mardi 19 février 2019

ισλαμική τέχνη.


Marie-Christine David, experte en art de l’Islam
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Pour initier notre nouvelle rubrique Portraits : les acteurs de l’histoire de l’art islamique, nous rencontrons Marie-Christine David, experte en art islamique et art de l’Inde.

APAMI : Bonjour Marie-Christine, merci d’avoir accepté cet entretien. Pouvez-vous brièvement vous présenter ?
MCD : Je suis expert en art islamique et art indien. Mon métier consiste à identifier, authentifier et estimer un objet dans le cadre de ventes aux enchères, dans les inventaires de succession en vue de partage ou de courtages. Je travaille donc beaucoup avec des commissaires-priseurs, pour les cabinets d’assurances, ou conseillers spécialisés dans mon domaine.

APAMI : C’est un domaine assez particulier, comment êtes-vous tombée dans le milieu des arts de l’Islam ?
MCD : C’est la vie ! Ce n’était pas un projet professionnel dès le départ. Plus jeune, je voulais surtout un emploi qui ne soit pas répétitif et statique. Je voulais voyager et découvrir d’autres civilisations. J’ai donc fait l’école du Louvre, j’apprenais même l’hindi aux Langues Orientales [aujourd’hui l’INALCO – ndlr]. Malheureusement je n’ai pas complété mon cursus avec des années de fac. Alors que c’est primordial pour avoir un cursus complet. L’école du Louvre vous permet de bien étudier les objets, tandis que la fac vous apporte le contexte historique et civilisationnel de l’objet et idéalement appuyée par une connaissance linguistique.

APAMI : Que regroupe cette spécialisation en art de l’Islam et de l’Inde en terme d’objets et provenance géographique ?
MCD : Ma spécialisation englobe toute sorte d’objets. Mais on retrouve le plus souvent les arts du livre, les productions céramiques, beaucoup d’armes et de bijoux, mobiliers, objet d’art, quelques fois des éléments d’architecture. C’est très varié, très diversifié.
Concernant la provenance géographique, cela englobe ce qu’on appelle la « civilisation islamique », donc de l’Espagne à l’Indonésie en passant par l’Afrique du Nord, le Proche Orient, l’Egypte, la Turquie, la péninsule arabique, l’Iran et l’Asie centrale, une partie de l’Inde influencée par l’Islam et l’Indonésie islamique jusqu’à la Chine que l’on commence à intégrer à l’Islam. C’est excessivement vaste. Enfin, le terme islamique, est un peu trop connecté à la religion. C’est comme si vous disiez l’art chrétien. Il faudrait, comme le disaient certains spécialistes regrouper les types par pays : l’art turc, l’art égyptien, l’art persan, l’art indien, d’Afrique du Nord ou art de l’Indonésie Je préfère dire l’art Oriental, qui reste neutre mais qui limite tout de même.

APAMI : En concernant les limites chronologiques ?
MCD : Cela commence du début de l’Islam jusqu’au début du XXe siècle, voire milieu du XXe siècle.

APAMI : Intégrez-vous dans votre champ disciplinaire l’art contemporain ?
MCD : L’art contemporain surtout comprenant la peinture n’a plus rien à voir avec les arts traditionnels, à mon avis. C’est un monde à part, en reprenant les valeurs plus universelles et influencées par l’occident. Je m’y suis intéressée à un moment donné mais c’est vraiment différent. Je peux m’occuper de quelques œuvres qui sont vraiment caractéristiques d’un artiste.

APAMI : Qu’en est-il de la photographie et de la peinture orientaliste ?
MCD : il s’agit également de mondes un peu différents. Il est vrai que dans les ventes publiques les peintures orientalistes et la photographie sont associés aux arts classiques de l’Orient. Pour la peinture orientaliste, c’est plus une vision d’un artiste sur une autre civilisation et relatif à la qualité de son œuvre. Quant à la photographie, c’est autre chose, il y a vraiment cet aspect de témoignage sur une civilisation à une époque donnée. Cela me plait beaucoup.

APAMI : Que pensez-vous du fait que l’art orientaliste et l’art islamique soient regroupés ensemble lors de ventes publiques ?
MCD : Effectivement, je trouve intéressant de les associer puisque la clientèle peut justement s’intéresser à l’aspect européen, comment l’artiste découvre l’Orient, comment il le perçoit… Vous avez l’exemple du Qatar qui possède un musée spécialisé dans la peinture orientaliste. Mais il est vrai que les collectionneurs que je connais ne mélangent pas les arts islamiques et l’orientalisme sauf pour les photographies qui peuvent représenter par exemple une façade de mosquée qui aujourd’hui n’existe plus. Il y a cette dimension de témoignage historique.

APAMI : Il y a-t-il une différence entre le marché de l’art islamique français et anglais ?
MCD : Oui. L’art islamique en France a été très longtemps organisé par les commissaires-priseurs sans concertation avec les confrères, chacun avec leur ventes et leurs clientèle. Mais depuis quelques temps des tentatives ont été faites pour que les ventes se fassent dans une même période. Cela en prenant modèle sur les maisons de vente anglo-saxonnes, tous les concurrents (Christie’s, Bonhams, Sotheby’s,..), depuis très longtemps organisent de grandes ventes d’art islamique deux fois par an pendant une semaine. Cela attire beaucoup de monde et développent cette spécialité Tandis qu’en France, on regroupait les lots avec d’autres spécialités sans tenir compte des périodes. Sans trop approfondir le temps de recherche. Quoique j’ai une exception actuellement ! J’ai deux pages de manuscrits historiques illustrées de peinture moghole du XVIe siècle, on attendait de moi que je les traite en un mois ! J’ai refusé en leur expliquant que ces peintures étaient beaucoup trop importantes et rares, qu’elles nécessitaient un travail beaucoup plus précis que celui faisable en un mois. Et pour la première fois après une longue carrière, le commissaire-priseur s’est rangé de mon côté ! Il faut aussi préciser qu’il n’y a que deux lots. Je doute que j’aurais obtenu un délai pour une vente complète.

