mardi 3 mai 2016

LA REVUE MOYEN-ORIENT SUR « LA RUSSIE AU MOYEN-ORIENT »

COMPTE RENDU DE LA REVUE MOYEN-ORIENT, DOSSIER « LA RUSSIE AU MOYEN-ORIENT », MAI-JUILLET 2016 
ARTICLE PUBLIÉ LE 29/04/2016

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Compte-rendu-de-la-revue-Moyen-Orient-dossier-La-Russie-au-Moyen-Orient-mai.html

Compte rendu de Louise Plun

Quelle est la place de la Russie au Moyen-Orient ? Plusieurs spécialistes livrent leurs analyses dans ce dossier de la revue Moyen-Orient.
La revue est introduite par le Regard d’Azza Filali, romancière tunisienne auteur des Intranquilles paru en 2014 aux Editions Elyzad, sur la situation de la Tunisie, cinq ans après la révolution.
Le « grand jeu » de la Russie au Moyen-Orient
L’entretien avec Vitaly Naumkin, directeur de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie, retrace dans un premier temps les grandes lignes des relations historiques entre la Russie et les pays du Moyen-Orient. Ces relations ont considérablement évolué depuis la chute de l’URSS. En effet, depuis 1991, de nouveaux facteurs sont apparus comme déterminants. Celui du religieux notamment s’est en particulier traduit par la prise en compte par la Russie des minorités religieuses musulmanes présentes sur son territoire. L’entretien aborde ensuite des points relevant de l’actualité de ces dernières années et en particulier l’épisode de la crise libyenne qui avait placé la Russie en porte à faux vis-à-vis des puissances occidentales. L’aspect économique est aussi abordé. Il en ressort que la Turquie et l’Iran représentent des partenaires économiques et commerciaux essentiels pour la Russie. La bonne gestion des affaires diplomatiques, militaires et politiques par la puissance russe repose sur le maintien de ces enjeux économiques. Vitaly Naumkin conclut cet entretien en affirmant que la Russie est désormais perçue comme un acteur clé au Moyen-Orient.
Le commerce irano-russe : entre levée des sanctions et pressions externes
Clément Therme, chercheur associé au centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS, EHESS) revient sur les échanges commerciaux entre l’Iran et la Russie, qui datent du XVIème siècle. Ils s’édifiaient en parallèle d’une opposition commune de la Russie et de l’Iran par rapport à l’Empire ottoman. Les tentatives de la puissance ottomane pour freiner ces échanges commerciaux entre ses deux ennemis ont paradoxalement renforcé les liens entre les deux pays. En effet, cette opposition aux Ottomans fut le terreau d’une alliance commerciale durable entre l’Iran des Pahlavis et la Russie soviétique, dont le pétrole constituait le pilier principal. De plus, à partir de 1962, l’allié russe était un moyen pour le pouvoir iranien de « sortir d’un face à face avec Washington ». Cette prospérité des échanges commerciaux russo-iraniens fut ensuite illustrée jusque dans les années 80 par plusieurs accords et constructions d’infrastructures (notamment de gazoducs). 
Clément Therme évoque ensuite la transformation de cette alliance commerciale. Le chercheur parle d’une « absence de complémentarité économique entre les deux pays ». Cette alliance est également obscurcie par des pressions extérieures, notamment israéliennes et américaines, motivées par une obsession des deux pays quant à la question du nucléaire et des capacités militaires iraniennes. 
L’accord de 2015 change la donne. « Moscou n’a d’autres choix que de soutenir l’initiative diplomatique de Washington pour ne pas apparaître aux yeux de son partenaire iranien comme un obstacle à la modernisation voulue par Hassan Rohani. » La Russie doit maintenir un équilibre entre favorisation de l’accord et maximisations des possibilités de coopérations économiques avec l’Iran. Clément Therme souligne ensuite les nouveaux obstacles pour les intérêts russes : le retour des entreprises européennes en Iran, l’amélioration des relations entre l’Iran et les Etats-Unis mais aussi et surtout la Chine, qui constitue pour l’Iran une sphère d’influence économique non négligeable puisque non soumise aux limitations des sanctions primaires américaines, notamment dans le secteur du nucléaire civil et des équipements militaires.
Syrie : la puissance russe en question
Selon Julien Nocetti, chercheur au Centre Russie/NEI de l’Institut français des relations internationales (IFRI) le dossier syrien constitue un « levier diplomatique » pour la Russie afin de rééquilibrer le rapport de force régional - au Moyen-Orient - mais aussi international. A travers son intervention en Syrie, il s’agit pour Moscou de « réaffirmer sa structure internationale » par rapport aux autres acteurs présents dans la région. Du point de vue de la politique interne russe, il est question pour Poutine de réaffirmer son propre rapport de force avec les pays occidentaux, envers qui l’ancien président Medvedev affichait plus de conciliation. Rapport de force impliquant notamment en arrière fond la question ukrainienne. 
Julien Nocetti explique ensuite qu’il existe une obsession russe quant à une « quête de parité avec les Etats-Unis ». S’affirmer au Moyen-Orient via la question syrienne, c’est selon le chercheur une sorte de revanche russe par rapport à 1956 et l’affirmation américaine après la crise de Suez qui avait signé le retrait de la Grande-Bretagne et de la France du Moyen-Orient. C’est aussi un moyen vis-à-vis des puissances européennes de recouvrir par la « carte syrienne » la « carte libyenne » qui avait illustré l’attentisme russe. 
Le chercheur expose les objectifs de Moscou entourant l’intervention en Syrie : le maintien, au travers d’Assad, du parti Ba’th syrien ; l’affaiblissement de la « pax americana » dans un contexte qui lui est plus favorable au vue de la « frilosité » américaine illustrée par un retrait du Moyen-Orient ; marquer son ascendant vis-à-vis d’une Europe en voie de décomposition à cause de la question des réfugiés ; enfin, contenir la montée en puissance de l’Iran et l’établissement d’un accord entre ce dernier et les Etats-Unis, qui exclurait en effet la Russie du Moyen-Orient. Ne pas oublier non plus l’éternelle crainte de la porosité entre Syrie-Irak et la région du Caucase. Une porosité préoccupante dans le contexte actuel, notamment à cause de la réceptivité de ces populations aux appels de Daesh. L’organisation compterait en effet dans ses rangs environ 4 800 russophones. 
Julien Nocetti pose néanmoins la question : la capacité économique de la Russie est-elle à la hauteur de sa politique au Moyen-Orient ? Selon lui, d’ici 2017, la donne pourrait bien changer notamment en raison de « craquèlements » internes. Entendons par là la situation de l’économie russe plombée par la chute des prix du pétrole et par les retombées des sanctions occidentales.
Tartous
Igor Delanoë, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe de Moscou, évoque le port syrien de Tartous, deuxième port le plus important du pays, comme future base navale de la Russie en Méditerranée. Après avoir dressé l’historique du port au prisme de la présence russe et de la coopération russo-syrienne, l’auteur explique les ressorts de la renaissance de l’activité navale russe en Méditerranée, via ce port. Depuis le début de l’intervention russe au Moyen-Orient en septembre 2015, le port est devenu la porte d’entrée des armées et du matériel russe en Syrie. Au delà de sa centralité actuelle, le port de Tartous pourrait devenir à terme - après une résolution du conflit syrien - un point de projection de l’influence russe au Moyen-Orient et vers l’Océan Indien.
Poutine - Al-Sissi : l’alliance russo-égyptienne retrouvée ?
Igor Delanoë s’attache ensuite à analyser l’alliance russo-égyptienne qu’il qualifie de « retrouvée ». Le chercheur considère en effet que les années 1950-1960 constituent un terreau fertile à la renaissance de cette dernière. Si le rapprochement avait été plus ou moins forcé avec le régime de Morsi, l’entente entre Poutine et Sissi s’est illustrée, dès l’arrivée au pouvoir de Sissi en tant que ministre, par plusieurs rencontres entre les deux hommes depuis février 2014. Selon Igor Delanoë, cela s’explique par une « convergence de fond dans la lecture de l’affrontement idéologico-religieux » prenant actuellement place au Moyen-Orient. Les deux gouvernements entendent lutter contre ce qu’ils conçoivent comme des « forces islamistes politiques et radicales ». Forces qui, selon eux, s’attirent la « complaisance » des puissances occidentales. Cette bonne entente est maintenue au beau fixe grâce à des rapports commerciaux florissants. Ces derniers ont en effet été multipliés par 7 en 10 ans, pour plusieurs raisons : l’Egypte constitue un marché prometteur pour la Russie, notamment pour son industrie de pointe et l’Egypte joue le rôle de fournisseur remplaçant de l’Europe par exemple en ce qui concernent les fruits et légumes dans le contexte des sanctions européennes. Ces rapports s’appuient sur un « fer de lance » essentiel : le gaz et le nucléaire. Ils ont également été revitalisés par une coopération militaro-technique étroite qui fête son 60ème anniversaire en 2016. 
Selon l’auteur, la convergence des enjeux sécuritaires pour les deux pays est à retenir avant tout. L’Egypte constitue en effet pour la Russie un excellent partenaire dans sa lutte contre l’islamisme radical. Cette convergence qui a été récemment « mise en lumière » par la crise syrienne.
Les relations russo-saoudiennes : un rapprochement incertain
Mark N. Katz, professeur de sciences politiques à l’université de George Mason (Etats-Unis) traite des relations russo-saoudiennes au prisme de « l’incertitude ». Il évoque des tentatives d’amélioration des relations répétées ayant abouti à un relatif succès qui rencontre cependant des limites. Elles s’illustrent notamment par l’intervention russe en Syrie, le rapprochement avec l’Iran et avant tout, le non ralliement de la Russie aux efforts de l’OPEP pour jouer sur les prix du pétrole. L’auteur rappelle le « poids du passé » qui n’est pas négligeable et qui englobe notamment les enjeux invoqués ci-dessus. 
Un « nouveau départ » était attendu en janvier 2015 lorsque le nouveau roi saoudien Salman était monté sur le trône. Cependant, l’intervention russe en Syrie et le soutien apporté à Assad est perçue par l’Arabie saoudite comme une menace puisqu’elle y voit la main de l’Iran. De plus, la réalité du terrain militaire, autrement dit les bombardements russes non pas des positions de l’Etat islamique mais des autres groupes rebelles, sonne selon Mark N. Katz « le début de la fin ». Ce dernier souligne néanmoins que Moscou n’avait sans doute pas anticipé « le degré de désapprobation que cet acte a suscité en Arabie saoudite ». L’article se conclut avec l’idée d’une incertitude ambiante concernant l’avenir des relations russo-saoudiennes.
La diplomatie religieuse de la Russie au Moyen-Orient
L’entretien avec Alicja Curanovic, chercheuse à l’Institut des relations internationales de l’université de Varsovie, souligne le rôle important que joue la foi orthodoxe dans la politique étrangère de la Russie, qu’elle utilise notamment pour maintenir sa présence au Moyen-Orient. Cette action de l’Eglise orthodoxe se traduit notamment par l’utilisation de la notion de « territoire canonique ». Sur le terrain, cela s’exemplifie via l’acquisition de terre comme à Jérusalem et des activités de missionnaires dans tout le Moyen-Orient. Son action sert à entretenir une bonne image de la Russie auprès des populations arabes et ainsi, à influencer les relations diplomatiques. Du point de vue de la politique interne, cette prédominance et mise en avant de l’orthodoxie, favorise une discrimination des autres religions dans le pays. Alicja Curanovic souligne néanmoins que la coordination entre Eglise et Etat tend à être unilatérale : c’est l’Etat qui « décide de la dynamique, des orientations et de l’ordre du jour de ce rapprochement ». Cette « asymétrie » est exemplifiée, dans un contexte de guerre avec d’autres pays orthodoxes, comme l’Ukraine, par la non protestation de l’Eglise orthodoxe. 
La chercheuse souligne ensuite qu’on attribue souvent à Poutine une position antimusulmane de par sa politique étrangère, mais paradoxalement ce dernier est bien perçu par les musulmans russes. Ceci s’explique par une dissociation, soigneusement entretenue par le pouvoir et relayée par les médias, entre les musulmans « pacifistes » et des musulmans « terroristes ». L’attention portée à cet équilibre s’explique par le besoin de conserver une stabilité intérieure avec les populations musulmanes ainsi qu’avec les Etats musulmans d’un point de vue des relations diplomatiques. Guillaume Fourmont, rédacteur en chef de la revue pose ensuite à Alicja Curanovic, la question de la perception par les populations russes musulmanes de l’intervention russe en Syrie. Cette dernière répond en soulignant que le « caractère oppressif » du régime russe suffit à conserver une approbation apparente de la part de ces populations et à décourager les oppositions de prendre forme. Ceci alors même alors que l’on compte environ 2900 Russes présents au sein des rangs de l’Etat islamiques.
Israël, terre de « renaissance » russe ?
Julia Lerner, maître de conférence au département de sociologie et d’anthropologie de l’université de Ben Gourion du Néguev en Israël introduit son article en mentionnant une réalité peu connue : un million des 8,06 millions d’habitants de l’Etat hébreu sont originaires de Russie. Ces habitants constituent une population bien intégrée mais également influente dans le pays. Julia Lerner évoque en premier lieu l’influence culturelle russe « installée et durable », notamment d’un point de vue linguistique. Ce dernier s’exemplifie par un « phénomène de multiplication de médias russophones », rejoints par les supports électroniques (télévision, etc), mais aussi par les nombreuses manifestations culturelles russes se tenant dans le pays. Le second point essentiel de l’article consiste à montrer que cette identité russe est promue par la jeunesse qui en est d’origine. L’auteur parle d’« héritage russo-soviétique [perçu] comme une ressource cruciale pour l’identité personnelle et culturelle ».
En marge de ce dossier, un article de Ana Echagüe, spécialiste des pays du Golfe, évoque l’opposition de l’Arabie saoudite à l’influence de l’Iran, les deux pays se disputant l’hégémonie régionale depuis des décennies. Mohamed-Ali Adraoui, politologue et historien des sociétés musulmanes, signe un article sur « L’islam de la mondialisation : le salafisme en France ». Mariangela Gasparotto, doctorante à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales, écrit quant à elle un article sur : « Avoir 20 ans à Ramallah : une Palestine entre global et local ».
===============================

