register, chancery, government office; also, collected works, especially of a poet, γράφει η έγκριτη ιστοσελίδα ( http://www.iranicaonline.org/articles/divan. )
η σκέψη ότι 'οι Άραβες δεν είχαν δική τους διοίκηση και δανείστηκαν τον όρο από τους Πέρσες, όπως αναφέρει η κυρία Florence Somer Gavage είναι ίσως δεκτή, το ντιουάν τότε σήμαινε αρχείο, μετά υπηρεσία γραμματείας, μετά χώρος, (τέλος τρόπος καθίσματος, ντιβάνι, όπως περίπου ο σοφάς).
η γειτνίαση δεν είναι ένα θέμα όπως το φανταζόμαστε σήμερα, που έχουμε χωρίσει τον κόσμο έτσι όπως τον χωρίσαμε. οι ανταλλαγές ανάμεσα στους ανθρώπους ήταν πολύ περισσότερο ανεξέλεγκτες, και ίσως άγνωστες όσο πιο παλιά πηγαίνουμε στο χρόνο... οι λέξεις, τα συστήματα της γλώσσας, όπως γραμματικά τμήματα, συντακτικά, σημασιολογικά, λογοτεχνικά, μοιράζονταν, και άλλαζαν. αλλοίωση, διαφοροποίηση, είναι ζωή και ανάπτυξη, αυτές οι λέξεις στην ελληνική καλά είναι να μην έχουν καμιά αρνητική χροιά εδώ.
Dīvān is a Persian loan-word in Arabic and was borrowed also at an earlier date into Armenian. It is attested in Zoroastrian Middle Persian in the spellings dpywʾn and dywʾn.
 It has long been recognized that the word must go back to some derivative of Old Persian dipi-, (inscription, document), itself borrowed, via Elamite, from Akkadian ṭuppu and ultimately from Sumerian dub (clay tablet). 
το παραπάνω αυτό ακριβώς αναφέρει χωρίς υποσημείωση η κυρία.
Ως προς το θέμα της σχέσης μεταξύ γραφής και μαγείας ή τρέλας, ας δούμε παρακάτω το ίδιο άρθρο της ιράνικα ονλάιν:
Compare also Persian debīr (scribe), Middle-Persian dibīr, from *dipī-var-. Armenian divan, which occurs already in the translation of the Bible, could in theory represent an Arsacid Parthian *dēvān, but such a form would be most difficult to explain, as it is hardly imaginable that dipi- should have become *dē-. But the Armenian form could equally well be a later borrowing from Sasanian Middle-Persian dīvān (with -ī-), which (following Bailey) could continue an earlier Middle-Persian *diβi-vān, from the adjective *dipi-vān- (relating to documents) with contraction of -iβi- to -ī-. In this case, must one assume that the word was borrowed into Armenian after the Middle-Persian shift of post-vocalic -p- to -b/β- (i.e., not before the 3rd century) and, moreover, that the correct Middle-(and early New-)Persian form is dīvān, not *dēvān. To be sure, there is an often quoted fanciful etymology (e.g., in Aṣmaʿī, apud Jawāleqī, p. 70), according to which the Persians called the chancery dīvānbecause they considered the bureaucrats to be devils (dēvān), - a variant of this says that it was because they were crazed (dēvāna); either version seems to presuppose the pronunciation dēvān, but one need not attach much importance to this obviously facetious story. It does, however, seem that, probably as a result of this sort of popular etymology, there was a secondary pronunciation dēvān, which still survives in Tājīkī. (For the treatment of the Iranian vowels in Armenian loan-words see ARMENIA AND IRAN iv). 
το παραπάνω, γραμμένο από τον FRANçOIS DE BLOIS, ακολουθεί βιβλιογραφία.
επίσης, η λέξη που σημαίνει διοικητικό όργανο, αρχείο, κλπ, αναπτύσσεται επίσης στην ίδια ιστοσελίδα και λήμμα.
στην ουσία δλδ πρόκειται για 'συλλογή' και 'διεργασία οργάνωσης'.
ντιουάν είναι και συλλογή ποιητική, με το ίδιο ακριβώς νόημα:
The Arabic philologists of the Abbasid period (many of them of Persian origin) assembled the works of the pre-Islamic Arab poets, which had until then survived only through oral transmission, into collections which they called dīvāns, evidently by analogy to the registers or archives in which financial documents were preserved. Then the literate Arabic poets of the Abbasid period often collected their own poems in a dīvān, but in some cases their dīvāns were put together by others after their death, evidently because they had no time to do so themselves; this is the case, for example, with Motanabbī.
Στην ουσία, συλλογή, που σημαίνει και οργάνωση, έχει να κάνει με οποιαδήποτε μορφή, είτε διοικητική είτε λογοτεχνική κλπ.
η γειτνίαση των Αράβων με τους Πέρσες είχε κι από την άλλη μερικά, ακόμη πιο κοντινή, και μιαν άλλη γειτνίαση: τους Έλληνες.
ας βάλουμε λοιπόν δίπλα στη λέξη αυτή, ντεβ, ντιουάν, που ήταν στην αρχή 'αρχείο', 
τη λέξη αρχείο, και μαζί της, τα αρχαία, και την αραβική λέξη ταρίχ, που προέρχεται από τη ρίζα 'α ρ χ', με ένα χ αραβικό που συνήθως μεταγραμματίζει πάντα το ελληνικό χ. η αραβική ρίζα 'α ρ χ' παρουσιάζει ρήμα στη δεύτερη μορφή του ρήματος, και με τη λέξη 'ταρίχ', που είναι το ουσιαστικοποιημένο απαρέμφατος του ρήματος θα λέγαμε, στα αραβικά όνομα (μάσνταρ στα αραβικά, δλδ ουσιαστικοποιημένος ρηματικός τύπος, είδος ας πούμε απαρεμφάτου), 'ταρίχ' σημαίνει 'ιστορία'...
ντεβ, ντιουάν: αρχείο, συλλογή
ταρίχ, ίσως ίδια ρίζα, ελληνική λοιπόν, αρχείο: ιστορία
και
ουστούρα: δλδ μεταγραμματισμός της λέξης ιστορία: θρύλος...

τι μαγεία που έχουν οι λέξεις, και πόσο ουσιαστική είναι η γειτνίαση των ανθρώπων.
στο παραπάνω άρθρο της κυρίας, εντύπωση μου έκανε η έλλειψη της αναφοράς στην ελληνική γλώσσα, έστω και μια φορά. εντύπωση μου έκανε...

α, επίσης να πω: λείπει ο Λόρκα. ναι, ο Γκαίτε έγραψε το ανατολικό ντιβάνι, μα έγραψε και ο Λόρκα το Ντιβάν ντελ Ταμαρίτ... ίσως κι άλλοι...

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