APAMI : Pensez-vous qu’on peut changer le système français ?
MCD : Oui car déjà il y a une évolution entre mes débuts d’expertise et maintenant. J’ai longtemps travaillé avec la galerie Soustiel et on a plusieurs fois tenté de créer un temps fort d’art islamique en regroupant les lots d’Orient de différents commissaires-priseurs mais nous n’y sommes pas parvenus. C’était vraiment très difficile. La seule chose que nous avons réussi à faire dans les années quatre- vingt étaient de présenter les objets ensemble lors d’une exposition.. Ce fut un succès et tout le monde paraissait ravi ! Il y a eu trois ventes entre Paris et Lyon et beaucoup de monde les ont suivis. Aujourd’hui, les ventes d’art d’Orient s’effectuent à des périodes précises.

APAMI : Y-a-t-il d’autres modèles de marché de l’art islamique dans le monde ?
MCD : Les ventes les plus importantes régulières se réalisent au royaume uni et aux Etats Unis. Mais depuis une vingtaine d’année, la Turquie s’est organisée. Mais c’est toujours un mélange de différentes spécialités. Au Maroc, c’étaient surtout des ventes de peintures orientalistes de façon irrégulière.  Avec une exception en 2015, où j’ai vendu une partie du fond du musée Majorelle à Marrakech car Pierre Bergé a voulu changé l’orientation de son musée en musée d’art berbère. Dernièrement, Il y a également une société privée au Qatar qui a crée une maison de vente en présentant des peintures orientalistes et des objets essentiellement du XIXeme siècle.

APAMI : Avez-vous observé au cours de votre carrière une évolution dans le travail d’expertise ?
MCD : A l’époque où j’ai commencé à travailler quelque soit la qualité et le prix de l’objets, on devait le décrire de façon très précise et Il fallait imposer de faire des photos. Les catalogues étaient un peu confidentiel, il y avait surtout des acheteurs professionnels. Aujourd’hui, tout est encore question de rapport de résultat de vente et de frais. On doit toujours faire attention. Mais les catalogues sont devenus très attractifs par les présentations et la qualité des photos. Maintenant, beaucoup de collectionneurs, de conservateurs de musées ne passent plus par les professionnels. C’est pour ça que les catalogues se sont transformés. En Angleterre les societés de vente s’adressent à des universitaires ou des conservateurs pour décrire certains objets de qualité .Ce n’est pas encore arrivés en France, Mais déjà certains conservateurs participent aux catalogues d’exposition de galerie.Les professionnels des différentes parties s’organisent pour mieux faire connaître la civilisation islamique qui a été si longtemps méconnue dans la transmission du savoir et des apports techniques novateurs.

APAMI : Et du point de vue des collectionneurs ?
MCD : Oui la clientèle a beaucoup changé ! Dans les années 1970, des pharmaciens, des médecins, des industriels avaient le temps de s’intéresser aux objets d’Orient. Ils venaient discuter dans les magasins. Maintenant il n’y a plus non plus de petits collectionneurs qui achètent des objets témoins d’une époque même fragmentaires. Les collectionneurs sont plus attentifs à la spéculation financière.

APAMI : Quelle est selon vous la plus grande difficulté de votre métier ?
MCD : D’abord de trouver des objets intéressants et être sure de leurs authenticité… Les objets sont de plus en plus rares et de plus en plus chers. Il y a des musées ou des fondations qui se sont créées d’abord en Turquie puis dans la péninsule arabique, et dans les Emirats, Ils ont été une stimulation pour faire apparaître de beaux objets mais en contrepartie, des faux ont surgi avec des techniques très poussées. Il est devenu nécessaire de faire appel aux analyses des matériaux, et de savoir interpréter ses analyses pour authentifier ces objets.
L’autre difficulté que je peux mentionner c’est le statut d’expert en France. Au Royaume-Uni, les experts sont salariés des maisons de vente. Ils ne sont pas responsables de leur expertise et souvent, les maisons de vente reprennent les objets sans difficulté. En France, l’expert n’est pas salarié, il est responsable et doit constamment étayer ce qu’il expertise. Un acheteur peut se retourner contre l’expert français indépendamment de la maison de vente..

APAMI : Quelle est votre réaction face à toute l’actualité notamment le récent rapport sur la restitution de patrimoine ou interdiction de vente d’objets spoliés ?
MCD : C’est vrai que ça inquiète le marché de l’art. Il faut pouvoir prouver que l’objet est sorti du pays légalement et depuis longtemps ou qu’il n’a pas été spolié. Il y a tellement de preuves à fournir que ça peut dissuader les vendeurs. Je comprends également que les pays aient envie de récupérer leur patrimoine. Dans le cas par exemple d’objets qui ont été acheté au début du XXe siècle en Iran, dont on ne conserve plus la facture et qui est resté tout ce temps dans la famille d’un collectionneur, on n’a aucun moyen de justifier la légalité de l’objet si ce n’est la réputation ….Il s’ensuit une difficulté de les vendre même s’ils sont un chaînon de l’histoire de l’art. On assiste à une véritable évolution du marché qui peut donc avoir des effets néfastes.

APAMI : Que conseilleriez-vous à des jeunes personnes qui souhaitent suivre votre exemple de carrière ?

MCD : 
Il faut être passionné ! C’est un métier qui demande beaucoup de travail et d’énergie. Il faut être éveillé à tout ce qui se passe (expositions, publications, ventes publiques, galeries). Il faut voyager aussi ! Beaucoup de gens veulent faire ce métier mais ceux qui réussissent sont ceux qui se sont vraiment accrochés. Il faut se spécialiser sur un domaine précis en gardant aussi des bonnes généralités. Enfin, il faut absolument connaître les langues anciennes des pays que vous expertisez. Lire l’arabe, l’ottoman ou le persan.

Propos recueillis par Sarah Lakhal et Auriane Beurdeley.


lundi 18 février 2019

μια γαλλική ματιά στα σύγχρονα στρατιωτικά και ιστορικά (κ.ά) θέματα...