CONTROVERSE ORGANISÉE À L’IREMMO LE MARDI 3 MAI 2016 À L’OCCASION DE LA PARUTION DU NUMÉRO DE LA REVUE MOYEN-ORIENT SUR « LA RUSSIE AU MOYEN-ORIENT » 
ARTICLE PUBLIÉ LE 29/04/2016

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Controverse-organisee-a-l-iReMMO-le-mardi-3-mai-2016-a-l-occasion-de-la.html

Mardi 3 mai 2016
de 18h30 à 20h30
Avec :
Taline Ter Minassian, professeure d’histoire et civilisations à l’INALCO, spécialiste de la Russie, du Caucase et de la politique russe au Moyen-Orient. Elle est l’auteure de Colporteurs du Komintern, L’Union Soviétique et les minorités au Moyen-Orient, Presses de Sciences po, 1997, et a publié récemment Most Secret Agent of Empire, Reginald Teague-Jones, Master spy of the Great Game, Hurst, Oxford University Press, 2014.
Clément Therme, chargé d’enseignement à l’INALCO et à Sciences Po Paris. Il est également chercheur associé à l’EHESS. Il est notamment l’auteur de Les relations entre Téhéran et Moscou depuis 1979 (PUF, 2012).
Denis Bauchard, ancien ambassadeur en Jordanie, il a été notamment directeur Afrique du Nord Moyen-Orient au MAEDI. Aujourd’hui conseiller auprès de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
iReMMO
7, rue des Carmes
75005 Paris (M° Maubert Mutualité)

EURAMES Info Service 17/2016

CONFERENCES

1. Conference: "The Relationship between Ethics and Dialogue in Contemporary
Thought: The Moroccan Philosopher Taha Abderrahmane as a Case Study", Chouaid
Doukkali University, El Jadida, Morocco, 3-4 May 2016

2. Conference: “The History of Childhood in the Ottoman Empire”, Akdeniz University,
Antalya, Turkey, 6-7 May 2016

3. Conference: “Communication and Conflict: Iraq and Syria”, SOAS University of
London, 7 May 2016

4. Annual Conference of Turkish Studies: "(Re)production of Self and Space in
Turkey", Ipek University, Ankara, 23 May 2016

5. 5th European Congress on World and Global History on "Ruptures, Empires and
Revolutions", Central European University Budapest, Hungary, 31 August - 5 September
2017

6. 7th Annual Conference of the Midwest World History Association:  "Mapping
Migrations in World History", Metropolitan State University, Saint Paul, Minnesota,
23-24 September 2016

7. Conference: "The Future of Minorities in the Middle East", Christopher Newport
University, Virginia, 24 September 2016

8. Seminar: "Ijtihad in Contemporary Context: Concept, Functions and Methods",
Research Center for Islamic Legislation and Ethics, Doha, Qatar, 27-29 September
2016

9. Workshop: “Islamophobia in the East of the European Union”, University of
Toronto, Prague, Poland, 23-24 October 2016

10. Conference: "Rule and Resistance in a Globalized World", Goethe University,
Frankfurt a. M., 2-4 March 2017


POSITIONS

11. Lecturer/Senior Lecturer in History (Middle East/Ottoman Empire), Newcastle
University, UK

12. Positions in the USA


OTHER INFORMATION

13. MA Program: "Intellectual Encounters of the Islamicate World", Freie
Universitaet Berlin

14. International MA and PhD Programs in Gulf Studies, Qatar University, 2016/17

15. Crash Course: “Managing Crises at EU Med Borders”, University of Catania, Italy,
4-8 July 2016

16. Summer Abroad Programme: “Art Treasures of Konya: Medieval Islamic Art and
Architecture II”, Department of Art History, Necmettin Erbakan University, Konya, 11
July - 5 August 2016

17. Summer School: "The Middle East and North Africa Today - Crises, Mobilities and
Paths to the Future", Instituto de Ciências Sociais, Lisbon, 25-29 July 2016

18. Winter School:  "Media Activism and Postcolonial Futures", C-Centre, University
of Hong Kong, 16-21 January 2017

19. Stories on "Translocality and Refugees" for Publication by Center for Locality
and Humanities of Korean Studies Institute, Pusan National University, South Korea

_______________


If you want to distribute an announcement via EURAMES Info Service (more than 6000
recipients, only English and French announcements), please apply the usual format of
the text with no more than 50 words and no attachment. Please send only the most
important information to  and refer to  further details with a
link to the respective website or an email address.

Best regards,

Guenter Meyer, Centre for Research on the Arab World (CERAW), University of Mainz

____________________


CONFERENCES

1. Conference: "The Relationship between Ethics and Dialogue in Contemporary
Thought: The Moroccan Philosopher Taha Abderrahmane as a Case Study", Chouaid
Doukkali University, El Jadida, Morocco, 3-4 May 2016

The conference is in Arabic, French, and English. Information: Prof Yahya Benkhedda,


______________


2. Conference: “The History of Childhood in the Ottoman Empire”, Akdeniz University,
Antalya, Turkey, 6-7 May 2016

Sessions cover the following topics: Who is a Child?, Child and Labor, Child and
Family, Child and Education.

Information: 
www.academia.edu/24733797/International_Symposium_on_The_History_of_Childhood_in_the_Ottoman_Empire


______________


3. Conference: “Communication and Conflict: Iraq and Syria”, SOAS, University of
London, 7 May 2016

This conference brings together scholars from a variety of disciplines to address
one of the most hotly debated topic in contemporary public life - the role of media
in the conflicts in Syria and Iraq, in contemporary political violence and extremism
as well as in global narratives of forced migration and the related phenomena of
racism and exclusionary politics in Europe and elsewhere.

Information: 
www.soas.ac.uk/media-studies/events/centre-for-media-and-film-studies-research-seminar/07may2016-communication-and-conflict-iraq-and-syria.html

______________


4. Annual Conference of Turkish Studies: "(Re)production of Self and Space in
Turkey", Ipek University, Ankara, 23 May 2016

We invite scholars from different academic disciplines to discuss production and use
of urban space in Turkey in relation to 
neoliberalism, identity politics, and social and economic issues. Information:
http://ipek.edu.tr/acts/

______________


5. 5th European Congress on World and Global History on "Ruptures, Empires and
Revolutions", Central European University Budapest, Hungary, 31 August - 5 September
2017

With the focus on Colonial and Post-Colonial History as well as Immigration &
Migration History etc., we hope to attract colleagues particularly from and/or
working on Europe and the Middle East/Western Asia.

Deadline for proposals: 15 June 2016. Information:
http://research.uni-leipzig.de/eniugh/congress/

______________


6. 7th Annual Conference of the Midwest World History Association:  "Mapping
Migrations in World History", Metropolitan State University, Saint Paul, Minnesota,
23-24 September 2016

Proposals that focus on any period of world history are welcome, particularly those
that explore such themes as the migration of peoples globally, the impact of such
migrations, and the ways in which humans have mentally and physically mapped who
they are.

Proposals deadline: 16 May 2016. Information: www.mwwha.org/conference-2016.html

______________


7. Conference: "The Future of Minorities in the Middle East", Christopher Newport
University, Virginia, 24 September 2016

The conference will address issues related to Minorities and the Mapping of History,
Culture, Literature, Gendered Peace-building, Language, Politics, and Identities,
Global Structure and Local Practices, Migration, Role Minorities play in their
marginalization etc.

Deadline for proposals: 1 June 2016. Information:
https://cnu.irisregistration.com/Form/FutureofMinoritesintheMiddleEast

______________


8. Seminar: "Ijtihad in Contemporary Context: Concept, Functions and Methods",
Research Center for Islamic Legislation and Ethics, Doha, Qatar, 27-29 September
2016

Academic researchers in, among other fields, Islamic Studies and (Methodology of)
Ethics are invited to this seminar. All travel and accommodation costs will be
covered by the hosting institution, Research Center for Islamic Legislation & Ethics
(CILE). The papers will be published in the "Journal of Islamic Ethics" or book
series "Studies in Islamic Ethics", Brill.