Des guerres israélo-arabes au conflit israélo-palestinien

   (Profil auteur)
Mai-juin 2018
Après plus de soixante ans de conflits, les guerres israélo-arabes se sont transformées en conflit entre Israël et Palestine. Retour sur un affrontement qui pèse fortement sur l’équilibre au Moyen-Orient, mais aussi sur le système international contemporain.
Dès la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël par David Ben Gourion, le 14 mai 1948, ses voisins arabes, profitant du départ des dernières troupes d’occupation britanniques, se lancent à l’assaut d’Israël. L’Égypte, la Transjordanie, l’Irak, la Syrie et le Liban refusent en effet de reconnaître le plan de partage des Nations unies (29 novembre 1947) qui divise la Palestine mandataire en un État juif, un État arabe et une enclave internationale (les lieux saints à Jérusalem). Ils entendent faire prévaloir les droits de la population arabe installée sur place, rejeter la greffe d’une entité exogène à leur culture, mais aussi accroître leur propre sphère d’influence dans une région encore largement dominée par les Britanniques. Les responsables arabes reprochent au gouvernement britannique d’avoir promis la Palestine aux Juifs (déclaration Balfour du 2 novembre 1917), mais aussi à la dynastie hachémite qui a aidé Londres à chasser l’Empire ottoman de la région à la fin de la Première Guerre mondiale.

Succès de Tsahal

L’armée israélienne (Tsahal), créée dans la clandestinité sous le nom d’Haganah, cède initialement du terrain. Mais elle parvient à contenir la poussée arabe. Plusieurs facteurs expliquent la solidité de Tsahal. Elle bénéficie de fonds versés par les communautés juives américaines et de livraisons d’armes par les pays communistes – les dirigeants sionistes prônant alors une idéologie communautariste illustrée par les fameux kibboutz. Elle s’appuie également sur l’action de ses troupes de choc (le Palmah) et les raids de terreur perpétrés par des mouvements terroristes tels que l’Irgoun. Ces raids, combinés aux déclarations des dirigeants arabes appelant la population palestinienne à quitter Israël, le temps de laisser les armées arabes s’en emparer, constituent le point de départ de ce que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe). Israël ne laissera plus rentrer par la suite ces Palestiniens exilés qui vivent depuis dans des camps de réfugiés, principalement en Jordanie et au Liban.
Après vingt mois de combats intermittents et meurtriers qui font 5 700 morts du côté israélien et le double dans les rangs arabes, Israël s’empare d’une partie du territoire attribué aux Palestiniens par le plan de partage des Nations unies. Cette nouvelle ligne de cessez-le-feu, issue des armistices de 1949, devient la fameuse « Ligne verte » qui sert depuis de frontière entre Israël et ses voisins arabes. Pendant quelques années, le statu quo est respecté, d’autant plus facilement que les Occidentaux et les Soviétiques s’entendent pour ne pas exporter leur rivalité au Moyen-Orient. Seule la France aide massivement Israël pour tenter d’affaiblir le camp arabe qui soutient les indépendantistes algériens, et pour se faire pardonner son attitude à l’égard de la communauté juive lors du drame de la Shoah.

La guerre froide au Moyen-Orient

L’équilibre est rompu en 1956, lorsque Gamal Abdel Nasser décide de nationaliser le canal de Suez et de se tourner vers l’Union soviétique pour équiper son armée, les Occidentaux ayant refusé de financer la construction du barrage d’Assouan. Le président égyptien précipite par là même la région dans la guerre froide. Pendant trente-cinq ans, le Moyen-Orient devient une case majeure sur l’échiquier mondial, où Soviétiques et Occidentaux s’affrontent par alliés interposés.
Du 29 octobre au 7 novembre 1956, Israël s’entend avec la France et le Royaume-Uni pour lancer une offensive militaire concertée en direction du canal de Suez. Français et Britanniques espèrent récupérer le contrôle du canal et provoquer la chute de Nasser, tandis que les Israéliens cherchent à s’emparer de la péninsule du Sinaï, qui constitue pour eux un bouclier naturel face à l’armée égyptienne. L’offensive militaire tripartite atteint tous ses objectifs, mais Paris, Londres et Tel-Aviv sont contraints de se retirer quand l’URSS menace d’intervenir militairement. Les troupes israéliennes sont remplacées par des observateurs des Nations unies et la péninsule du Sinaï est démilitarisée. Les Israéliens n’ont pas tout perdu, puisqu’ils voient la menace égyptienne s’éloigner. Les États-Unis laissent faire, estimant que le moment n’est pas opportun pour un conflit majeur avec l’Union soviétique. Ils en profitent pour imposer leur influence dans la région, afin de contrer plus efficacement celle des Soviétiques qui, solidement installés en Égypte, prennent pied progressivement en Syrie, en Irak, au Yémen, en Algérie, puis en Libye.
De son côté, la France aide le gouvernement israélien à mettre au point sa propre bombe atomique dans l’usine de Dimona construite dans le désert du Néguev, non loin de la frontière égyptienne. C’est justement ce programme nucléaire clandestin, combiné à la recrudescence de la guérilla palestinienne et au détournement du cours du fleuve Jourdain (qui sert de frontière naturelle entre Israël d’un côté, la Jordanie et la Syrie de l’autre) qui est à l’origine d’un regain de tension, dès le milieu des années 1960, entre Israël et ses voisins arabes. Les invectives fusent de part et d’autre et les accrochages se multiplient jusqu’au printemps 1967, lorsque le président Nasser obtient de l’ONU le départ des casques bleus du Sinaï, et déploie son armée, à grand renfort de publicité, à la frontière israélienne. L’annonce du blocus du détroit de Tiran, qui contrôle l’unique accès maritime d’Israël à la mer Rouge, puis la constitution d’un front commun entre l’Égypte et la Jordanie, sont interprétées comme un casus belli par Israël.

La guerre des Six Jours

Le 5 juin 1967, l’armée israélienne attaque par surprise les armées égyptiennes et jordaniennes, puis irakiennes et syriennes. Ses chasseurs détruisent au sol les aviations arabes et appuient la progression des chars israéliens. Les stratèges israéliens, Moshé Dayan et Yitzhak Rabin en tête, appliquent les leçons de la guerre éclair telle que l’ont pratiquée les généraux allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
En six jours, les Israéliens écrasent les armées arabes et s’emparent de la bande de Gaza, de la péninsule du Sinaï, de la Cisjordanie et du plateau du Golan. Leur victoire éclatante redessine la carte géopolitique du Moyen-Orient et donne naissance au mythe de l’armée israélienne invincible. Cette victoire, interprétée comme un signe divin par la frange ultranationaliste et ultrareligieuse de la société israélienne, donne également naissance à un puissant mouvement de colonisation qui va peser de plus en plus fortement sur la scène politique intérieure israélienne.
Par réaction, la mouvance palestinienne se radicalise autour de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et se lance dans la lutte armée contre l’occupation israélienne, soutenue par les États arabes qui s’engagent à Khartoum, en novembre 1967, à continuer la lutte contre Israël. De leur côté, les militaires israéliens construisent une ligne de défense (Bar-Lev) le long du canal de Suez pour garantir leur présence militaire dans la péninsule du Sinaï. Pendant presque trois ans, Égyptiens et Israéliens s’affrontent régulièrement dans ce secteur en une guerre d’usure qui se termine, au mois d’août 1970, par un statu quo parrainé par Moscou et Washington (les États-Unis ayant remplacé la France comme protecteur d’Israël). Les deux grandes puissances se sont en effet entendues pour geler le conflit israélo-arabe, afin de ne pas mettre en danger leur politique de détente. C’est sans compter avec la détermination du nouveau président égyptien Anouar al-Sadate, bien déterminé à récupérer le Sinaï, négocier une paix durable avec Israël et obtenir une aide massive des Américains. Mais pour se présenter la tête haute à la table des négociations, il doit d’abord se targuer d’un succès militaire.

La guerre du Kippour

Le 6 octobre 1973, le jour de Kippour (jour le plus sacré du calendrier juif où tout est arrêté, y compris les activités militaires), et alors que les musulmans fêtent le ramadan, l’armée égyptienne attaque par surprise l’armée israélienne déployée le long du canal de Suez et la met en déroute. Trop sûre d’elle-même, celle-ci se heurte à une pluie de missiles qui déciment ses chars et ses avions. Parallèlement, l’armée syrienne de Hafez al-Assad bouscule les chars israéliens déployés sur le plateau du Golan. Il faut une semaine à l’armée israélienne pour se ressaisir et reprendre une partie du terrain perdu. La semaine suivante, elle pénètre en Syrie et progresse en direction de Damas. Ce n’est que la troisième semaine que les chars et les parachutistes du général israélien Ariel Sharon traversent le canal de Suez et encerclent une partie de l’armée égyptienne, sans parvenir toutefois à chasser les divisions égyptiennes solidement retranchées le long des deux rives du canal.

Paix séparées

Le 25 octobre 1973, Washington et Moscou imposent de nouveau un cessez-le-feu, en menaçant les belligérants d’intervenir directement. Les Israéliens peuvent s’enorgueillir d’une victoire militaire, mais qui leur a coûté très cher (3 000 morts). Les Arabes revendiquent un succès politique et font preuve de leur unité en décrétant un embargo à l’origine du premier choc pétrolier. Anouar al-Sadate a gagné son pari et peut mettre à exécution la deuxième phase de son plan. Il rompt avec Moscou, se rapproche de Washington et se rend à Jérusalem pour proposer un plan de paix avec Israël, qui est signé le 26 mars 1979 à Camp David, aux États-Unis.
Quinze ans plus tard, c’est le roi Hussein de Jordanie qui signe à son tour un traité de paix avec Israël (26 octobre 1994). L’Irak, sous embargo, ne représente plus une menace militaire depuis que son armée s’est fait écraser par une coalition mandatée par les Nations unies, à la suite de l’invasion du Koweït par Saddam Hussein (août 1990-février 1991). Quant à la Syrie, très isolée, ses dirigeants respectent les lignes rouges définies tacitement avec Israël depuis la fin des années 1970. Depuis le début des années 1990, Israël ne craint plus d’offensives militaires de la part de ses voisins, même si le vent de révoltes qui traverse le monde arabe, à partir de 2011, fait craindre aux Israéliens une résurgence de la menace conventionnelle.
En 2018, alors qu’une nouvelle guerre froide oppose au Moyen-Orient Israël et l’Arabie saoudite à l’Iran, certaines monarchies du Golfe paraissent tentées de normaliser leurs relations avec Jérusalem pour renforcer leur alliance tacite contre Téhéran. D’autant qu’une autre monarchie arabe, le Maroc, entretient déjà des relations cordiales, bien qu’informelles, avec Israël, jouant à plusieurs reprises les bons offices entre dirigeants arabes et israéliens.
Compte tenu de la volte-face du président Donald Trump qui a unilatéralement reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, à l’encontre des résolutions des Nations unies, l’Arabie saoudite s’est vue contrainte de conditionner la reconnaissance formelle d’Israël à l’acceptation par ce dernier d’un accord juste et durable avec les Palestiniens. À Tel-Aviv comme à Jérusalem, cette proposition fait débat entre ceux qui soulignent son intérêt compte tenu de l’influence régionale de l’Arabie saoudite, et ceux qui craignent qu’une telle alliance se révèle en définitive très volatile vu la fragilité de la monarchie saoudienne tiraillée par des forces contraires et affaiblie par la chute durable du prix des hydrocarbures.

L'ambassade américaine entre Tel-Aviv et Jérusalem

Le plan de partage initial de l’ONU prévoyait le statut d’internationalisation des lieux saints, dont fait partie la vieille ville de Jérusalem qui regroupe les ruines du Temple de David (Mur des Lamentations), le Saint Sépulcre chrétien et le Dôme du Rocher musulman. De fait, toutes les ambassades étrangères se trouvent à Tel-Aviv depuis 1948. Les guerres israélo-arabes successives ont créé de nouvelles réalités sur le terrain et enterré ce vœu pieux. La Résolution 242 du Conseil de sécurité adoptée après la guerre des Six Jours reconnaît le partage en deux de Jérusalem comme capitale de deux États, israélien (Jérusalem Ouest) et palestinien (Jérusalem Est). Depuis, ce principe a été réaffirmé par de nombreuses résolutions de l’ONU. Mais en 1995, pour des raisons de politique intérieure, le Congrès américain adopte une « Loi sur l’ambassade US à Jérusalem » prévoyant le retour de son ambassade dans la Ville Sainte. Tous les présidents successifs ont depuis refusé d’appliquer ce texte, jusqu’à ce que Donald Trump adopte la position contraire le 6 décembre 2017, sans doute pour tenir une de ses promesses de campagne et ménager la communauté juive américaine, tout en reconnaissant que ce transfert ne présumait pas du statut définitif de Jérusalem.
La guerre civile syrienne a également brouillé les cartes, provoquant l’intervention directe de l’Iran, de la Russie, de la Turquie et des États-Unis en Syrie. À bien des égards, le conflit israélo-arabe s’est transformé en un affrontement israélo-iranien et un grand jeu régional impliquant Arabes, Israéliens, Turcs, Iraniens, Kurdes et Occidentaux, sous l’œil intéressé des Chinois. Les Palestiniens font figure de grands perdants de cette recomposition géopolitique.