Deadline for abstracts: 20 May 2016. Information: 
www.cilecenter.org/en/news/call-for-research-papers-ijtihad-in-contemporary-context-concept-functions-and-methods-27-29-september-2016/


______________


9. Workshop: “Islamophobia in the East of the European Union”, University of
Toronto, Prague, Poland, 23-24 October 2016

The workshop will explore closely related questions about Islamophobia in eastern
Germany, Poland, the Czech Republic, Slovakia, and Hungary.

Deadline for proposals: 15 May 2016. Information:
http://projects.chass.utoronto.ca/kalmar/prague.cfp.pdf

______________


10. Conference: "Rule and Resistance in a Globalized World", Goethe University,
Frankfurt a. M., 2-4 March 2017

We plan to address the relationship between resistance and systems of rule in times
of transnationalization.

Deadline for abstracts: 1 June 2016. Information:
http://dissidenz.net/en/conference-2017/.


______________


POSITIONS

11. Lecturer/Senior Lecturer in History (Middle East/Ottoman Empire), Newcastle
University, UK

You must have a PhD in a relevant field and clearly developed research plans for
world-leading or internationally excellent publications that will constitute a
significant contribution to the next Research Excellence Framework. You must also
have experience of undergraduate teaching.

Deadline for application: 11 May 2016. Information: https://vacancies.ncl.ac.uk/
(Keyword B36292A)

______________


12. Positions in the USA:

a) Faculty Fellow in Contemporary Middle Eastern Studies - New York University
College of Arts and Science: 
www.h-net.org/jobs/job_display.php?id=52868

b) Two research positions about Islamic thought - International Institute of Islamic
Thought (IIIT), Herndon, VA: 
www.iiit.org/research-grants.html


______________


OTHER INFORMATION

13. MA Program: "Intellectual Encounters of the Islamicate World", Freie
Universitaet Berlin

The FU Berlin is offering an MA program to understand more about the deep and
diverse links between the Muslim, Jewish and Christian    intellectual contributions
during the Medieval period, to learn from internationally acclaimed guest lecturers
from all over the world,  to study together with a small group of about 20 students,
many of whom from the Middle East, and to combine the flexibility of an online
degree program with the advantages of gaining international experience.
The offer includes a one-year, English-taught MA degree awarded by FU Berlin,
in-class meetings in Istanbul and Berlin, no tuition fees, monthly scholarships for
Palestinian and Israeli nationals including coverage of travel and accommodation
expenses and a personalized supervision structure

Application deadline: 31 May 2016. Information:
www.geschkult.fu-berlin.de/en/e/ieiw/application_live/index.html

______________


14. International MA and PhD Programs in Gulf Studies, Qatar University, 2016/17

As a dual degree with Durham University, UK, this program offers a unique
interdisciplinary opportunity to study the Gulf while living in the region itself,
learning the language and immersing in the local culture. The curriculum, taught in
English, provides a holistic examination of the region that includes topics such as
Anthropology and History, Politics and society, Economics and development,
International relations, Security and Foreign Policy, Energy and Environment,
Literature and Culture.

Deadline for admission to the program: 10 May 2016. Information:
www.qu.edu.qa/artssciences/gulfstudies/

______________


15. Crash Course: “Managing Crises at EU Med Borders”, University of Catania, Italy,
4-8 July 2016

The Crash Course is an advanced study and training event for PhD students interested
in EU external action and the management of crises at EU Med borders, migration in
particular. MA students seeking to deepen their knowledge on these topics are also
welcome.

Deadline for application: 1 May 2016. Information:
www.dsps.unict.it/eumedea/events/crash_course

______________


16. Summer Abroad Programme: “Art Treasures of Konya: Medieval Islamic Art and
Architecture II”, Department of Art History, Necmettin Erbakan University, Konya, 11
July - 5 August 2016

This unique cultural programme’s purpose is the study of medieval Anatolian art and
architecture by focusing on the spectacular examples of medieval Islamic art and
architecture of Konya on site. The course will combine lectures and many field trips
to monuments and museums in Konya, taking full advantage of the opportunity to study
art in context.

Deadline for application: 1 July 2016. Information:
www.konya.edu.tr/storage/images/web/events/Summer%20School%202016-2017.pdf

______________


17. Summer School: "The Middle East and North Africa Today - Crises, Mobilities and
Paths to the Future", Instituto de Ciências Sociais, Lisbon, 25-29 July 2016

The objective is to provide an understanding of the current social and political
dynamics through a community-centered perspective, able to highlight the ways in
which people negotiate forms of coherence and meaning, ethical plausibility and
imaginaries of the future.

Closing Date:  31 May 2016. Information:
www.zmo.de/Ausschreibungen/Andere/SummerSchoolTheMiddleEastAndAfricaToday.PDF

______________


18. Winter School:  "Media Activism and Postcolonial Futures", C-Centre, University
of Hong Kong, 16-21 January 2017

This event is intended to support PhD Students or advanced masters' students with
professional experience (such as experience in the field of journalism).  All
applicants must be working on original research projects that engage with the Winter
School theme, especially related to the Middle East.

Deadline for application: 13 June 2017. Information:
http://iias.asia/masterclass/general-information-winter-school-2017


______________


19. Stories on "Translocality and Refugees" for Publication by Center for Locality
and Humanities of Korean Studies Institute, Pusan National University, South Korea

We are interested in local stories dealing with diverse and complicated local and
translocal issues as a result of the massive displacement of refugees toward Europe
in recent years.

Deadline for abstracts: 7 May 2016. Information: 
https://networks.h-net.org/node/73374/announcements/121786/call-local-stories-translocality-and-refugees

dimanche 24 avril 2016

EURAMES Info Service 16/2016

CONFERENCES
 
1. 2nd International Conference on Shi'i Studies, Islamic College, London, 7-8 May 2016
 
2. Workshop: "Rethinking Research in/on Palestine", University of Vienna, Austria,
25 June 2016
 
3. Panel: "The New Challenges to the 'Global Mediterranean' ", Meeting of the
Italian Political Science Association (SISP), Milan, 15-17 September 2016
 
4. Seminar: "Ijtihad (Juristic Deduction) in Contemporary Context: Concept,
Functions and Methods", Center for Islamic Legislation and Ethics, Doha, 27-29
September 2016
 
5. 3rd Middle Eastern Congress on Politics and Society, Middle East
Institute, Sakarya University, Turkey, 11-13 October 2016
 
6. WAFAW International Workshop: "How Economics Matter? Year 5 of the Revolutions, a
Social and Economic Lens", Beirut, 12-14 October 2016
 
7. Second International Conference: "Muslim and Arab World in the International
Relations", University of Gdansk, Poland,13-14 October 2016
 
8. Workshop: "Islamophobia in the East of the European Union", Prague, Czech
Republic, 23-24 October 2016 
 
9. Conference: "Sex, Sexuality, and Sexual Diversity in Islamic Thought and Praxis",
Duke University, Durham, North Carolina, 11-13 November 2016
 
10. International Conference: "Marital Captivity: Divorce, Religion and Human
Rights", Maastricht University, the Netherlands, 24-25 November 2016
 
11. International Workshop: "Left-Wing Trends in the Arab World (1948-1979):
Bringing Transnational Back in", Orient-Institut, Beirut, 12-13 December 2016
 
 
POSITIONS
 
12. Research Associate for the Project: "COBHUNI - Contemporary Bioethics and the
History of the Unborn in Islam", University of Hamburg
 
13. Research Associate for the Region of Ifriqiya in the "ERC Project: The Early
Islamic Empire at Work - The View from the Regions toward the Center", University of
Hamburg
 
14. Research Associate for "The Arabic Nahda: Text Circulation and Translation in
the 19th and Early 20th Centuries", University of Oxford, Oriental Studies
 
15. Research Assistant, Asfari Institute for Civil Society and Citizenship, American
University of Beirut

16. Five Post-doctoral Fellowships for the Research Program: "Europe in the Middle
East - The Middle East in Europe", Berlin
 
17. PhD Scholarship in Gulf Studies, Centre for Gulf Studies, IAIS, University of
Exeter, UK
 
18. Conseil Arabe pour les Sciences Sociales: Bourses de recherche postdoctorales
pour chercheurs débutants arabes
 
 
OTHER INFORMATION
 
19.  4th ENP PhD Summer School:  "The ENP under Pressure: Conceptual and Empirical
Understandings of EU Foreign Policy towards the Southern and Eastern Neighbours",
College of Europe, Warsaw, 23 June - 1 July 2016 
 
20. Summer Program: "Expressions of Diversity: An Introduction to Muslim Cultures -
Knowledge, Power, and Identity in Muslim Contexts", SFU-Vancouver, 11-15 July 2016
 
21. Autumn School: "Forced Displacement, Regional Politics and the Middle East",
Lebanese American University, Beirut & Byblos, 3-12 October 2016
 
22. Articles on "Logistics in the Gulf of Aden (Djibouti, Ethiopia, Somalia, Yemen)
and Sudan" for Special Issue of "EMA Magazine Mediterranes"
 
 
_____________ 

 
If you want to distribute an announcement via EURAMES Info Service (more than 6000
recipients, only English and French announcements), please apply the usual format of
the text with no more than 50 words and no attachment. Please send only the most
important information to  and refer to further details
with a link to the respective website or an email address.
 
Beste Gruesse,
 
Guenter Meyer, Center for Research on the Arab World (CERAW), University of Mainz
 
____________________
 
 
CONFERENCES
 
1. 2nd International Conference on Shi'i Studies, Islamic College, London, 7-8 May 2016
 
Sessions cover Qur'an & Hadith, worldwide Islamic heritage, modern thought,
philosophy and Shi'ism, Shi'ism in North America and Europe, Shi'ism in Nigeria,
Kalam, diversity in Islamic scholarship, Shi'ism in pre-modern Iran and surrounding
regions, socio-political  issues, and contemporary Iran. 
 
Information: http://www.islamic-college.ac.uk/shiistudies 
  
______________
 
 
2. Workshop: "Rethinking Research in/on Palestine", University of Vienna, Austria,
25 June 2016

The workshop aims to analyze main methodological, epistemological, and political
challenges when researching on Palestine at European universities and will shed
light on the possibilities of decolonizing knowledge production. Contributions from
PhD students and early career 
scholars from across disciplines are welcome.

Deadline for abstracts: 31 May 2016. Information: 
http://ie.univie.ac.at/fileadmin/user_upload/proj_int_entwicklung/Veranstaltungs_Attachments__Flyer_/Workshop_Rethinking_Palestine_University_of_Vienna_final_06_2016__2_.pdf
 
 ______________
 
 
3. Panel: "The New Challenges to the 'Global Mediterranean' ", Meeting of the
Italian Political Science Association (SISP), Milan, 15-17 September 2016

For information on this panel contact the organizers Rosita Di Peri
() and Stefania Panebianco ().

Deadline for paper submission: 16 May 2016. Information on the Meeting:
http://www.sisp.it/convegno2016/
 
 
______________
 
 
4. Seminar: "Ijtihad (Juristic Deduction) in Contemporary Context: Concept,
Functions and Methods", Center for Islamic Legislation and Ethics, Doha, 27-29
September 2016
 
Approved research papers written in Arabic or English will be published by the
Center through the prestigious "House of Brill". The Center will host the authors of
the most distinguished papers, and will assume their travel expenses and
accommodation during the days of the symposium. 

Deadline for abstracts: 20 May 2016. Information:
http://www.cilecenter.org/en/news/call-for-research-papers-ijtihad-in-contemporary-context-concept-functions-and-methods-27-29-september-2016/
 
 
______________
 
 
5. 3rd Middle Eastern Congress on Politics and Society, Middle East
Institute, Sakarya University, Turkey, 11-13 October 2016

The opening speech will be delivered by Rachid Ghannouchi, the leader and founder of
the Al-Nahda movement in Tunisia. Other confirmed speakers include Ibrahim Awad,
Youssef Choueiri, Katerina Dalacoura, Steven Heydemann, Karen E. Young etc.

Deadline for abstracts: 30 June 2016. Information:
http://ormer.sakarya.edu.tr/en/iii-middle-eastern-congress/
  
______________
 
 
6. WAFAW International Workshop: "How Economics Matter? Year 5 of the Revolutions, a
Social and Economic Lens", Beirut, 12-14 October 2016

This workshop is organized by the European project WAFAW (When Authoritarianism
fails in the Arab World). This colloquium aims to critically take part in a debate
over the socio-economic undergrounds of the "political crises" in the region.

Deadline for abstracts: 15 May 2016. For information contact the organizers Amin
Allal (CERAPS/WAFAW):  and
Myriam Catusse (Ifpo/WAFAW): 
 
 
______________
 
 
7. Second International Conference: "Muslim and Arab World in the International
Relations", University of Gdansk, Poland,13-14 October 2016

The conference is organized by the University of Gdansk, the Polish Association of
International Studies and Qatar University. The working language will be English. A
peer-reviewed book with the conference papers will be published.

Deadline for abstracts: 1 September 2016. Information: http://arabconference.eu/ 
 
______________
 
 
8. Workshop: "Islamophobia in the East of the European Union", Prague, Czech
Republic, 23-24 October 2016 

The workshop is focusing on the History and Present of Attitudes to the Other;
National and EU Politics; the Lived Experience; Theory and Methodology etc.

Deadline for submission: 15 May 2016. Information:
https://networks.h-net.org/node/73374/announcements/120889/cfp-workshop-islamophobia-east-european-union
 
 
______________
 
 
9. Conference: "Sex, Sexuality, and Sexual Diversity in Islamic Thought and Praxis",
Duke University, Durham, North Carolina, 11-13 November 2016
 
Conference to address the developments of Classical Islamic discourse about
sexuality and human dignity. While the main focus will be challenging homophobia by
promoting human dignity, all discussions about sex and sexuality that engage Islamic
primary sources will be of interest in this forum. 
 
Deadline for submission: 31 May 2016. Information:
https://networks.h-net.org/node/73374/announcements/120653/sex-sexuality-and-sexual-diversity-islamic-thought-and-praxis

 
 
______________
 
 
10. International Conference: "Marital Captivity: Divorce, Religion and Human
Rights", Maastricht University, the Netherlands, 24-25 November 2016
 
The conference aims to exchange research findings and experiences and foster a
multidisciplinary dialogue regarding the phenomenon 'marital captivity' in different
geographical areas, besides the Netherlands/Europe. 
 
Deadline for abstracts: 1 May 2016. Information:
http://www.maastrichtuniversity.nl/web/Faculties/FL/Theme/departments_law/private_law_department_law/Projects/MARICAP/Home.htm

 
 
______________
 
 
11. International Workshop: "Left-Wing Trends in the Arab World (1948-1979):
Bringing Transnational Back in", Orient-Institut, Beirut, 12-13 December 2016

This workshop aims at shedding light on the transnational dynamics in which Arab
left-wing trends have been embedded, especially during the 1960-70s, the glorious
period of left-wing revolutionary movements throughout the world, in one word: the
Tri-Continent moment.

Deadline for abstracts in English or Arabic: 26 June 2016. Information:
http://www.orient-institut.org/fileadmin/user_upload/ARAL-CFP.pdf
 
 
______________
 
 
POSITIONS
 
12. Research Associate for the Project: "COBHUNI - Contemporary Bioethics and the
History of the Unborn in Islam", University of Hamburg

For the analysis of commentary traditions within one work-package of the Project, a
set of 11th to 13th century authors have to be situated in their time by a doctoral
researcher. M.A. in Islamic studies preferred; knowledge of Spanish obligatory. The
50% position commences on 1 September 2016 for a period of three years.

Deadline for application: 31 May 2016. Information:
http://www.uni-hamburg.de/uhh/stellenangebote/wissenschaftliches-personal/fakultaet-geisteswissenschaften/31-05-16-137.pdf
  
______________
 
 
13. Research Associate for the Region of Ifriqiya in the "ERC Project: The Early
Islamic Empire at Work - The View from the Regions toward the Center", University of
Hamburg

A university degree in a relevant field of Middle Eastern history and culture and
excellent knowledge of Arabic, English, and French are required. The 50% position
commences on 1 July 2016 for a period of two years with a possible extension until
March 2019. 

Deadline for application: 15 May 2016. Information:
http://www.islamic-empire.uni-hamburg.de/
 
 
______________
 
 
14. Research Associate for "The Arabic Nahda: Text Circulation and Translation in
the 19th and Early 20th centuries", University of Oxford, Oriental Studies

18-month position working with Prof M Booth, project focused on 19th-century Arabic
translation-adaptation in a multi-linguistic surround. Research, assistance with
edited volume, grant-writing, teaching. 

Deadline for application: 17 May 2016. Information:
http://www.ox.ac.uk/about/jobs/index.html%20vacancy%20ref.%20123111
 
 
______________
 
 
15. Research Assistant, Asfari Institute for Civil Society and Citizenship, American
University of Beirut
 
The Senior Researcher would work on a newly-formed regional project to identify and
document environmental justice in the Arab region as part of a three-year grant in
partnership with 2 other universities and 3 international organizations. Graduate
degree in either environmental science of environmental policy, or equivalent work
experience and high level of proficiency in both oral and written English and
Arabic, and preferably also in French are required. 
 
Deadline for application: 29 April 2016. Information:
http://us10.campaign-archive2.com/?u=2706fba83081d638f41bab041&id=7e37bb41a7&e=0152f10d22
 
 
______________


16. Five Post-doctoral Fellowships for the Research Program: "Europe in the Middle
East - The Middle East in Europe", Berlin

The fellowships for the academic year 2016/17 are intended primarily for scholars of
art history, history, literature, philology, political philosophy, political
science, religion and sociology who want to carry out their research projects in
connection with the Berlin program.

Deadline for application: 9 May 2016. Information:
http://www.eume-berlin.de/de/call-for-application-ausschreibung.html
 
 
______________
 
 
17. PhD Scholarship in Gulf Studies, Centre for Gulf Studies, IAIS, University of
Exeter, UK
 
The Centre for Gulf Studies is seeking to recruit one excellent doctoral student
whose area of specialisation fits and complements the research interests of our
academics. This prestigious award covers: direct payment of tuition fees for 3
years; maintenance allowance for accommodation and living expenses of around £13,863
per annum. The studentship is open to Home/EU and International students.

Deadline for application: 29 May 2016. Information:
http://www.exeter.ac.uk/studying/funding/award/?id=2162
 
 
______________


18. Conseil Arabe pour les Sciences Sociales: Bourses de recherche postdoctorales
pour chercheurs débutants arabes
 
Ce programme de bourse de 9 mois a pour objectif de permettre aux chercheurs jusqu'à
trois ans après l'obtention de leur doctorat de poursuivre leurs plans de recherche
et de publication, de faire partie du réseau de recherche arabe, et d'envisager une
carrière de recherche dans la région arabe.

Date limite de dépôt de candidatures: 13 juin 2016. Information:
http://www.theacss.org/pages/post-doc-fellowships
 
 
______________

 
 
OTHER INFORMATION
 
19. 4th ENP PhD Summer School:  "The ENP under Pressure: Conceptual and Empirical
Understandings of EU Foreign Policy towards the Southern and Eastern Neighbours",
College of Europe, Warsaw, 23 June - 1 July 2016 
 
The Summer School will analyse the evolution and implications of the 2004, 2011 and
2015 ENP, social and political transformations in the neighbouring countries, as
well as issues related to conflict and territorial occupation.
 
Deadline for application: 27 April 2016. Information:
http://www.coleurope.eu/events/4th-european-neighbourhood-policy-phd-summer-school 
 
 
______________
 
 
20. Summer Program: "Expressions of Diversity: An Introduction to Muslim Cultures
-Knowledge, Power, and Identity in Muslim Contexts", SFU-Vancouver, 11-15 July 2016
 
The 2016 program features international scholars with Islamophobia and orientalism
as a form of knowing; knowledge and governance in the Ottoman empire; knowledge,
power, and identities in Iranian Shi'ism; Islamic finance as knowledge and practice;
interfaith interactions in early modern history; and questions of community in the
interpretation of the Qur'an.

Information: http://www.sfu.ca/ccsmsc/summer-programme/2016isp2.html
 
 
______________
 
 
21. Autumn School: "Forced Displacement, Regional Politics and the Middle East",
Lebanese American University, Beirut & Byblos, 3-12 October 2016

The Autumn School is designed for early stage PhD students but is also open for
applications from advanced Master Students. Fee waivers can be requested and limited
travel and accommodation bursaries are available.

Deadline for application: 20 May 2016.  Information:
http://development-research.org/images/stories/phd-ids/How_to_Apply/Call%20for%20Application_Final.pdf
 
 
______________
 
 
 22. Articles on "Logistics in the Gulf of Aden (Djibouti, Ethiopia, Somalia, Yemen)
and Sudan" for Special Issue of "EMA Magazine Mediterranes"

Please submit short abstracts of articles, reports from practitioners, and
journalistic features as well as information on potential interviewees no later than
29 April 2016. 