Un conflit israélo-palestinien sans fin ?

Depuis la première Intifada (« la guerre des pierres en arabe »/1988-1993), le conflit israélo-arabe s’est largement transformé en un conflit israélo-palestinien, comme en témoignent la seconde Intifada (2000-2005), puis les opérations à répétition de Tsahal visant le Hamas et le Djihad islamique retranchés à Gaza : « Plomb durci » (hiver 2008-2009), « Pilier de défense » en novembre 2012 et « Barrière protectrice » pendant l’été 2014. Depuis la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, les autorités israéliennes s’attendent à devoir faire face un jour ou l’autre à une troisième Intifada et à un regain de terrorisme.
Depuis vingt-cinq ans, les négociations israélo-palestiniennes conduites dans le cadre d’une solution à deux États achoppent toujours sur les mêmes questions : le tracé de la frontière (qui implique des échanges de territoire), l’évacuation des colonies israéliennes de Cisjordanie, le statut de Jérusalem, le retour des réfugiés, la liaison territoriale Gaza-Cisjordanie, le partage de l’eau et les accords de sécurité entre l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien. L’impression générale qui prévaut aujourd’hui reste celle d’une procrastination sciemment acceptée de part et d’autre, tant le statu quo paraît confortable aux dirigeants israéliens et palestiniens. Les divisions inter-palestiniennes entre Fatah et OLP d’un côté, Hamas de l’autre, ne favorisent pas la reprise des négociations gelées depuis le retour au pouvoir de Benjamin Netanyahou. Dans chaque camp, on constate l’absence de dirigeants suffisamment visionnaires, courageux et charismatiques pour endosser les difficiles concessions qu’un accord de paix définitive engendrerait.
Dès lors, quelles autres solutions pourraient être envisageables ? La première vise la création d’une fédération jordano-palestinienne, le roi de Jordanie restant le gardien de la Mosquée Al-Aqsa. Il s’agit d’un vieux serpent de mer imaginé par la diplomatie américaine dans les années 1970, qui refait surface de temps à autre, mais qui impliquerait des transferts massifs de population et le risque de chute, à terme, de la monarchie hachémite (les Palestiniens se retrouvant ultra-majoritaires au sein de cette nouvelle entité) pourtant meilleure alliée d’Israël dans la région.
Reste la solution d’un État unique binational, mais elle dépend des équilibres démographiques entre Juifs d’un côté, Arabes israéliens (qui acceptent la citoyenneté israélienne et ont un passeport israélien) et Palestiniens d’un autre. Car tous les indicateurs montrent que ces derniers sont désormais majoritaires et que l’écart continuera à se creuser en leur faveur dans les années qui viennent. En cas d’État unique qui se prétend démocratique, comment la minorité juive justifiera-t-elle le maintien de sa domination sans partage sur la majorité arabe et palestinienne ? Certains responsables palestiniens, conscients de ce déséquilibre, appellent à ranger les armes blanches et les cocktails Molotov pour investir les maternités, acceptant tactiquement de perdre à brève échéance pour mieux gagner sur le long terme.
EN BREF
  • Israël déclare son indépendance le 14 mai 1948. Les pays arabes voisins entrent immédiatement en guerre avec le nouvel État juif.
  • Trois autres guerres s’ensuivent dans un contexte de guerre froide (conflit autour du canal de Suez en 1956, guerre des Six Jours en 1967, guerre du Kippour en 1973). Elles prennent fin avec la signature des traités de pays entre Israël et l’Égypte puis la Jordanie, et par un accord tacite noué avec la Syrie. À partir des années 1990, la perspective d’une guerre avec les pays arabes semble disparaître.
  • Le conflit israélo-arabe laisse désormais place à un affrontement israélo-palestinien (première Intifada en 1988-1993). Les négociations entre Israéliens et Palestiniens achoppent depuis vingt-cinq ans sur les mêmes questions, notamment le retour des réfugiés, l’évacuation des colonies israéliennes de Cisjordanie et le statut de Jérusalem.

Israël et les territoires palestiniens

En 1995, les accords d’Oslo II organisaient les territoires palestiniens selon 3 statuts : contrôle palestinien (zone A), contrôle civil palestinien et contrôle militaire israélo-palestinien (zone B), contrôle israélien (zone C). Cette organisation transitoire devait ouvrir la voie à la création d’un État palestinien souverain. Cette carte est issue de l’Atlas du Moyen-Orient, dirigé par Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud, publié aux éditions Autrement.
POUR ALLER PLUS LOIN...
  • Dix thèses sur la guerre Elie Barnavie, Flammarion, 2014.
  • Le Proche-Orient éclaté : 1956-2010 Georges Corm, Gallimard, 2010.
  • Le conflit israélo-arabe : 25 questions décisives Alain Dieckhoff, Armand Colin, 2011.
  • Une terre pour deux peuples Ilan Pappe, Fayard, 2004.
  • La Question de Palestine Henry Laurens, 2 tomes, Fayard, 1999 et 2002.
  • La Guerre des Six Jours, du mythe à la réalité et La guerre du Kippour d’octobre 1973 Pierre Razoux, Economica, 2006 & 2011.

Pierre Razoux

Directeur de recherche à l’Institut de recherches stratégiques de l’École militaire (IRSEM, Paris). Auteur notamment de Tsahal. Nouvelle histoire de l’armée israélienne, Perrin, 2008 et de La Guerre Iran-Irak, Perrin, 2017

για την Αλγερία, ένα νέο βιβλίο

L'Algérie de Tocqueville

L’Algérie de Tocqueville. Chronique d’une colonisation ratée, Amine Boukerche, Apogée, 2018, 250 p., 17 €.

Mars 2019
En juin 1830, l’Algérie est prise par les troupes de Charles X. Deux mois plus tard, c’est la Monarchie de juillet : que va faire Louis-Philippe de l’Algérie ? Se retirer, comme certains l’exigent à l’Assemblée ? Ne coloniser que la côte, comme d’autres proposent ? Se lancer à la conquête d’un territoire dont on ignore l’étendue, avec un voisin marocain hostile ? Les partisans de cette dernière voie l’emportent en 1840, avec la nomination des généraux Bugeaud et Lamoricière. Alexis de Tocqueville, lui, a passé deux ans en Amérique, voyagé en Angleterre et en Irlande, et publié De la démocratie en Amérique en 1835. Il est en Suisse, et a écrit déjà pour la presse deux « Lettres sur l’Algérie » (1837), avant de s’y rendre en 1840, alors que plus de 30 000 colons y sont installés. En 1847, il y retourne mandaté par une commission parlementaire. Tzvetan Todorov (1988), Olivier Le Cour Grandmaison (2001) et Seloua Luste Boulbina (2003) ont pu montrer un personnage qui en cette occasion semble loin des principes démocratiques qu’on lui prête : un Tocqueville justifiant la suspension des libertés politiques, légitimant les massacres, la destruction des récoltes et le vol de bétail, car tout est bon pour anéantir Abd el-Kader et asseoir la domination française. Il approuve aussi l’installation de colons sur des terres expropriées.
Amine Boukerche prend le contre-pied de ce portrait sombre et montre un Tocqueville plaidant pour un blocus commercial en lieu et place d’une violence « indigne d’une nation civilisée ». Il pense aussi l’après-conquête, soucieux d’éviter aux indigènes d’Algérie le sort des Indiens d’Amérique et prédit l’éventualité d’une guerre entre colonisateurs et colonisés si le vainqueur fait mauvais usage de sa domination. Dans ce jeu de citations contre citations, A. Boukerche situe et explicite, point par point les propos de Tocqueville sur la terre, les tribus et l’islam… Mais l’histoire penche toujours du mauvais côté et on sait ce qu’il en fut : les officiers et généraux firent de brillantes carrières et cent trente ans plus tard, l’affaire se terminera fort mal. Ce livre est aussi un bon résumé de l’histoire de la conquête de l’Algérie et de la situation qui précédait. 

dimanche 17 février 2019

EURAMES Info Service 07/2019



CONFERENCES

1.     Symposium on "Canada and Palestine", University of Ottawa, 22 February 2019

2.     Conference on "Culture at Risk: Yemen's Heritage under Threat", Freer Gallery of Art, Smithsonian Institution, Washington D.C., 23 February 2019

3.     Conference on "The Egyptian Revolution of 1919: The Birth of the Modern Nation", SOAS, London, 27-28 March 2019

4.     6th International Conference of the International Iranian Economic Association, University of Naples “L’Orientale”, 16-17 May 2019

5.     5th China and The Middle East and North Africa Conference, Shanghai University, 17-18 May 2019

6.     Workshop on “Canada & Saudi Arabia: Legal Frameworks and Policy Options”, University of Windsor, Canada, 30 May 2019

7.     PhD Conference on "Sacred Locations - Spaces and Bodies in Religion", Central European University & University of Szeged, Szeged, 13-15 June 2019

8.     2019 Exeter Gulf Conference: "Zones of Theory in the Study of Yemen", University of Exeter, 1-2 July 2019

9.     International Conference on "World Literatures and the Global South", University of Sydney, 13-25 August 2019

10.  26th International Congress of the German Middle East Studies Association (DAVO) Combined with the Section of Islamic Studies of the DMG: "History, Politics and Culture in Middle East and North Africa", University of Hamburg, 3-5 October 2019

11.  Panel on "Central Eurasian Islam as Discursive Tradition?" during the Conference of the Central Eurasian Studies Society, Washington D.C., 10-13 October 2019

12.  2nd Global Conference on “Freedom of Speech: An Inclusive Interdisciplinary Conference”, Progressive Connexions Network, Vienna, 12-13 October 2019

13.  Seminar on "Women and Development in the Global South", School for Advanced Research


POSITIONS

14.  Two PhD Candidates for Research on Migration in Morocco, University of Leiden

15.  Senior Research Fellowship at the Oxford Centre for Islamic Studies, University of Oxford

16.  Two Research Fellowships at the Oxford Centre for Islamic Studies, University of Oxford

17.  Assistant or Associate Professor at the Department of History, American University Cairo

18.  Post-doctoral Fellowship on the History of Gender Studies, Tel Aviv University

19.  Assistant Professor in Iranian and Persian Gulf Studies, Oklahoma State University


OTHER INFORMATION

20.  Middle East Mediterranean Summer Summit, Lugano, 15-25 August 2019

21.  Summer Arabic Programs at the American University Beirut, 19 June-7 August 2019

22.  Summer Courses on "General Islamic Studies" (16 June-12 July 2019) and "Islamic Law" (14 July-8 August 2019), American University Cairo

23.  Summer Courses in Modern Standard Arabic, Al Akhawayn University, Ifrane, Morocco

24.  Workshops on "Women and Politics: MENA Experiences", June 2019 in Abu Dhabi / October 2019 in Rabat

25.  Articles on Islamic Studies and Social Sciences for Special Issue of "Al-Manhaj: A Journal of Multidisciplinary Research"

26.  Articles on " Muslims under Suspicion - Interdisciplinary Insights into Policies of Preventing so-called Islamist Extremism in Europe" for Special Issue of "Islamophobia Studies Yearbook"

27.  Articles for "Eurasian Research Journal" Focusing on Turkic-speaking Countries

28.  Articles for the First Issue of "Diyâr. Journal of Ottoman, Turkish and Middle Eastern Studies"

29.  Call for Membership in the Arab-German Young Academy of Sciences and Humanities (AGYA)


If you want to distribute an announcement via DAVO-Info-Service (about 1300 recipients) and EURAMES Info Service (more than 6000 recipients, only English and French announcements), please apply the usual format of the text with no more than 50 words and no attachment. Please send only the most important information to davo@geo.uni-mainz.de and refer to further details with a link to the respective website or an email address.