Deadline for abstracts: 29 April 2016. Information:
http://ema-hamburg.org/pages/de/mediterranes/ausgaben/2016/2.-ausgabe.php#CfP 

dimanche 17 avril 2016

EURAMES Info Service 15/2016

CONFERENCES
 
1. Workshop: “Sufism East and West“, University of Erfurt, Germany, 15-17 April
2016
 
2. Conference: “Islamophobia: Has a Tipping Point been Reached?”, University of
California, Berkeley, 22-23 April 2016
 
3. Workshop: “Muslim Responses to Gender: Representations, Discourses, and
Realities”, Durham University, UK, 7 May 2016
 
4. Conference: "A Player and not Just a Payer? The Work of German Political
Foundations Abroad with a Special Focus on Israel and the Palestinian Territories",
Ruhr-University Bochum, 1-3 June 2016
 
5. Conference: "Conflict at the Critical Juncture: Perspectives on International,
Regional and Domestic Dynamics in Syrian and Ukrainian Conflict", University of St
Andrews, 5-6 June 2016 
 
6. Conference: “Rethinking Social Movements in the Digital Age: Activism, Dissent
and Rebellion in the Post-Arab Spring”, Orient-Institut Beirut, 29 July 2016
 
7. International Conference: “Contemporary Arab and Muslim World in the
International Relations. Politics, Economy, Law and Culture”, Gdansk, Poland, 13-14
October 2016
 
8. Conference: “Compassion, Social Engagement, and Discontent: Believing and the
Politics of Belonging in Europe Today”, Leiden University Centre for the Study of
Religion, 10–11 November 2016
 
9. Conference: “Environmental Approaches in Pre-Modern Middle Eastern Studies”,
Annemarie Schimmel Kolleg, University of Bonn, 5-7 December 2016
 
10. Symposium: “Ottoman Fiqh: Scholars, Works, and Problems”,
İstanbul Araştırma ve Eğitim Vakfı (İSAR), Istanbul, 24-25 December 2016
 
11. 8th Biennial Convention of the Association for the Study of Persianate Societies
(ASPS), Shiraz, Iran, 9-13 March 2017
 
12. Colloque : «Le mariage dans l’Europe méditerranéenne de la fin du Moyen Âge à
nos jours», Université d’Athènes, 21-22 septembre 2017
 
 
POSITIONS
 
13. Three Doctoral Researcher Positions, Austrian Academy of Sciences, Vienna 
 
14. Three Tenure-track Posts in Economic and Early Modern History of the MENA
Region, University of Sussex, UK
 
15. Faculty Position in Modern History, Doha Institute for Graduate Studies
 
 
OTHER INFORMATION
 
16. Master in History and Oriental Studies - Alma Mater Studiorum Università di
Bologna
 
17. 2016 Middle East Political Economy Book Prize
 
18. Grants for Faculty/Researchers and PhD Students, International Institute of
Islamic Thought (IIIT)
 
19. Postdoctoral Fellowship 2016/17 for Research on the MENA Region in Humanities
and Social Sciences, Orient-Institut Beirut
 
20. Articles on “The Zabbaleen: An Over-studied Object?” for Special Issue of
“Egypte Monde Arabe”
 
_______________________
 

If you want to distribute an announcement via EURAMES Info Service (more than 6000
recipients, only English and French announcements), please apply the usual format of
the text with no more than 50 words and no attachment. Please send only the most
important information to  and refer to further details
with a link to the respective website or an email address.
 
Best regards,
 
Guenter Meyer, Center for Research on the Arab World,  University of Mainz
 
____________________
 
 
KONFERENZEN/CONFERENCES
 
1. Workshop: “Sufism East and West“, University of Erfurt, Germany, 15-17 April
2016
 
This international specialist workshop aims to investigate the complex
cross-cultural interchanges between the West and the Muslim world through the medium
of Sufism by means of analyzing and examining the parallel and reciprocal processes
and counter-movements between the two cultural realms.
 
Information:
http://www.uni-erfurt.de/religionswissenschaft/islamwissenschaft/workshopskonferenzen/Sufism-East-West/
  
______________
 
 
2. Conference: “Islamophobia: Has a Tipping Point been Reached?”, University of
California, Berkeley, 22-23 April 2016
 
The conference’s theme is both a question for researchers and a statement reflecting
the pervasiveness of bigoted discourses that problematize the category, Muslim and
Islam in civil society.  Speakers will examine Islamophobia from multi-disciplinary
and transnational perspectives, so as to bring a more holistic understanding of the
phenomena and the forces acting to sharpen the ongoing otherization of Muslims as a
class. 
 
Information: http://crg.berkeley.edu/content/irdpconf2016 
  
______________
 
 
3. Workshop: “Muslim Responses to Gender: Representations, Discourses, and
Realities”, Durham University, UK, 7 May 2016
 
The workshop is intended to bring together scholars from different disciplines who
share an interest in the role of gender in Islam and for Muslims. It is hoped that
the multi-disciplinary context will enable researchers to gain greater understanding
of their field and facilitate future cross-pollination in this area.
 
Deadline for abstracts: 22 April 2016. Information:
http://www.dur.ac.uk/conference.booking/details/?id=598 
  
______________
 
 
4. Conference: "A Player and not Just a Payer? The Work of German Political
Foundations Abroad with a Special Focus on Israel and the Palestinian Territories",
Ruhr-University Bochum, 1-3 June 2016
 
The conference focuses on different aspects of the work abroad performed by German
political foundations and thus covers a field of research which has been widely
neglected in the past. 

Information: http://www.ruhr-uni-bochum.de/gna/forschung.html 
  
______________
 
 
5. Conference: "Conflict at the Critical Juncture: Perspectives on International,
Regional and Domestic Dynamics in Syrian and Ukrainian Conflict", University of St
Andrews, 5-6 June 2016 

The conference aims to uncover how international, regionaal and domestic political,
economic and security factors and various players affect the development of the
above-mentioned conflicts and how these conflicts transform the way international,
regional and domestic spheres and actors interact with one another.

Deadline for abstracts: 20 April 2016. Information: https://conference2016.org/
  
______________
 
 
6. Conference: “Rethinking Social Movements in the Digital Age: Activism, Dissent
and Rebellion in the Post-Arab Spring”, Orient-Institut Beirut, 29 July 2016
 
This call for papers aims to bring in contributions from scholars across disciplines
and social media activists to shed light on the increasing role of the digital in
mediating state-society relations, particularly during and after the Arab Spring
revolts.
 
Deadline for abstracts: 8 May 2016. Information:
http://www.orient-institut.org/fileadmin/user_upload/Call_for_Papers-Social_Movements-DMIlle.pdf
  
______________
 
 
7. International Conference: “Contemporary Arab and Muslim World in the
International Relations. Politics, Economy, Law and Culture”, Gdansk, Poland, 13-14
October 2016

The Polish Association of International Studies, the Institute of Political Sciences
of the University of Gdansk and the College of Arts and Sciences of the Qatar
University are organizing this conference. The official conference language is
English. 
 
Deadline for abstracts: 1 September 2016. Information: http://arabconference.eu/

 
______________
 
 
8. Conference: “Compassion, Social Engagement, and Discontent: Believing and the
Politics of Belonging in Europe Today”, Leiden University Centre for the Study of
Religion, 10–11 November 2016

 This conference aims to investigate forms and elements of religion in public
settings and technologies of belonging in Europe today by taking compassion as a
locus. The conference is intended for scholars of religion of various disciplinary
backgrounds interested in exploring new ways of studying religion in public
settings. 

 Deadline for abstracts: 1 June 2016. Information:
http://www.universiteitleiden.nl/en/news/2016/04/lucsor-conference-2016-call-for-papers
 
 
______________
 
 
9. Conference: “Environmental Approaches in Pre-Modern Middle Eastern Studies”,
Annemarie Schimmel Kolleg, University of Bonn, 5-7 December 2016
 
This conference is meant to be a forum for exchange of ideas about environmental
history, and methods and theories, by scholars engaged in the study of the
pre-modern Islamic world. Papers from the fields of history, historical geography,
archaeology and art history, natural sciences, and historical anthropology are most
welcome, as well as studies of a more theoretical (but historically grounded)
nature.
 
Deadline for application: 15 June 2016. Information:
http://www.mamluk.uni-bonn.de/mamluk-events   
 
 
______________
 
 
10. Symposium: “Ottoman Fiqh: Scholars, Works, and Problems”,
İstanbul Araştırma ve Eğitim Vakfı (İSAR), Istanbul, 24-25 December 2016
 
Starting with the establishment of the Ottoman state until the Majallah, the
discussed fiqhi problems during this time frame, the penned works in this area, and
the emerging establishments and Ottoman fiqh scholars of the time will be among the
main issues to be addressed at the symposium. 
 
Deadline for abstracts: 1 June 2016. Information: http://www.sempozyum.isar.org.tr/tr
  
______________
 
 
11. 8th Biennial Convention of the Association for the Study of Persianate Societies
(ASPS), Shiraz, Iran, 9-13 March 2017
 
All humanities and social science disciplines related to Persianate Societies are
welcome. We will likely have a limited number of fellowships available for
participants from Central Asia, Afghanistan, and the Caucasus. Scholarships for U.S.
graduate students are subject to availability.
 
Deadline for abstracts: 20 June 2016. Information:
http://www.persianatesocieties.org/index.php/conventions/asps-biennial-convention-shiraz-2017
  
______________
 
 
12. Colloque : «Le mariage dans l’Europe méditerranéenne de la fin du Moyen Âge à
nos jours», Université d’Athènes, 21-22 septembre 2017
 
Dans le cadre de cette rencontre internationale, nous nous proposons d’aborder
l’histoire du mariage dans des perspectives renouvelées, mêlant démographie
historique, histoire de la famille, histoire sociale, histoire religieuse et
politique, anthropologie historique du rituel de mariage, histoire du droit. 
 
Date limite de l’appel: 1 juillet 2016. Information:
https://networks.h-net.org/node/8051/discussions/120270/call-papers-marriage-european-mediterranean-late-middle-ages

  
______________
 
 
POSITIONS
 
13. Three Doctoral Researcher Positions, Austrian Academy of Sciences, Vienna 
 
The positions will start on 1 November 2016, and are limited to a duration of three
years. The PhD research topics are as follows: Peripheries and religious
radicalization, local perceptions on fossil energy exploration, the Yemeni-Saudi
boundary and cross-border trade. We invite applications by outstanding candidates
holding a master’s degree in Social Anthropology/Ethnology or a subject-related
scientific discipline. Fluency in English and Arabic language skills are required. 
 
Deadline for applications: 15 June 2016. Information:
http://www.oeaw.ac.at/isa/index.php?option=com_content&view=article&id=518:ausschreibung-3-doktorandinnen-stellen&catid=35:aktuelles&lang=en&Itemid=0

  
______________
 
 
14. Three Tenure-track Posts in Economic and Early Modern History of the MENA
Region, University of Sussex, UK
 1) Lecturer in Economic History
 2) Lecturer in Early Modern History
 3) Research Fellow in History
 
Deadline for applications: 26 April 2016. Information:
http://www.jobs.ac.uk/enhanced/linking/university-of-sussex/ 
 
 ______________
 
 
15. Faculty Position in Modern History, Doha Institute for Graduate Studies
 
Candidates will have a PhD in at least one area of modern and contemporary history,
an excellent research and publication record, and proven teaching experience.
Ability to teach in Arabic is a requirement. The appointment is to commence
September 2016 or as soon as possible thereafter.
 