Best regards,

Guenter Meyer
Centre for Research on the Arab World (CERAW), University of Mainz, in cooperation with the University of Sharjah (UAE)

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CONFERENCES

1.    Symposium "Canada and Palestine", University of Ottawa, 22 February 2019

Participants will discuss original research exploring topics such as the relationship of the Conservative and Liberal parties with Palestinians, refugee and mobility restrictions, Canadian policy towards the Palestinians and international law, perceptions of the Palestinians and relationships of power. Etc.

Contact: Jeremy Wildeman (jeremy.wildeman@gmail.com)

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2.    Conference on "Culture at Risk: Yemen's Heritage under Threat", Freer Gallery of Art, Smithsonian Institution, Washington D.C., 23 February 2019

Yemen’s millennia of rich cultural heritage is being threatened, damaged, or destroyed due to ongoing conflict in the region. Three panels of experts examine consequences for cultural heritage and collective memory, highlight the Yemeni response, and consider the international community’s responsibility in this crisis.


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3.    Conference on "The Egyptian Revolution of 1919: The Birth of the Modern Nation", SOAS, University of London, 27-28 March 2019

The conference will include presentations on the causes and events of the revolution and on themes which may include: Egypt in the wider context of post Ottoman political development in the Arab World; the role of women in the Independence Movement; the impact on Egyptian Society and minorities and on the Sudan.


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4.    6th International Conference of the International Iranian Economic Association, University of Naples “L’Orientale”, 16-17 May 2019

The purpose of this conference is to showcase the best current research on Iran’s economy and to generate information and encouragement for future high-quality research in this area.


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5.    5th China and The Middle East and North Africa Conference, Shanghai University, 17-18 May 2019

The Shanghai University calls for abstracts of contributions on the following topics: Political Economy of the Middle East, nationalism and nation-state, political parties, environmental issues, social movements, religion and rolitics, gender issues in the Middle East, Israeli-Palestinian Conflict, modern Middle East and modern China, China’s foreign policy toward the Middle East, trade, energy. Etc.

Deadline for abstracts: 15 April 2019. Information: http://igs.shu.edu.cn/info/1011/1553.htm

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6.    Workshop on “Canada & Saudi Arabia: Legal Frameworks and Policy Options”, University of Windsor, Canada, 30 May 2019

This workshop aims to: lay the foundations for more research and policy debates about Canada’s relationship with Saudi Arabia; create an academic and policy network to explore the parameters and significance of Canada’s multi-faceted relationship with Saudi Arabia; and, produce an edited collection of high-quality scholarly papers to help inform public and private action.

Deadline for abstracts: 25 February 2019.
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7.    PhD Conference on "Sacred Locations - Spaces and Bodies in Religion", Central European University & University of Szeged, 13-15 June 2019

The conference invites contributions on the conceptualization, interpretation, management or instrumentalization of religion with regard to space, geographical or personal. Applications from PhD students and advanced Master's students from all fields of humanities and social sciences are welcomed.

Deadline for abstracts: 1 March 2019.

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8.    2019 Exeter Gulf Conference on "Zones of Theory in the Study of Yemen", University of Exeter, 1-2 July 2019

Once a metonym for tribalism, Yemen is now a privileged zone of theorizing for security and strategy studies. This conference invites participants to reflect on what is overlooked by thinking of Yemen solely in terms of insecurity and to consider how we can re-engage the scholarly diversity of Yemen studies in times of war and revolution.

Deadline for proposals: 31 March 2019. Information: https://bit.ly/2E63j3S

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9.    International Conference on "World Literatures and the Global South", University of Sydney, 13-25 August 2019

This conference will focus on the 'Global South', and on the transnational and postcolonial perspectives and bring together writers and academics, giving equal billing to streams in English, Chinese, Arabic, French, Indonesian/Malay and Spanish.

Deadline for abstracts extended to 15 March 2019.

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10. 26th International Congress of the German Middle East Studies Association (DAVO), combined with the Section of Islamic Studies of the DMG: "History, Politics and Culture in Middle East and North Africa", University of Hamburg, 3-5 October 2019
The organizers of the Congress call upon scholars of all relevant disciplines, who are engaged in research on the contemporary Middle East and its relations to other regions. The conference’s understanding of the Middle East comprises all countries of the Middle East, North Africa and the entire Islamic World.
Deadline for abstracts: 31 May 2019. Contact for submissions: Amke Dietert (amke.dietert@ googlemail.com). Information: https://www.aai.uni-hamburg.de/en/voror/veranstaltungen/2019-davokongress.html

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11. Panel on "Central Eurasian Islam as Discursive Tradition?" during Conference of the Central Eurasian Studies Society, Washington D.C., 10-13 October 2019

How does the concept of discursive tradition relate to dominant theorizations of post-Soviet Islam? In what ways can the concept contribute to our understanding of the legacy of Soviet secularism and the ongoing revival of normative conceptions of Islamic piety in the region? Etc.

Deadline for abstracts: 1 March 2019.

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12. 2nd Global Conference on “Freedom of Speech: An Inclusive Interdisciplinary Conference”, Progressive Connexions Network, Vienna, 12-13 October 2019

How free is speech in today’s world – restrictions on free speech across countries, regions and between regimes and forms of government.  Where and how is the news media under attack, and what are the implications of these attacks for the media’s freedom? How do these attacks threaten political diversity, stifle political debate, and undermine democratic systems of governance?

Deadline for abstracts: 12 April 2019.

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13. Seminar on "Women and Development in the Global South", School for Advanced Research

Proposals are invited for an Advanced Seminar that focuses on the circumstances of women in the developing world and offers paths to concrete strategies for improving their health, prosperity, and general well-being. Proposals may address global problems or focus on specific regional questions.