Deadline for applications: 30 May 2016. Information:
http://www.dohainstitute.edu.qa/En/Careers/Pages/Apply.aspx?&JobId=DIAC008
 
 
______________
 
 
OTHER INFORMATION
 
16. Master in History and Oriental Studies - Alma Mater Studiorum Università di
Bologna

The new Master in History and Oriental Studies at Bologna University is a 2-year
(120 ECTS credits) multidisciplinary degree programme. In the International
Curriculum in Global Cultures, lectures are entirely held in English. International
students who apply for the curriculum in Global Cultures can benefit from tuition
fee waiver.

Deadline for tuition fee waiver: 29 April 2016. Information:
http://corsi.unibo.it/2cycle/GlobalCultures/Pages/how-to-apply.aspx
  
______________
 
 
17. 2016 Middle East Political Economy Book Prize

The Political Economic Project (PEP) aims to recognize and disseminate exceptional
critical work on the political economy of the Middle East. While the book must have
a political economy theme, we welcome nominations from across academic disciplines.


Deadline for submission: 15 May 2016. Information:
http://www.politicaleconomyproject.org/book-prize.html


______________
 
 
18. Grants for Faculty/Researchers and PhD Students, International Institute of
Islamic Thought (IIIT)
 
1) Faculty/researchers (post-PhD) grants - http://www.iiit.org/short-term-grants.html
2) Grants for PhD students - http://www.iiit.org/doctoral-grants.html
  
______________
 
 
19. Postdoctoral Fellowship 2016/17 for Research on the MENA Region in Humanities
and Social Sciences, Orient-Institut Beirut
  
The fellowship will be granted for up to 12 months, beginning with September 15 2016
(or later this year). The stipend amounts to € 1900 per month. We may further
support up to two travels abroad for active participation at conferences and the
like. 

Deadline for applications: 31 May 2016. Information:
http://www.orient-institut.org/index.php?id=42
  
______________
 
 
20. Articles on “The Zabbaleen: An Over-studied Object?” for Special Issue of
“Egypte Monde Arabe”

Papers are invited in English or French on the Zabbaleen themselves, on broader
themes in relation to which the Zabbaleen are implicated alongside other actors, or
proposing more critical/reflexive analyses of the Zabbaleen as an object of study.

Deadline for abstract: 30 June 2016. For information contact

 

vendredi 15 avril 2016

« PROJET DES MANUSCRITS DE TOMBOUCTOU »

ENTRETIEN AVEC KARIM KAHLIL, CONSULTANT EN ARCHIVAGE ET CHEF DU PROJET DE NUMÉRISATION POUR LE LUXEMBOURG DANS LE « PROJET DES MANUSCRITS DE TOMBOUCTOU » DE 2009 À 2013 - POUR LA SAUVAGARDE DES MANUSCRITS DE TOMBOUCTOU 
ARTICLE PUBLIÉ LE 15/04/2016

Propos recueillis par Mathilde Rouxel 
http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Karim-Kahlil-consultant-en-archivage-et-chef-du-projet-de.html



On estime le nombre de manuscrits produits à Tombouctou au fil des siècles à 100 000, la plupart datant toutefois du XVIe siècle. Ce patrimoine important, qui remet en question le mythe de l’Afrique orale, est mis en valeur au Mali depuis le milieu des années 1970 par Ahmed Baba, qui est à l’origine d’une recollection et d’un centre d’étude sur les manuscrits. Le travail de protection est lourd et délicat et intéresse les coopératives étrangères qui souhaiteraient œuvrer à la sauvegarde de ces richesses inestimables. 
Karim Kahlal était consultant en archivage et chef du projet de numérisation pour le Luxembourg dans le « Projet des manuscrits de Tombouctou » de 2009 à 2013. Il relate ici l’importance des trésors de Tombouctou, mais aussi l’intérêt particulier de la mission que lui a confié la coopérative luxembourgeoise, porteuse et innovante.

Pouvez-vous nous parler de la mission luxembourgeoise pour le sauvetage des manuscrits de Tombouctou ?

Généralement quand on pense aux manuscrits de Tombouctou, on pense à des solutions de sauvegarde ou de conservation. La seule coopération qui a tenté de voir les choses autrement est la coopération Luxembourgeoise, qui a – à mon sens – proposé le meilleur projet qui ait pu voir le jour sur les manuscrits de Tombouctou : ce sont les premiers à avoir posé la question de savoir s’il serait possible de faire des manuscrits un levier de développement économique et culturel. Ils ont cherché ainsi à revenir en quelque sorte à la situation de Tombouctou au XVe et XVIe siècle, cette époque où Tombouctou vivait par ses manuscrits. En ce temps où les gens voyageaient à Tombouctou pour étudier ces manuscrits, l’économie était très développée : on avait alors besoin de copistes, de caravaniers, d’hôtellerie ; les Tombouctiens avaient aussi besoin de protéger les documents, de produire – on avait besoin des tanneuses, donc les abattoirs fonctionnaient, les peaux étaient vendues - il y avait un véritable cycle commercial. C’est tout un circuit, un savoir-faire millénaire qui faisait vivre beaucoup de gens. Le projet luxembourgeois avait modestement l’objectif d’aider à faire revivre tout ça.
Le projet avait trois objectifs : protéger les manuscrits ; valoriser et diffuser ce patrimoine, non seulement dans un objectif scientifique mais aussi pour attirer l’attention des investisseurs pour le développement du projet ; enfin, tenter de faire de ces manuscrits un levier de développement économique. On avait lancé un appel pour recevoir tous les projets relatifs aux manuscrits. On avait mis à la disposition des porteurs de projets des experts pour porter les projets. L’un d’entre eux nous a proposé une production de cartes postales. Nous avons lancé une étude de faisabilité, nous sommes allés voir des banques pour financer le projet. Le gouvernement malien intervenait pour aider. On voulait encourager également l’introduction des manuscrits dans le système éducatif pour que les gens s’intéressent à tous les métiers relatifs aux manuscrits.

Quels types de difficultés votre projet a-t-il rencontré ?

Nous avons eu des obstacles relatifs à la propriété des manuscrits, qui appartiennent à des familles, qui se méfiaient beaucoup de ce qu’on souhaitait leur proposer ; il a fallu négocier longuement, expliquer aux notables de la ville qu’on souhaitait les aider. On a dû faire des concessions, accepter de déplacer notre matériel chez eux, on a changé de stratégie d’acquisition du matériel.
Les accords de Paris imposent l’obligation pour les pays en développement de céder un certain pourcentage du PNB des pays développés pour le développement des autres pays. Ils imposent aussi la transmission de l’expertise, ce que l’on a essayé de mettre en place, avec les capacités locales. Pour le projet, nous avions engagé deux ou trois personnes. On avait la chance d’avoir un projet fédérateur, qui cassait le mythe de l’Afrique orale ; cependant, il restait difficile pour nous d’attirer les investisseurs, et pour les maliens sur place de nous faire confiance facilement.
Nous avons cependant pu effectuer un gros travail de normalisation des procédures et de modélisation. Notre réussite à ce niveau est de pouvoir constater qu’aujourd’hui, les locaux que nous avons formé savent comment numériser les manuscrits, quels produits utiliser, quelles résolutions choisir, mais connaissent aussi les normes nécessaire pour construire un bâtiment pour les manuscrits. Il me semble que le succès de la coopération luxembourgeoise ne réside pas dans le fait d’avoir numérisé 2000 manuscrits, mais d’avoir convaincu les populations de l’utilité d’adopter des normes internationales.

Comment les populations ont-elles pris conscience de l’importance de ce patrimoine ?

Tombouctou est une ville mythique – cité des 333 saints, elle fut révérée autrefois comme l’un des centres intellectuels les plus dynamiques du monde musulman. Il s’agit à l’origine d’une ville touareg créée en 1001. Aujourd’hui capitale de la sixième région du Mali, c’est aussi – de loin – la plus pauvre. Contrairement à Bamako, Tombouctou ne dispose d’aucune ressource ; le fleuve est inaccessible et la ville est enclavée. Les manuscrits que l’on connait et qui font leur patrimoine sont considérés « nomades », puisque qu’ils ont circulé jusqu’à mille kilomètres à la ronde pour se protéger des vols ou de la récupération politique ; et au vu des dangers qu’ils courent, il est essentiel aujourd’hui de trouver un moyen de continuer à les protéger.
La cité attirait par la richesse et la capacité de transmission de son savoir. Au XVe siècle, la madrasa de Sankoré est devenue une université accueillant plus de 30 000 étudiants (pour une population locale de 100 000 habitants). La ville de Tombouctou est alors un important centre d’études islamiques. La renommée de Tombouctou s’est ainsi faite plus encore dans les manuscrits, qui s’échangeaient contre des denrées, que dans le commerce (du sel, de l’or, des esclaves). En raison de ce succès, certaines familles de Tombouctou ont une grande tradition de conservation des manuscrits, qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Certains attirent des fonds pour créer des bibliothèques ; d’autres n’en ont pas les moyens et se contentent de cacher les manuscrits dans le désert. Mais tous connaissent les techniques ancestrales de conservation, qui se transmettent de père en fils et de mère en fille et qui ont permis aux manuscrits d’exister encore aujourd’hui. Les techniques de conservation en question sont similaires dans toute la région subsaharienne. L’encre utilisée à Tombouctou est tout à fait particulière, se trouve moins victime du temps, et permet encore aujourd’hui d’être lue sans difficulté. Ils utilisaient par ailleurs le roseau, moins couteux que le papier, et qui résiste davantage. Cachés des envahisseurs de tout type et des explorateurs mal intentionnés, ces manuscrits sont véritablement perçus par la population comme un patrimoine précieux à préserver.

Où trouve-t-on des manuscrits ? De quoi ceux-ci traitent-ils ?

Tombouctou était une ville de copistes, à tel point qu’il est difficile aujourd’hui de faire la différence entre les manuscrits originaux et les copies. Cette tradition de copie a permis la diffusion de manuscrits que l’on retrouve aujourd’hui au Nigéria, au Bénin, en Côte d’Ivoire, mais aussi dans des tribus païennes alentours. Il est important de noter qu’à Tombouctou, le travail était retranscrit dans la langue de la population.
Les ressources, notamment en papier, étaient pourtant très limitées. Les auteurs de ces ouvrages allient savoir et culture du savoir jusque dans l’art de la calligraphie ; il est nécessaire de rappeler que la calligraphie arabe traduit l’opulence des peuples. Au Mali, où il est difficile d’acquérir du matériel d’écriture, la calligraphie choisie était très resserrée, afin de pouvoir écrire davantage sur une surface plus réduite.
Les thèmes traités dans ces fameux manuscrits sont très variés : on y parle de théologie, de politique, de droit islamique, mais on y traduit aussi le droit latin et on propose des réflexions sur le profane quotidien. Cependant, ce qui fait la valeur des manuscrits se trouve aussi dans les très nombreux commentaires qui ont été ajoutés en marge des textes des manuscrits. Parmi ces collections se trouvent aussi les lettres, les correspondances entre les différents rois, les différents notables, qui enseigne intelligemment et différemment sur l’histoire et les évolutions politiques de la région.

MATHIEU GUIDÈRE, L’ETAT ISLAMIQUE EN 100 QUESTIONS,

MATHIEU GUIDÈRE, L’ETAT ISLAMIQUE EN 100 QUESTIONS 
ARTICLE PUBLIÉ LE 13/04/2016

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Mathieu-Guidere-l-Etat-islamique-en-100-questions.html

Professeur des universités et agrégé d’arabe, auteur de très nombreux ouvrages, Mathieu Guidère fait le point sur l’Etat islamique « en 100 questions » dans ce nouvel écrit. Partant du constat que, depuis les attentats de janvier et novembre 2015 à Paris, « la menace terroriste est plus que jamais d’actualité, mais (que) l’organisation demeure largement méconnue en dehors des cercles spécialisés » (page 9), il analyse ainsi, en réponse à 100 questions, l’origine de l’EI, son organisation et fonctionnement, ses canaux de propagande, son idéologie, ses forces militaires, ses liens avec d’autres organisations, son financement, son positionnement dans le monde et en France.
« Nature et origines »
Mathieu Guidère se penche dans un premier temps sur la signification de Daech (ou Daesh), acronyme arabe de Etat islamique en Irak et en Syrie (al-Dawla al-islâmiyya fi al-irâq wa al-shâm), shâm signifiant « grande Syrie » sous l’Empire ottoman, composée du Liban, de la Syrie, de la Jordanie et des Territoires palestiniens actuels. L’auteur explique ainsi que « par cet acronyme, il existe donc une remise en cause implicite des Etats institués et un retour aux désignations anciennes des entités territoriales qui prévalaient avant la Première Guerre mondiale » (page 13). Cependant, l’acronyme Daech n’est pas utilisé par l’organisation mais par ses « ennemis et détracteurs ». Elle utilise pour sa part le nom Etat islamique en Irak (EIL) de 2006 à 2013, le nom Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) de 2013 à juin 2014, puis le nom Etat islamique depuis juin 2014.
L’auteur revient ensuite sur l’intervention américaine en Irak, de 2003 à 2011, et la guerre civile irakienne qui s’en est suivie, qui ont été les ferments de la mise en place de l’EI. Il cite alors l’organisation créée en 2004 par le Jordanien Abou Moussab al-Zarqawi, « Unicité et Djihad », qui prend ensuite le nom de « al-Qaïda en Mésopotamie ». En 2006, à la mort de Abou Moussab al-Zarqawi, plusieurs chefs djihadistes décident de créer l’Etat islamique en Irak (EII), qui est d’abord dirigé par Abou Omar al-Baghdadi, puis en 2010 par Abou Bakr al-Baghdadi. A partir de 2011, date du départ des troupes américaines et du début de la guerre civile en Syrie, l’EII prend une nouvelle dimension, « beaucoup de ses membres s’engagent très tôt aux côtés de l’opposition armée au régime syrien et combattent les troupes loyalistes. A l’époque, ils bénéficient – comme toutes les autres composantes de l’opposition armée – du soutien actif à la fois des pays arabes sunnites (pays du Golfe) et des pays occidentaux (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis), tous farouchement opposés au maintien au pouvoir de Bachar al-Assad » (page 17). Mathieu Guidère explique ainsi la monté en puissance des combattants de l’EII au sein de l’Armée syrienne libre, puis l’opposition entre son organisation et celle du Front al-Nosra, et enfin la décision de Abou Bakr al-Baghdadi de créer l’EIIL en 2013 et de réunir les forces djihadistes d’Irak et de Syrie sous sa férule (le Front al-Nosra refuse et devient une filiale d’al-Qaïda). Commence alors la prise des territoires du centre et du nord irakien par l’EIIL, auquel se rallie des djihadistes d’al-Nosra, des combattants venus de l’étranger et des anciens généraux baathistes de l’armée de Saddam Hussein. Le 29 juin 2014, suite à la prise de Mossoul, Abou Bakr al-Baghdadi proclame le Califat.
La question des frontières est évoquée, héritées des accords Sykes-Picot de mai 1916 : « la remise en cause des frontières issues de l’accord Sykes-Picot a été clairement annoncée dans le discours d’investiture d’al-Baghdadi comme ‘calife’ » (page 20), puis l’auteur revient sur le personnage Abou Bakr al-Baghdadi : sa formation (doctorat en études coraniques), son parcours en tant qu’iman et son engagement dans la résistance à la suite de l’intervention militaire américaine de 2003, son emprisonnement par les Américains de janvier à décembre 2014 à la prison de Camp Bucca, son implication, ses actions et sa montée en puissance dans les rangs d’al-Qaïda en Irak qu’il rejoint à sa sortie de prison, la mise en place de l’EIIL, puis celle de l’EI en juin 2014, avec la prise de Mossoul et l’annonce de la restauration du Califat le 29 juin : « c’est la première fois qu’il apparaît en public et à la grande mosquée de Mossoul. Là il reçoit l’allégeance des chefs de l’organisation et du public et se fait introniser nouveau ‘calife Ibrahim’ » (page 26).
Le califat est au centre de l’analyse suivante de Mathieu Guidère : « même si cette proclamation n’a été reconnue par aucun Etat, elle remet sur le devant de la scène un concept qui avait quasiment disparu, celui du Califat » (page 27). Ainsi, le but du califat (qui signifie « succession » en arabe) est l’unification de l’oumma, c’est-à-dire de la communauté musulmane. Historiquement, le califat a été mis en place à la suite de la mort de Mahomet (632), avec la désignation d’Abou Bakr comme successeur du Prophète. Suit le temps des premiers califes (632-661), puis le califat omeyyade de Damas (661-750), le califat abbasside de Bagdad (750-1258), un « simulacre » de califat sous les Mamelouks du Caire (1261-1517), le califat ottoman établi à Constantinople (1517-1924) : « c’est donc théoriquement sans discontinuer depuis la mort de Mahomet en 632 que les musulmans ont vécu sous l’autorité d’un calife malgré la présence de dynasties et de souverains locaux. Plus que l’exercice direct du pouvoir, il s’agit d’un symbole fort d’unité, de continuité et de légitimité de la ‘communauté musulmane’ (oumma) » (page 29).
Pour les musulmans sunnites, le calife est élu parmi les hommes de la communauté des fidèles. « Il représente un symbole d’unité de l’oumma et un garant du bon gouvernement islamique » (page 32). Pour les chiites, la communauté doit être dirigée par un descendant de la famille du prophète, l’imam. « Celui-ci, incarnant à la fois le pouvoir temporel et spirituel est considéré chez les chiites comme la continuation du cycle de la prophétie à la suite de Mahomet » (page 32). Le calife (qui signifie successeur en arabe) pour les sunnites est « le souverain en tant que chef politique et commandant militaire », et l’iman pour les chiites « désigne (le souverain) en sa qualité de chef religieux et spirituel de la communauté musulmane » (page 34). Ainsi, concernant le titre d’Abou Bakr al-Baghdadi, outre celui de calife, il porte également celui de commandeur des croyants, qui « à l’instar des anciens califes abbassides, (…) lui assure en théorie la direction politique et spirituelle des musulmans » (page 44). L’auteur explique en effet que depuis l’époque médiévale, l’imamat est une fonction également portée par le calife, qui peut ainsi diriger la prière plénière et « décider de l’orientation doctrinale de la communauté (oumma) ». S’ajoutent également les titres de vizir, c’est-à-dire de ministre (économie, défense, éducation…), et d’émir, c’est-à-dire de chef politique.
La notion d’Etat islamique est ensuite évoquée. L’auteur souligne que « l’idée d’un ‘Etat islamique’ a toujours été au cœur des revendications islamistes, mais la définition exacte de ce type d’Etat et ses modes de gouvernance ont rarement été explicités de façon claire et argumentée. Le seul point commun dans la conception islamiste est que l’Etat islamique se distingue par son refus de séparer le politique et le religieux dans l’exercice du pouvoir, en arguant du fait que l’islam est ‘une religion et un régime’ (dîn wa dawla) » (page 40). L’auteur revient alors sur « cette conception théocratique du pouvoir », en Iran chiite et en Arabie saoudite sunnite.
Pour conclure cette première partie Mathieu Guidère évoque la stratégie de conquête territoriale de l’EI, qui répond à une symbolique historique : Irak et Levant en lien avec le territoire des premiers califes ; les autres pays du Proche-Orient ainsi que l’Egypte et la péninsule arabique en lien avec le califat omeyyade de Damas ; le Maghreb et les pays musulmans d’Asie, c’est-à-dire les wilâyas du califat abbasside de Bagdad.
« Organisation et fonctionnement »
La notion d’Etat est posée, et Mathieu Guidère évoque à cet égard les quatre critères de la convention internationale de Montevideo de 1933 (« population permanente, territoire délimité, forme minimale de gouvernement, capacité à entrer en relation avec d’autres Etats » page 53), qui font que l’EI répond aux critères d’un Etat. Cependant, plusieurs raisons politiques font qu’une reconnaissance ne peut être établie : le territoire évolue en raison des conquêtes et reflux de l’EI ; pas de principe d’autodétermination des populations vivant sur le territoire conquis par l’EI ; régime théocratique et autoritaire ; les autres Etats n’ont pas émis le souhait de reconnaître l’EI. Concernant le gouvernement de l’EI, celui-ci s’articule autour du calife qui nomme le gouvernement, du vice-calife responsable de l’administration, du cabinet du gouvernement formé de 7 vizirs (c’est-à-dire ministres), du secrétariat à la Guerre constitué de 3 généraux. Sur le plan judiciaire, une fois une conquête effectuée (ville ou localité), des « juges islamiques » sont nommés, mais l’organisation locale n’est pas modifiée. Ce qui est nouveau et apprécié de la population, est la rapidité avec laquelle les affaires sont jugées. Enfin, la charia a remplacé les anciens codes en vigueur, « appliquée à tous les aspects de la vie, suivant une jurisprudence issue des écoles juridiques médiévales et charriant une tradition judiciaire de près de quinze siècles » (page 62). Ainsi, l’EI applique la charia, c’est-à-dire la loi islamique, mais, alors que dans les autres pays sont rattachés à une école de pensée (chez les sunnites : hanafisme, malékisme, chaféisme, hanbalisme ; chez les chiites : jafarisme, zaydisme, ismaélisme), l’EI, dont les juges proviennent de plusieurs pays et de ce fait de plusieurs écoles, a décidé « d’imposer » une version primitive de la charia datant de l’époque des premiers musulmans nommés « pieux prédécesseurs » (salafs). Mathieu Guidère analyse ensuite le fonctionnement de la police de l’EI, revient sur les papiers délivrés par l’organisation (documents d’état civil notamment) et sur le système éducatif mis en place par l’EI, axé sur « l’éducation islamique » : apprendre par cœur le Coran dès le plus jeune âge de l’enfant. S’y ajoute le sport et l’apprentissage du tir.
« Propagande et recrutement »