Deadline for abstracts: 30 April 2019. Information: https://sarweb.org/seminars/campbell-seminar/

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POSITIONS

14. Two PhD Candidates for Research on Migration in Morocco, University of Leiden

For two projects related to the field “Migration and the Family in Morocco.” Requirements: master’s degree in law and/or social sciences or humanities; demonstrated interest in migration and the Middle East and North Africa region; good command of Arabic and/or French is desirable.

Deadline for applications: 18 March 2019.

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15. Senior Research Fellowship at the Oxford Centre for Islamic Studies, University of Oxford

The successful candidate will be engaged in research and publication in any area of the arts, humanities or social sciences which contributes to a more informed understanding of the Islamic world - its history, economics, politics, culture, civilisation and contemporary life. The fellowship is for a three year renewable period, and may be extended.

Deadline for applications: 15 April 2019.

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16. Two Research Fellowships at the Oxford Centre for Islamic Studies, University of Oxford

The fellowships are tenable from October 2019 for a three-year period. The successful candidates will be engaged in research and publication in any area of the arts, humanities or social sciences which contributes to a more informed understanding of the Islamic world – its history, economics, politics, culture, civilisation and contemporary life.

Deadline for applications: 15 April 2019.

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17. Assistant or Associate Professor at the Department of History, American University in Cairo

This is a five-year position, beginning fall 2019. All specializations and areas of study are welcome. The successful candidate must have a PhD in hand by the start of the appointment. The department is eager to review the applications of individuals with a strong research program, and demonstrated commitment to teaching.

Deadline for application: 15 March 2019.

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18. Post-doctoral Fellowship on the History of Gender Studies, Tel Aviv University

Preference will be given to candidates whose research focuses on the history of gender studies. Candidates must have received their PhD from an accredited institution of higher learning, no earlier than 1 October 2014 and no later than 1 October 2019.

Deadline for applications: 28 February 2019.

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19. Assistant Professor in Iranian and Persian Gulf Studies, Oklahoma State University

Requirements of the position include: a Ph.D. at the time of appointment; a record of university-level teaching experience, evidence of an active research agenda, demonstrated leadership skills, and successful professional activities.

Deadline for applications extended: 28 February 2019
Contact: Dr. Marten Brienen (marten.brienen@okstate.edu)

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OTHER INFORMATION

20. Middle East Mediterranean Summer Summit, Lugano, Switzerland, 15-25 August 2019

The Summit offers a platform for young leaders and change-makers aged between 25 and 35 to lay out a vision for their common future. Coming from public and private institutions, non-profit organisations, social enterprises, media, art and culture, they evaluate, innovate and develop novel approaches to tackle persisting problems

Deadline for applications: 31 March 2019. Information: https://www.mem-summersummit.ch/

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21. Summer Arabic Programs at the American University in Beirut, 19 June - 7 August 2019

The CAMES Arabic summer programs give students at all levels the opportunity to engage with the language and culture both inside and outside the classroom.

Deadline for applications: 29 March 2019.

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22. Summer Courses on "General Islamic Studies" (16 June -12 July 2019) and "Islamic Law" (14 July - 8 August 2019), American University in Cairo

Topics covered in "General Islamic Studies": Hadith, Islamic Law, Sufism. Topics in "Islamic Law": Early Islamic Law, Case Law, Criminal Law and Colonialism, Islamic Law in the Modern Period.

Deadline for applications: 1 April 2019. Information: https://www.cairosummerinstitute.com/

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23. Summer Courses in Modern Standard Arabic, Al Akhawayn University, Ifrane, Morocco

Two semesters in eight weeks: 30 May-28 June 2019 (Session 1), 2-26 July 2019 (Session 2). Scholarships available.

Application deadline: 24 May 2019. Information: http://www.aui.ma/aranas/
Contact arabic@aui.ma

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24. Workshops on "Women and Politics: MENA Experiences", June 2019 in Abu Dhabi,  October 2019 in Rabat

Call for Applications for early-career scholars who would like to participate in workshops on the following themes: women's representation in legislatures, local government, the executive, and the judiciary as related to factors such as such gender quotas, decentralization, and institutional change. The organizers will cover participation costs for up to 20 qualified applicants.

Deadline for applications: 15 March 2019.

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25. Articles on Islamic Studies and Social Sciences for Special Issue of "Al-Manhaj: A Journal of Multidisciplinary Research"

Al-Manhaj focuses on publishing theoretical, empirical as well as review articles and perspective, commentary and opinion articles.

Deadline for abstracts: 30 April 2019. Contact: crp@ium.edu.mv

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26. Articles on "Muslims under Suspicion - Interdisciplinary Insights into Policies of Preventing so-called Islamist Extremism in Europe" for Special Issue of "Islamophobia Studies Yearbook"

The wide range of preventive measures against so-called Islamist extremism can be understood as an ensemble of different practices including inter-religious dialogue and education as well as surveillance of suspected groups and the persecution of persons deemed to be dangerous. How far contribute such preventive measures to the manifestation of inequalities in fields such as education, law, labour, security etc.

Deadline for abstracts: 15 March 2019.
Contact: Sindyan Qasem (sindyan.qasem@posteo.de)

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27. Articles for "Eurasian Research Journal (ERJ)" Focusing on Turkic-Speaking Countries

ERJ concentrates on contemporary research related to economics, finance, energy, transportation, international relations and other interdisciplinary social sciences in the Eurasian region that covers the territory from the Balkans to Mongolia with particular focus on Turkic-speaking countries.


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28. Articles for the First Issue of "Diyâr. Journal of Ottoman, Turkish and Middle Eastern Studies"

Unpublished contributions from the Humanities, Cultural Studies and Social Sciences with a geographical focus on Turkey, the Ottoman Empire and its successor states, Iran, Central Asia and the Caucasus are invited in German, English and French.

Deadline for applications extended: 15 April 2019.
Contact: Tabea Becker-Bertau (diyar@ergon-verlag.de)

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29. Call for Membership in the Arab-German Young Academy of Sciences and Humanities (AGYA)

AGYA promotes research cooperation among outstanding early-career researchers from all disciplines who are affiliated with a research institution in Germany or any Arab country. The academy supports innovative interdisciplinary projects by its members in various fields of research, science policy and education.

Deadline for Application: 24 March 2019. Information: http://agya.info/cfm2019/

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