L’EI utilise, pour sa propagande à l’international, Internet et les réseaux sociaux. Son magazine en ligne Dabiq, en anglais, « fait référence à un lieu près d’Alep en Syrie, où, selon la tradition musulmane héritée du Moyen Âge, aura lieu la bataille cruciale de la fin des temps » (page 79). Les thèmes en lien avec l’apocalypse sont ainsi largement évoqués, « pour inciter (les) partisans à s’engager dans le combat final, censé délivrer les musulmans et assurer le règne de Dieu » (page 80). L’auteur explique également que l’EI utilise dans ses supports écrits et audiovisuels la « symbolique islamique » : « ainsi la propagande officielle s’appuie sur l’eschatologie islamique pour légitimer son pouvoir et mobiliser ses partisans » (page 81). D’autres symboles, qui encrent l’EI dans une légitimité historique, sont utilisés : le drapeau noir « emprunté à l’âge d’or du califat » (page 81) ; la descendance, al-Baghdadi disant descendre du petit fils du Prophète ; les pratiques du Moyen Âge. Les autres symboliques utilisées sont celles des Lieux saints : La Mecque, Médine, Jérusalem ; des capitales des anciens califats : Bagdad et Damas ; le nom de Bilâd al-Shâm, nom de l’ancienne province du califat abbasside, sur lequel l’EI s’est installé. Internet est ainsi utilisé comme moyen de propagande, mais également de recrutement. Les nouveaux membres s’entrainent alors dans des camps de l’EI en Syrie et en Irak, mais également de chez eux via des jeux de guerre vidéo. Les nouveaux membres doivent également apprendre par eux même à manier les armes, via internet. Quant aux motivations des membres, si elles répondent à plusieurs raisons, l’une essentielle est la géopolitique, en particulier l’opposition aux politiques occidentales menées dans les pays musulmans.
« Idéologie et théologie interne »
L’auteur évoque la hijra, c’est-à-dire « l’émigration », qui n’est pas nouvelle, mais à laquelle l’EI « donne (…) une dimension résolument confessionnelle et militante » (page 105) : la hijra est ainsi proposée aux musulmans qui s’estiment « persécutés » en Occident. Est également évoquée la question des noms de guerre des membres de l’EI, qui leur permettent de s’inscrire dans une légitimité historique, celle des premiers temps de l’islam. Mathieu Guidère revient également sur le fait que l’EI prône l’unicité (tawhîd) et que seule la voie des anciens est légitime, « ancrant ainsi l’idée de l’existence d’une seule et unique vérité sacrée » (page 109). De ce fait, les musulmans qui ont d’autres rites, qu’ils soient sunnites ou chiites, sont considérés comme des « mécréants » et combattus. Les juifs et les chrétiens pour leur part, sont considérés comme des dhimmis. Enfin, les croyants d’autres religions sont obligés de fuir ou de se convertir, sous peine d’être tués ou de devenir esclave. A cet égard, l’exemple des Yézidis est notamment cité. Mathieu Guidère rappelle ensuite que l’EI exhorte au djihad, en ayant effectué une différence entre le grand djihad (ennemis de l’extérieur non musulmans) et le petit (ennemis de l’intérieur qui sont les chiites). Est enfin évoquée la manière dont l’EI considère et traite les femmes, musulmanes et non musulmanes (esclavage sexuel, femmes captives, mariages forcés).
« Forces et modes opératoires »
Estimés à environ 50 000 combattants en juin 2014, ils seraient 20 000 fin 2015, en raison des bombardements de la coalition. L’armée de l’EI est composée de Syriens et d’Irakiens, ainsi que de combattants en provenance de 80 pays. Concernant son arsenal, ne possédant pas d’usine pour la production d’armes et de munitions, l’EI utilise les armes récupérées des armées syrienne et irakienne, ainsi que de l’armée américaine présente de 2003 à 2011. Il attaque également les dépôts d’armes et de munitions des armées syrienne et irakienne, ainsi que leurs installations militaires (casernes, bases). Sur le plan tactique, l’EI utilise plusieurs modes opératoires : guérilla, armée classique, actions kamikazes de groupes clandestins. Sur le terrain, en Irak, les « ennemis » de l’EI sont l’armée irakienne, composée en majorité de chiites, les milices chiites, les Kurdes qui espèrent créer un Etat kurde, et qui ont profité de la prise de contrôle par l’EI pour faire avancer leur projet en se plaçant du côté des Occidentaux et du gouvernement irakien ; en Syrie, les « ennemis » sont les forces hostiles au régime syrien, les Pasdarans iraniens, le Hezbollah sur la frontière syro-libanaise. Quant aux « ennemis » de l’EI dans le ciel, il s’agit de la coalition internationale et de la Russie. En outre, l’EI est en lutte contre al-Qaïda, pourtant également sunnite comme lui, et qui « historiquement peut être considéré comme le continuateur d’al-Qaïda, puisqu’il est né en 2006 de la coalition formée par les combattants d’al-Qaïda en Mésopotamie avec les insurgés d’autres groupes islamistes et nationalistes irakiens » (page 148). Mathieu Guidère évoque pour clore cette partie les « loups solitaires », c’est-à-dire les sympathisants de l’EI qui commettent seuls des actes terroristes, sans que la structure entière ne soit impliquée en cas d’échec, mais dont l’EI peut tirer bénéfice en termes de propagande en cas de succès. L’auteur évoque alors le « terrorisme urbain » tel que pratiqué lors des derniers attentats à Paris, ce qui l’amène à poser la question de l’existence de cellules dormantes en Occident.
« Affiliations et connexions »
Mathieu Guidère explique comment les anciens baathistes irakiens du temps de Saddam Hussein, qui ont été marginalisés par les Américains en raison de leurs liens avec lui, ont rejoint les organisations islamistes, dont l’EI. Il revient ensuite sur les groupes qui se sont ralliés à l’EI, à la suite de la remise en place du califat le 29 juin 2014 : il s’agit de Boko Haram, d’AQMI en Algérie, des djihadistes de Libye, du Sinaï, ainsi que d’autres groupes du Maghreb, du Pakistan, d’Afghanistan et d’Asie du Sud-Est. Dans ce contexte, les liens entre l’EI et al-Qaïda, AQPA, AQMI et Boko Haram sont analysée, ainsi que ceux avec les Frères musulmans.
« Ressources et financements »
La question du financement est ensuite abordée. Si « le circuit financier de l’EI est relativement opaque et clandestin, il est possible de s’en faire une idée à travers les publications externes de l’organisation » (page 187). Il existe ainsi un « ministère » en charge de l’administration fiscale, et en parallèle un « ministère du Budget » (dépenses courantes) et un « ministère de la Guerre » (dépenses liées au matériel et aux troupes). A cette administration centrale s’ajoute une administration fiscale par provinces. Quant aux sources de revenu de l’EI, il s’agit tout d’abord des impôts, des revenus du butin, de l’aumône obligatoire et des « biens des apostats », des trafics (en particuliers d’antiquités), rançons, otages et dons de « sympathisants ». Il s’agit ensuite du pétrole et du gaz naturel, qui « constituent l’essentiel des revenus » de l’EI, à hauteur de 40%. Les bombardements de la coalition sur les puits et les moyens d’acheminement ont cependant permis de réduire ses ressources. Enfin, le financement provient du contrôle des banques, celles-ci « occup(ant) une place centrale dans le dispositif » (page 192). Mathieu Guidère donne notamment en exemple la prise de contrôle de la Banque centrale irakienne lors de la prise de Mossoul, permettant ainsi à l’EI de mettre la mains sur un demi milliard de dollars, ainsi que sur les outils permettant de frapper la monnaie. Ainsi, en 2015, les ressources de l’EI sont évaluées à 2 milliards de dollars, « cela en fait l’organisation terroriste la plus riche du monde » (page 195).
« L’EI et le reste du monde », « l’EI et la France »
Mathieu Guidère s’attache à analyser dans cette partie les relations entre l’EI et certains des Etats de la région et occidentaux. Il rappelle en préalable qu’« à ce jour, aucun Etat n’a officiellement reconnu l’EI et aucun gouvernement ne le soutient, tous condamnant à la fois ses exactions à l’intérieur et ses attentats à l’extérieur » (page 211). Il évoque ensuite les relations de l’EI avec la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, pays considérés comme des soutiens à l’EI, mais dont l’auteur rappelle qu’ils ont également été l’objet d’attaques de la part de l’EI. Concernant la Turquie, lui sont reprochés par l’Occident son ambiguïté, la porosité de ses frontières, sa position par rapport aux Kurdes. La même ambiguïté est relevée pour l’EI vis-à-vis de la Turquie : bien que tous deux soient sunnites, le régime turc est dominé par un courant frériste de l’AKP, et l’EI par un courant de tendance salafiste et wahhabite. L’Arabie saoudite pour sa part est accusée par l’Occident d’avoir promu le salafisme wahhabite, duquel s’inspirent les mouvements djihadistes tels que al-Qaïda et l’EI. Cependant, « l’EI n’a cessé de menacer l’Arabie saoudite et perpétré plusieurs attentats meurtriers sur son sol, poussant le régime à s’engager massivement aux côtés de la coalition internationale, d’abord en menant des bombardements sur les positions de l’organisation en 2014, puis en prenant la tête d’une ‘coalition islamique’ de 34 pays en 2015 » (page 217). En outre, l’EI espère reprendre les territoires saoudiens « de la terre du Prophète et le berceau des califes ‘bien guidés’ » (page 218). Le Qatar enfin est suspecté de financer l’EI.
L’Iran est considéré par l’EI « comme l’incarnation même du diable » (page 221), étant une théocratie et est chiite, et soutenant les régimes chiites de Syrie et d’Irak contre les populations sunnites. L’auteur relève ainsi le paradoxe dans lequel se trouve l’Iran : « en luttant contre l’EI, elle devient de fait l’alliée objective des Occidentaux et en particuliers des Américains (…) (et) comme un allié objectif d’Israël » (page 222). Concernant Israël, Mathieu Guidère souligne qu’il est une cible, « mais qu’aucune action n’est envisagée contre lui » (page 224). L’auteur s’intéresse également au Yémen, à la Libye et à la Tunisie, expliquant en quoi ces Etats sont des « terrains favorables », ou des « bases arrières » possibles pour l’EI, en raison de leur vulnérabilité et instabilité.
Concernant la Russie, Mathieu Guidère évoque son entrée tardive sur la scène syrienne, « mais elle a fait une entrée fracassante en procédant à des bombardements massifs et en déployant des moyens considérables sur le terrain » (page 235). Selon l’auteur, l’objectif de Poutine était de soutenir le régime de Bachar al-Assad et éliminer l’opposition syrienne. La Russie a cependant commencé à détruire des positions de l’EI à la suite de l’attentat contre un avion russe en novembre 2015 dans le Sinaï, revendiqué par l’EI. Mathieu Guidère revient ensuite sur la politique de désengagement sous la présidence Obama, avec le retrait d’Irak et d’Afghanistan, qui ne signifie cependant pas pour l’auteur « un isolationnisme ni une inaction totale face aux divers conflits » (page 242). En lien avec les attentats, la situation de la France face à l’EI fait aussi l’objet d’une analyse de l’auteur.

Mathieu Guidère, l’Etat islamique en 100 questions, Paris, Taillandier, mars 2016, 283 pages.